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Les frontières demeurent ouvertes

Les navires de croisière seront interdits jusqu’en juillet, mais les avions de passagers continueront d’atterrir

Air China - Vol CA879
Photo Martin Chevalier Des employés de l’aéroport Montréal-Trudeau grimpaient vêtus d’un masque et de gants à bord du Boeing 787-9 Dreamliner du transporteur Air China qui venait d’atterrir.

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Pendant que les États-Unis interdisent toujours les vols en provenance d’Europe, les aéroports canadiens continuent d’accueillir des dizaines de milliers de passagers par jour, sans égard à leur provenance. 

• À lire aussi: Ottawa demande d'éviter tout voyage à l'étranger  

« Nous n’avons d’autres choix que de nous conformer aux décisions du gouvernement canadien », nous a expliqué vendredi la porte-parole d’Aéroports de Montréal, Marie-Claude Desgagnés.  

« Cette décision importante de ne plus permettre les vols de certaines régions du monde doit absolument venir d’Ottawa. »  

Or, demeurant sourd aux demandes de toutes parts réclamant un resserrement du ciel canadien, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé vendredi que les frontières canadiennes demeureront ouvertes à tout voyageur d’outre-mer.  

Le Canada n’empêche pas les avions de la Chine de se poser au pays.
Photo Pierre-Paul Poulin
Le Canada n’empêche pas les avions de la Chine de se poser au pays.

Jusqu’à nouvel ordre, des avions en provenance de nations frappées par le coronavirus, comme l’Italie, la France, l’Iran ou la Chine, continueront donc d’atterrir au pays de l’unifolié, comme à l’habitude. Et cela, même si la chef de la santé publique du Canada, Theresa Tam, déconseillait encore aux citoyens vendredi « tout voyage non essentiel à l’étranger ». 

Ottawa réfléchit 

Le premier ministre Trudeau a cependant indiqué réfléchir à l’implantation de diverses mesures, comme la réduction du nombre d’aéroports canadiens autorisés à accueillir des vols et des passagers de l’étranger.  

Les noms et le nombre d’aéroports canadiens que le gouvernement pense désigner n’ont pas été divulgués. 

Mais on peut s’attendre, selon des sources de l’industrie, à ce que les aéroports de Montréal, Toronto et Vancouver fassent partie du nombre. Le sort de celui de Québec et d’autres plus petits de la province paraît incertain.  

Ottawa estime qu’une telle mesure pourrait éventuellement permettre une réduction du nombre de voyageurs étrangers au pays, et un meilleur contrôle sanitaire de ceux-ci.  

À ce propos, M. Trudeau a dit prévoir l’ajout de professionnels de la santé publique dans les aéroports, une demande qu’avait d’ailleurs formulée plus tôt le premier ministre québécois, François Legault.  

Pas plus de 500 croisiéristes 

En point de presse, le premier ministre Legault avait aussi réclamé d’Ottawa « de limiter rapidement l’entrée de visiteurs étrangers au Canada ».  

S’il n’a pas osé imposer de telles mesures au monde aérien, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, n’a pas hésité à interdire la visite de tout bateau de croisière de plus de 500 passagers. Et ce, jusqu’au 1er juillet. 

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Plusieurs de ces navires se sont révélés être des nids propices à la propagation rapide de la COVID-19 parmi ses passagers.  

Ottawa semble vouloir s’éviter ainsi la gestion de pareils scénarios en eaux canadiennes.  

Cette décision risque cependant de porter un coup supplémentaire aux villes de Vancouver, de Halifax et de Québec, estime le professeur émérite de l’UQAM Michel Archambault.  

L’industrie des croisières accueille 26 millions de passagers dans le monde, et engrange des revenus de 69,5 milliards $ annuellement. 

– Avec Émilie Bergeron, Agence QMI  

  • L’Agence des services frontaliers du Canada a indiqué vendredi soir qu’elle fournira aux voyageurs à risque un masque chirurgical et des instructions sur la façon de l’utiliser.