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Votre pharmacien communautaire en fait bien plus que vous ne le pensez

Christine Béland, pharmacienne propriétaire à Sainte-Thècle.
Photo courtoisie Christine Béland, pharmacienne propriétaire à Sainte-Thècle.

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Les pharmaciens communautaires qui exercent dans les quelque 2 000 pharmacies de quartier du Québec jouent un rôle essentiel au sein du réseau de la santé, offrant un accès facile et rapide à des soins de santé. Au-delà du service de médicaments, ils sont plus que jamais des professionnels qui veillent à la santé et au bien-être de leurs patients.  

Disponibles le jour, le soir et les fins de semaine, ils sont les professionnels de la santé les plus accessibles. « Pour nous voir, il n’y a pas d’attente, les patients peuvent se présenter en tout temps pour poser leurs questions. On peut ainsi intervenir rapidement pour les aider à s’orienter dans le système et parfois leur éviter d’avoir à se rendre à la clinique », souligne Christine Béland, pharmacienne propriétaire à Sainte-Thècle, en Mauricie.   

Cette forte présence des pharmaciens dans la communauté, les Québécois la doivent en partie au fait qu’au Québec, seul un pharmacien peut être propriétaire d’une pharmacie. Un modèle unique au Canada et peu commun en Amérique du Nord. « Cette spécificité a des répercussions positives sur l’offre de services pharmaceutiques, notamment en région», estime Mme Béland.   

Un rôle élargi  

Bien que ce soit leur rôle le plus connu, les pharmaciens communautaires font bien plus qu’exécuter les ordonnances et conseiller les patients sur l’usage des médicaments. Ils analysent le dossier de leurs patients, s’assurent que leurs médicaments sont toujours appropriés, surveillent leur état de santé tout au long du traitement et les aident à minimiser les effets indésirables qui pourraient surgir. « Mon rôle est d’accompagner mes patients », résume Mme Béland.  

Un rôle qui s’est élargi au cours des deux dernières décennies. Par exemple, en 2001, les pharmaciens ont obtenu l’autorisation de prescrire la contraception orale d’urgence. Depuis 2015, ils peuvent demander des tests de laboratoires, exercer des suivis auprès de patients atteints de maladie chronique (comme le diabète ou l’hypertension), ajuster les dosages de certains médicaments, prolonger des ordonnances et prescrire des médicaments pour des problèmes de santé mineurs ou qui ne nécessitent pas de diagnostic.   

« C’est un rôle qu’on apprivoise encore et les patients commencent à s’y habituer. On constate qu’ils reconnaissent en leur pharmacien un expert en médicaments. Parfois ils ont l’impression qu’ils les connaissent mieux que leur médecin, et ils leur font confiance », observe Mme Béland.   

Formation  

Pour exercer certaines de ces nouvelles activités, les pharmaciens ont dû se perfectionner. Pour madame Béland, ce n’est pas un obstacle pour les pharmaciens. « Par définition, ce sont des gens qui aiment apprendre. De toute façon, la formation continue est nécessaire. Il y a tellement de nouveautés qui arrivent constamment. »  

La formation de pharmacien a d’ailleurs beaucoup évolué au fils des ans. Les facultés de pharmacie du Québec forment depuis plus d’une décennie des docteurs en pharmacie. Par ailleurs, le programme de Qualification en pharmacie permet aux pharmaciens diplômés à l’étranger de faire une mise à niveau d’une durée de 18 mois. Ils doivent également réussir un stage de 600 heures afin de pouvoir pratiquer au Québec et contribuer au renforcement de la première ligne de soins.   

Le prochain défi consistera à adapter la pratique et la formation au vieillissement de la population, à la complexité des nouveaux médicaments et à l’avènement de traitements sur mesure. Ces professionnels de la santé accueilleront ces changements avec la rigueur qu’on leur connait pour améliorer les soins aux patients.