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Bien mérité, Roberto !

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Photo d'archives, USA TODAY Sports Roberto Luongo fut assurément l’un des meilleurs gardiens de but de l’histoire.

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Peu de joueurs peuvent entrer dans un amphithéâtre et y voir leur chandail accroché au plafond. Le numéro un de Roberto Luongo avec les Panthers de la Floride est désormais accroché dans les hauteurs du BB&T Center, et c’est un honneur pleinement mérité.

Quelle carrière, il a connue ! En tout, près de 500 victoires (489), troisième au total dans l’histoire et plus de 1000 matchs (1044), deuxième derrière Martin Brodeur. J’aurais tellement voulu jouer 1000 matchs, mais je me suis arrêté à 648.

C’est tellement difficile de durer dans le hockey, et Roberto a joué 20 saisons dans la LNH. C’est à peine s’il a joué dans la Ligue américaine et c’est un reflet de son immense talent. D’ailleurs, les Islanders de New York l’avaient repêché 4e au total.

Malheureusement, il est un peu dans l’ombre de Martin Brodeur et de Patrick Roy qui ont une impressionnante collection de trophées et de coupes Stanley, mais Roberto a passé 11 saisons avec des équipes ordinaires en Floride.

Il ne l’a pas eu facile à ses débuts avec les Panthers, mais ça l’a aidé à devenir le gardien qu’il est devenu. Il était bombardé soir après soir, et chaque fois que je l’affrontais, je savais que je devais être impeccable. Lorsqu’il réussissait quelques gros arrêts en début de match, on savait qu’il serait difficile à battre. Je me souviens d’un match au Centre Molson, le 17 novembre 2001, où on l’avait bombardé de 45 tirs. Il avait été sensationnel et n’avait alloué qu’un but. De mon côté je n’avais reçu que 23 tirs mais j’avais réussi un jeu blanc. Affronter Roberto Luongo, c’était beaucoup de pression pour un gardien.

Au tournant du millénaire, les gardiens québécois se ressemblaient presque tous, mais Roberto était un peu différent. Il avait appris le système de François Allaire à son école de hockey, mais il ne l’a jamais eu comme entraîneur en Floride ou à Vancouver.

Il avait donc la base du système Allaire, mais il en déviait aussi. Il ne jouait pas le bloc papillon de façon systématique et parfois, il défiait les tireurs en sortant loin devant son filet. Il pouvait aussi effectuer des glissades ou même harponner la rondelle.

Il avait tellement de bons réflexes qu’il pouvait aussi se permettre de jouer plus profondément dans son filet et laisser un gros trou du côté de sa mitaine. Il était d’ailleurs un des gardiens les plus rapides avec son gant.

Un vrai professionnel

Ses longs bras et ses longues jambes ont volé des centaines de buts avec des filets ouverts. Roberto se battait sur chaque tir. Il était un grand compétiteur et lorsque j’étais avec lui à la Coupe du monde en 2004 à Toronto, j’ai réalisé à quel point il était un professionnel.

Il était minutieux dans sa préparation et à chaque entraînement il cherchait à s’améliorer. Même lorsqu’il n’y avait pas d’entraîneurs de gardiens, il organisait ses propres exercices.

Le seul fait qu’il a été choisi comme capitaine des Canucks de Vancouver illustre à quel point il était respecté. Il aurait mérité quelques trophées, mais s’il avait gagné ce 7e match dans la finale de 2011 contre Boston, les gens le verraient différemment, aujourd’hui.

Un grand gardien

Au moins, il a gagné une médaille d’or olympique. Pour moi, il reste un grand gardien de but. Il sera intronisé au Temple de la renommée de la Ligue junior majeur du Québec, le mois prochain, et ça ne saurait tarder pour celui de Toronto.

Il seconde Dale Tallon comme directeur général des Panthers et il prend son travail très au sérieux. On le verra comme DG d’une équipe de la LNH un jour.

-Propos recueillis par Gilles Moffet

Entrefilets

Le retour de Julien

Je me suis réjoui de l’annonce de Marc Bergevin qui a confirmé, mardi, le retour de Claude Julien derrière le banc des Canadiens, la saison prochaine. Comme je l’avais publié, la journée même, Julien ne méritait pas d’être congédié. Toutefois, la machine à rumeurs était partie et dans ce temps-là, il y a souvent un effet boule de neige. Bergevin a bien fait de désamorcer la bombe. Voilà au moins un dossier de réglé.

Le décès d’Henri Richard

Ça m’a attristé d’apprendre le décès d’Henri Richard et j’offre toutes mes condoléances à la famille. Je l’ai rencontré à quelques reprises et j’ai toujours considéré comme un privilège de pouvoir parler à ces grands joueurs de l’histoire du Canadien, comme lui, Jean Béliveau, Guy Lafleur, Serge Savard, Yvan Cournoyer et tous les autres. À chaque fois, je leur pose des questions à savoir comment c’était dans leur temps, et ils ont toujours des histoires intéressantes à raconter. Malheureusement, il reste de moins en moins de joueurs des époques glorieuses du Canadien. J’ai beaucoup de respect pour Henri Richard et j’imagine qu’en tant que petit frère d’une légende comme Maurice Richard, ce fut difficile pour lui de faire sa place, d’autant plus qu’il était aussi un attaquant. Ce n’était pas tout à fait comme Tony Esposito, gardien de but, frère d’un joueur de centre, Phil.

Leon « Wow » Draisaitl

J’allais vous parler de Leon Draisaitl la semaine dernière et j’ai abordé d’autres sujets, mais peu importe, il trouve toujours une façon de se démarquer, dont un match de quatre buts et une aide à Nashville, mardi dernier. Il est en train de filer vers le trophée Art Ross et possiblement le trophée Hart quoiqu’il ait de la compétition dans sa propre équipe avec Connor McDavid. Ces deux-là forment probablement le meilleur duo depuis Mario Lemieux et Jaromir Jagr. C’est incroyable de les voir aller. Il semble qu’ils seront enfin des séries éliminatoires pour la première fois depuis 2017. Il manque toutefois des ingrédients à cette équipe pour imaginer les Oilers avec la coupe Stanley.