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Une société d’irresponsables

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Heureusement qu’il existe quelques philosophes pour nous obliger à réfléchir sur nos comportements dans ce monde fou qui est le nôtre.

Le philosophe français Alain Laurent a publié à Paris un essai intitulé Responsabilité. Dans un entretien au magazine Le Point, il dénonce l’État qui materne et infantilise les citoyens.

Chaque jour, nos journaux nous assomment en décrivant des comportements irresponsables de personnes exerçant une autorité ou non. Quatre nouveaux enfants à Granby ont subi des traitements cruels de la part d’une mère inepte, avons-nous appris la semaine dernière. Malgré la présence d’adultes – des enseignants qui recevaient dans leur classe ces petits en lambeaux, sales, affamés et mentalement choqués, une DPJ qu’on devrait rebaptiser « Direction de la non-protection de la jeunesse » et d’autres personnes les entourant –, les enfants ont été martyrisés.

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Responsabilité personnelle

« C’est la faute aux autres ». Cette expression fourre-tout est souvent utilisée par les irresponsables qui préfèrent s’émouvoir dans des enflures compassionnelles plutôt que d’admettre une part microscopique de responsabilité personnelle.

Les irresponsables d’aujourd’hui se vantent de ne pas lire, de ne pas s’informer pour ne plus s’exposer aux malheurs du monde perturbateurs de leur quiétude fragile ou factice.

Dans nos pays qu’on dit développés, l’État se sent obligé de dire aux citoyens de se laver les mains plusieurs fois par jour à cause du coronavirus. Or les parents, eux, sont d’une passivité délirante avec leurs enfants, dans leur choix d’activités et d’orientation scolaire afin de s’éviter d’exercer leur autorité, ou ce qu’il en reste.

La société tolère l’irresponsabilité des citoyens. D’où l’on peut conclure que les discours officiels dégoulinants de vertu sont une façon de traiter les citoyens en enfants. Cela pourrait déboucher sur des régimes autoritaires où un chef à la Trump ou quelqu’un de pire les ensorcellera et avec eux notre démocratie en déliquescence.