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Les Américains en ont assez des montagnes russes

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Après une nouvelle série de victoires convaincantes mardi, Joe Biden est virtuellement assuré de l’investiture démocrate. Biden n’est pas le candidat idéal, mais il a des atouts indéniables pour vaincre Donald Trump.

Mardi soir, Joe Biden promettait de restaurer « la décence, la dignité et l’honneur » à la présidence, dirigeant toutes ses attaques contre l’actuel président, qu’il juge indigne d’occuper la Maison-Blanche. 

Le vote de confiance que lui accordent les électeurs démocrates aux urnes et dans les sondages suggère que celui qu’on surnomme « Oncle Joe » correspond à ce que l’électorat américain recherche en ces temps d’incertitude.

Pas le candidat idéal

Joe Biden n’était pas le candidat le plus exaltant dans cette course. Il n’a ni l’armée de disciples ni la pugnacité de Sanders. Connu pour ses gaffes verbales, Biden n’a pas l’éloquence soignée de Pete Buttigieg. Contrairement à Elizabeth Warren, il n’a pas un plan pour chaque problème ni le don des répliques assassines lors des débats. 

À 77 ans, après presque 50 ans en politique, l’Oncle Joe ne représente pas un vent de renouveau. Pourtant, après des échecs retentissants en Iowa, au New Hampshire et au Nevada, les électeurs démocrates ont vu en lui l’homme de la situation. Pourquoi ?

Un choix rassurant

Après trois ans de crises institutionnelles, les Américains en ont assez des montagnes russes et du spectacle de téléréalité que leur offre la présidence Trump. Quoi qu’en disent Bernie Sanders et ses partisans, les électeurs démocrates souhaitent un retour à la normale et à un leadership honnête, stable et éclairé, pas la révolution.

Avec l’émergence d’une nouvelle crise causée par la propagation de la COVID-19, ce souhait a de bonnes chances de devenir une nécessité impérieuse. Alors que le président Trump a échoué lamentablement à fournir ce leadership, les semaines et les mois qui viennent donneront à Biden l’occasion de démontrer qu’il mérite la confiance que les électeurs démocrates ont décidé de placer en lui.

À cette crise de santé publique s’ajouteront probablement quelques mois de ralentissement économique qui ne pourront que nuire à Trump en novembre. D’ici là, toutefois, il n’y en aura pas de facile pour Joe Biden.

Course à obstacles

Les opposants de Biden ne lui feront pas de cadeau. Bernie Sanders, malgré les appels de plusieurs démocrates à son désistement, est déterminé à continuer sa croisade.

Sanders compte sur le débat à deux de dimanche pour relancer ses attaques contre Biden. Ça ne changera probablement pas les résultats de mardi, notamment en Floride où Biden domine les sondages, mais, comme en 2016, l’obstination de Sanders ne peut que nuire à la campagne présidentielle démocrate.

Quant à Donald Trump, il ne ménagera aucun effort pour attaquer Biden, notamment en entretenant les théories du complot les plus farfelues. Même si ces allégations n’ont pas encore réussi à freiner Biden, ce genre de campagne de salissage laisse toujours des traces.

Dans ce contexte, si Joe Biden peut maintenir l’image de stabilité qui lui a souri jusqu’à maintenant et s’il peut continuer à représenter la décence, la dignité et l’honneur qui font défaut à son vis-à-vis républicain, tous les espoirs sont permis pour lui, en novembre... surtout si l’économie suit la Bourse dans sa dégringolade.