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Mieux protéger les plus vulnérables

CHSLD
Photo d’archives, Pierre-Paul Poulin On n’imprime pas des changements comportementaux aussi majeurs avec des points de presse seulement.

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La COVID-19 passe au stade de pandémie mondiale. La situation étant mouvante, au Québec et au Canada, sa gestion « politique » était jusqu’ici plutôt hésitante. La pandémie étant officielle, les gouvernements Trudeau et Legault prennent enfin les choses au sérieux.  

La qualité de la communication politique sera tout aussi importante que les mesures et les budgets adoptés pour limiter la propagation du virus. En cela, l’important est d’éviter l’alarmisme tout en demeurant transparent sur la progression du coronavirus – un véritable travail d’équilibriste.   

Hier, les premiers ministres Justin Trudeau et François Legault ont su trouver le bon ton. Avec raison, ils insistent plus fortement sur les mesures de prévention connues : ne pas se donner la main, les laver souvent, ne pas se toucher le visage, tousser dans son coude, rester chez soi si on est malade, etc. L’investissement par le fédéral d’un milliard de dollars pour combattre la COVID-19 est à l’avenant. Mais il faudra plus. 

Dans une population déjà peu portée au civisme ou à la prudence en saison de grippe et de gastro, on n’imprime pas des changements comportementaux aussi majeurs avec des points de presse seulement. On n’a qu’à sortir pour voir encore pas mal de gens malades – grippe, rhume, etc. – qui, dans les lieux publics, continuent de nous tousser leur vie en plein visage. 

Urgence  

D’où l’urgence de mettre rapidement sur pied une vaste campagne nationale d’information, très visuelle et très explicite. L’art de la pédagogie n’est-il pas la répétition ? Cela nécessitera aussi que les gouvernements s’activent pour remettre en marché les masques essentiels aux personnes infectées. 

Pour faciliter l’autoquarantaine, les règles de l’assurance-emploi seront assouplies, mais n’oublions pas les pigistes, dont les revenus, en cas de maladie, sont souvent inexistants. À Montréal, la STM annonce qu’elle lavera ses autobus, wagons de métro et minibus adaptés au moins deux fois par semaine. 

Or, 88 % des milliers de déplacements en transport adapté (TA) se font par taxis privés. Les usagers du TA – des personnes handicapées ou âgées – ont souvent une santé plus fragile. Ce qui, selon les experts, en fait des cibles de choix pour la COVID-19. Les autorités publiques devront donc imposer une meilleure hygiène dans les taxis. 

Responsabilité partagée 

La panique est mauvaise conseillère. Le risque zéro n’est pas de ce monde non plus. Ce que l’on sait, par contre, est que la COVID-19 frappe en effet plus durement les personnes vulnérables. Qu’elles soient âgées, handicapées, qu’elles vivent à la maison, en résidence, en CHSLD ou en ressource intermédiaire, elles devront être mieux protégées par des mesures claires de prévention édictées par les autorités. 

Lorsque François Legault dit que « la pire chose qui pourrait arriver serait que le virus se propage dans des centres de personnes âgées. Les personnes âgées sont à risque », il met le doigt sur une inquiétude bien réelle. Laquelle comprend aussi les personnes handicapées intellectuelles ou physiques. 

Nous tous, décideurs politiques, spécialistes en santé publique et citoyens, partageons la responsabilité et le devoir de mieux protéger les personnes vulnérables.