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Plus optimiste que prudent

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Sur le plan de l’image, le budget vert de la CAQ est tombé dans le dalot ! 

Le gouvernement aurait bien voulu marquer le coup, réussir sa conversion environnementale avec l’injection de 2 milliards dans son fonds d’économie verte (en plus des revenus de la taxe du carbone), mais son virage est éclipsé par la crise du COVID-19. 

Remarquez, le deuxième budget Girard n’est pas seulement vert, il est aussi un peu beige. 

Malgré des dépenses élevées, les sommes records en infrastructures et les bonnes intentions pour le transport en commun, il faudra attendre avant de connaître les mesures détaillées pour réduire les émissions de GES.  

Pas d’effet wow pour l’instant. 

Et, il faut rendre à César ce qui lui appartient, les mesures de réduction du fardeau fiscal promises par la CAQ sont presque entièrement livrées déjà. 

Pas de réserve  

Donc, ce qui frappe surtout, c’est une impression de budget décalé par rapport à l’ampleur de la psychose que provoque le coronavirus. 

Ça se sentait même dans l’entourage du premier ministre.  

Certains, présents au huis clos du budget, semblaient plus préoccupés par une réunion qui devait se tenir en fin de journée sur d’éventuelles mesures préventives plus costaudes à mettre en place au Québec pour éviter la propagation. 

Le grand argentier Eric Girard n’a pourtant pas cru bon créer une réserve spéciale pour répondre à la crise. 

Celui à qui on accole avec raison l’étiquette de conservateur paraît pourtant bien optimiste, avec une prévision de croissance de deux pour cent cette année, en dépit des signaux de ralentissement. 

Nous sommes prêts ? 

En plus, questionné sur les moyens envisagés pour faire face à la musique, le ministre des Finances a répondu « nous sommes prêts », expression tristement célèbre qui évoque le contraire de ce qu’elle dit, depuis son utilisation abusive par Jean Charest en 2003. 

« S’il y a besoin de fonds supplémentaires, on a la capacité de les allouer », a-t-il ajouté. 

Souhaitons-nous que les choses ne dégénèrent pas comme en Italie, parce que malgré la bouille sympathique du ministre, on se sent à demi rassuré...