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Budget Girard: encore la loterie pour les places subventionnées en garderie

Des parents devront s’armer de patience pour bénéficier d’une place à 8,35$

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Photo d'archives Pour ceux qui n’ont d’autres choix que d’allonger 35, 40 ou même 50 $ par jour pour une place en garderie privée pour leur bambin, sachez que le gouvernement Legault ne bonifie pas le crédit d’impôt pour frais de garde d’enfants.

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La loterie des places de garde subventionnées se poursuit pour les parents du Québec. Et dans toute loto, il y a des gagnants et des perdants.

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Le second budget du gouvernement Legault prévoit l’ajout de 6000 places de garde à 8,35 $ par jour.

Mais le diable étant dans les détails, 3500 de ces places seront en fait des places en garderies privées converties en places subventionnées. La moitié d’entre elles seront transformées cette année, le reste l’an prochain.

Les parents qui n’auront pas cette chance devront s’armer de patience pour bénéficier d’une place à 8,35 $ pour leur enfant.

Québec promet de créer 2500 véritables nouvelles places subventionnées, qui viendront toutefois s’ajouter à une longue file d’attente de projets prévus qui n’ont toujours pas vu le jour.

En effet, « 15 340 places ont déjà été annoncées, mais n’ont pas été réalisées », a-t-on glissé en douce dans le volumineux document budgétaire dévoilé mardi à l’Assemblée nationale.

Les bonzes du ministère des Finances dépêchés au huis clos du budget ont précisé que 90 % de ces places devraient être créées d’ici 2022-2023.

Pas de bonification du crédit

Et pour ceux qui n’ont d’autres choix que d’allonger 35, 40 ou même 50 $ par jour pour une place en garderie privée pour leur bambin, sachez que le gouvernement Legault ne bonifie pas le crédit d’impôt pour frais de garde d’enfants.

Grâce à ce crédit d’impôt remboursable (en additionnant la déduction fédérale), un couple ayant un revenu familial de 75 000 $ et qui paye 35 $ par jour pour faire garder son enfant au privé peut jouir d’un tarif net de 8,77 $.

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Mais l’écart entre le privé et le public s’agrandit lorsque le salaire des parents gonfle. Ainsi, une famille dont les revenus annuels totalisent 175 000 $ débourse au net 13 $ de plus par jour pour une place (à 35 $) dans une garderie non subventionnée.

Rappelons que la CAQ a aboli la « taxe famille » et ramené le tarif universel (8,35 $) pour les places subventionnées.

Les parents n’ont donc plus de contribution additionnelle à payer, et ce, rétroactivement au 1er janvier 2019.

Un « pas timide »

Pour la directrice générale de l’Association québécoise des CPE, Geneviève Belisle, les nouvelles places annoncées sont un « pas timide » dans la bonne direction.

Mais la conversion des places au privé en places subventionnées ne garantit pas des places de qualité pour nos bambins.

« À 98,9 % de taux d’occupation en CPE, c’est sûr qu’on est encore à l’ère de la loterie, malheureusement ! » a-t-elle réagi mardi.  


Ajout de 6000 places de garde subventionnées

  • 2500 nouvelles places
  • 3500 proviendront de la conversion de places de garde non subventionnées
  • Actuellement, il y a 235 000 places de garde subventionnées au Québec

Plus d’argent contre la violence conjugale

Le gouvernement Legault investira 181 millions $ additionnels d’ici cinq ans pour mieux accompagner les femmes victimes de violence conjugale. Au Québec, le taux de criminalité contre la personne diminue, mais pas les cas de violence conjugale. Encore récemment, l’homicide d’une mère de six enfants à Mascouche a choqué les citoyens. Mandatée par François Legault pour s’attaquer à ce fléau, la ministre Isabelle Charest promet des gestes concrets. « Ça n’a pas de bon sens qu’une femme qui est dans une situation de violence appelle une maison d’hébergement et qu’elle n’ait pas les ressources pour pouvoir intervenir. Là, on est prêt à agir », a-t-elle confié mardi, au dévoilement du plan budgétaire de la CAQ. Elle précise que la majorité des sommes ira directement aux maisons d’hébergement.

Du renfort pour les DPJ

Près de 3800 enfants attendent toujours des services de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ). Le ministre Eric Girard allongera 90 millions $ par an pour faire face au problème criant de manque de personnel au sein de la DPJ. La CAQ vise l’embauche de 400 nouvelles ressources. L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux se réjouit des sommes annoncées, même si le syndicat réclamait plus d’argent. La présidente, Andrée Poirier, demande maintenant au gouvernement Legault de mettre en place les conditions nécessaires pour attirer des travailleurs en protection de la jeunesse. « Je reste sur mes gardes quand on dit qu’on embauche 400 personnes. Qui veut venir travailler dans les centres jeunesse actuellement ? » demande Mme Poirier.