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Coronavirus: la rectitude va-t-elle étouffer le débat?

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Le coronavirus ne vous fait pas peur ? 

Je ne vous crois pas. 

Autant je me méfie des climato-sceptiques, autant ceux qui minimisent la crise actuelle me semblent imprudents, pour ne pas dire irresponsables.  

INCUBATEURS À VIRUS 

Je ne souffre pas de « virus anxiété », mais disons que je prends la chose au sérieux.  

Après tout, le monde est de plus en plus interconnecté. 

Avec la démocratisation des voyages en avion, il suffit maintenant qu’une région du globe prenne froid pour que tout le monde se mette à tousser.  

D’où l’importance de développer une stratégie mondiale pour faire face à ce genre de pandémie. 

Il faut se coordonner, appliquer les mêmes règles d’hygiène partout.   

Nous n’avons plus le choix. Nous dormons tous dans le même lit. Comme les perturbations climatiques, les virus se moquent des frontières.  

Quoi qu’en disent certains bien-pensants, qui préfèrent se fermer les yeux plutôt que regarder la réalité en face, ce n’est pas raciste que de dire que certains pays sont moins vigilants que d’autres en ce qui concerne la sécurité alimentaire.  

C’est la vérité.  

Prenez les fameux wet markets en Chine.  

Selon l’Organisation mondiale de la santé animale, l’Organisation mondiale de la santé, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et la Banque mondiale, ces marchés traditionnels où l’on trouve toutes sortes d’animaux sauvages ont joué un rôle majeur dans l’éclosion de l’épidémie de grippe aviaire qui a frappé le monde au début des années 2000.  

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Selon de nombreux spécialistes, la communauté internationale devrait faire pression auprès des autorités chinoises pour qu’elles ferment une bonne fois pour toutes ces marchés et qu’elles revoient de fond en comble leurs politiques concernant la sécurité alimentaire.  

Comme l’a dit le docteur Ian Lipkin, professeur d’épidémiologie à l’Université Columbia : « Le VIH, l’Ebola, l’influenza, le Nipah, le Marburg – ces virus sont tous d’origine animale. Lorsque ces animaux se retrouvent sur les étals de commerces comme les wet markets en Chine, ils peuvent se propager aux humains. »  

« Ces marchés à ciel ouvert sont de véritables autoroutes pour les virus. On ne peut plus les tolérer. » 

RACISTES ! COLONIALISTES ! 

Malheureusement, nous vivons à une ère où la rectitude politique empêche de dire les vraies choses. 

Quel dirigeant va oser dire à tel ou tel pays que ses règles d’hygiène défaillantes mettent en danger la santé de tous les êtres humains sur terre ? 

Il va se faire traiter de raciste ! 

Regardez comment certains intellectuels occidentaux se font traiter quand ils osent critiquer des pratiques culturelles barbares comme l’excision des fillettes ou des lois misogynes comme celle obligeant les Iraniennes à porter le voile... 

Ils se font ramasser ! « Islamophobes ! », « Colonialistes ! », « Xénophobes ! » 

Pourtant, nous devrons avoir cette discussion. Et le plus tôt sera le mieux. 

LE DROIT DE CRITIQUER 

Quand un pays adopte une politique qu’on juge néfaste pour l’environnement, on ne se gêne pas pour le critiquer haut et fort ! 

Pourquoi on ne pourrait pas agir de la sorte envers les pays qui ne font pas le nécessaire pour lutter contre les pandémies ? 

Et qui refusent d’adopter des règles d’hygiène strictes ? 

Après tout, les virus sont aussi dangereux que les gaz à effet de serre et le plastique... 

ÉDITO DE RICHARD MARTINEAU