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La balle est dans le camp de Bronfman

L’OCPM souhaite une consultation autonome pour un stade au Bassin Peel

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L’Office de consultation publique de Montréal (OPCM) a décidé de ne pas statuer sur le projet de construction d’un stade de baseball au Bassin Peel selon son rapport qui a été rendu public lundi.  

Dans le document d’une centaine de pages, le projet du stade est évoqué à quelques reprises. Les responsables de l’OPCM n’ont pas d’opinion tranchée sur le sujet. Toutefois, ils tiennent à en savoir davantage pour pousser leur réflexion un peu plus loin.  

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« La commission juge qu’il serait irresponsable de statuer sur ce projet sur la base des informations parcellaires dont elle dispose, est-il écrit. Aucun plan, de même qu’aucune étude en mesurant les impacts économiques, sociaux et environnementaux n’ont été portés à la connaissance de la commission.  

« (...) La commission croit que l’installation d’un stade de baseball dans le secteur Bridge-Bonaventure devra faire l’objet d’une consultation autonome et être analysée sur la base d’un projet plus développé.»

Ce n’est pas la première fois qu’un projet d’installations sportives nécessite une consultation spécifique. Le complexe municipal de soccer (2012) ainsi que les agrandissements du Centre du tennis du parc Jarry (2003) et du Stade Percival-Molson (2006) avaient également dû passer par ce processus.  

La balle est maintenant dans le camp du Groupe baseball Montréal. Stephen Bronfman et ses partenaires devront fournir des plans et des détails précis sur le stade qu’ils souhaitent construire.  

C’est la norme pour tous les projets de cette envergure à travers le monde. Le Groupe baseball Montréal a réagi par voie de communiqué.  

« Nous tenons à saluer le travail réalisé par l’OPCM au cours des derniers mois ainsi que celui des organisations et des personnes qui ont participé à ce processus. Le Groupe baseball Montréal étudiera soigneusement ce rapport et ne fera aucun commentaire pour le moment. » 

  

Stephen Bronfman
Photo Agence QMI, Mario Beauregard
Stephen Bronfman

Prêt pour la prochaine étape ? 

Bronfman n’était pas disponible pour des entrevues avec les journalistes lundi. On peut penser qu’il avait déjà le rapport de l’OPCM entre les mains. Il n’est pas tombé en bas de sa chaise en lisant le document.  

Et la raison est simple. Le patron de Claridge avait déjà annoncé ses couleurs lors d’une entrevue avec le collègue Réjean Tremblay dans notre édition du 15 février.  

« Nous allons en parallèle travailler avec l’Office de consultation publique de Montréal, acquérir en association avec [le promoteur] Devimco les terrains pour les décontaminer, travailler sur les changements de zonage, préparer les plans du stade, trouver des architectes, arriver à des ententes avec des commanditaires et des diffuseurs et déposer le tout au baseball majeur et au commissaire à la fin de l’automne », avait-il répondu avec enthousiasme.  

Dans cet article, il avait également indiqué que le plan est de déposer tous les documents nécessaires sur le bureau du commissaire du baseball majeur, dont les plans d’un futur stade, avant la fin de l’année 2020.  

Un projet « controversé » 

Dans son texte d’introduction, la présidente de l’OPCM Dominique Ollivier a également mentionné que « l’idée d’un stade de baseball est très controversée ». 

Pourquoi une telle affirmation ? C’est en raison du taux de 51,2 % des 1000 répondants au questionnaire en ligne de la consultation publique. Les trois quarts de ce groupe sont en désaccord avec le projet.  

Les principales interrogations portent sur le transport, l’environnement et le montage financier. Une situation qui est similaire à celle vécue par les Expos au début des années 2000 avec le projet du Stade Labatt. Les préoccupations étaient les mêmes qu’aujourd’hui. 

Toutefois, toujours selon Bronfman, le futur stade serait intégré dans un complexe immobilier qui va comprendre des milliers de condos, des logements sociaux, des commerces, des espaces verts et des centres communautaires. Plusieurs milliards y seraient investis et tout le monde pourrait y trouver son compte.  

Le rapport de l’OPCM ne met pas de bâtons dans les roues du projet du Groupe baseball Montréal. Dans le jargon du baseball, c’est au tour du groupe d’hommes d’affaires de s’amener dans le rectangle des frappeurs.  

En dévoilant un plan solide, Stephen Bronfman et ses partenaires frapperaient le coup de circuit nécessaire pour passer à l’étape suivante d’un processus qui a été amorcé il y a déjà plusieurs années.  

Plante veut du concret 

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a été directe envers le Groupe baseball Montréal au sujet du rapport de l’Office de consultation publique de Montréal (OPCM). Stephen Bronfman et son groupe devront faire leurs devoirs et lui présenter un projet solide.  

« L’OPCM mentionne très clairement qu’il n’est pas possible de se prononcer pour ou contre le projet de stade de baseball », a-t-elle mentionné lors d’un point de presse tenu après une annonce dans les locaux de l’organisme Chez Doris, lundi.  

« Le Groupe baseball Montréal est venu présenter une idée. Il n’y a rien de concret. Il n’y a pas de plan, pas d’ébauche. Rien. L’OPCM dit qu’il faudra une consultation en bonne et due forme. » 

Projet concret 

Et elle s’est ensuite adressée au groupe de Bronfman. 

« Ce que je souhaite, c’est que le Groupe prenne le rapport de l’OPCM et qu’il le regarde attentivement, a mentionné Mme Plante. Tout est écrit là-dedans pour mener à un projet gagnant.  

« C’est clair. Ce que l’OPCM dit haut et fort, c’est que la population s’est mobilisée pour indiquer ce qui est souhaitable pour ce grand territoire-là. C’est sûr qu’on va devoir consulter la population s’il y a un projet comme le stade. Avant tout, il doit y avoir un projet concret. Les éléments dans ce rapport sont vraiment importants. » 

La mairesse de Montréal a réitéré son désir de tenir un référendum auprès de la population si un promoteur désire obtenir du financement pour un éventuel projet de stade.  

Garde partagée 

En juin dernier, le Groupe de baseball Montréal et le propriétaire des Rays de Tampa Bay, Stu Sternberg, ont soumis le projet de villes sœurs aux autorités du baseball majeur. Une nouvelle qui n’a pas fait l’unanimité.  

Mme Plante a contourné la question à ce propos.  

« Je ne serai pas la promotrice du retour du baseball ou de la construction d’un stade, a-t-elle mentionné. En même temps, je comprends l’engouement pour le baseball. C’est sûr que je trouve que c’est une belle idée.  

« En même temps, le nerf de la guerre, c’est l’argent. Ce qui m’intéresse, c’est que l’argent des Montréalais ne soit pas investi dans un stade sans qu’on leur pose la question. »