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COVID-19: énorme inquiétude dans le monde du spectacle

Des problèmes de liquidités redoutés

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Craignant de manquer de liquidités pour faire face à une vague potentielle de demandes de remboursement, des salles de spectacles souhaitent une aide d’urgence du gouvernement Legault. 

Depuis que Québec a interdit pour un mois les rassemblements de plus de 250 personnes en raison de la pandémie de la COVID-19, des centaines de spectacles ont été reportés ou annulés. 

« Rapidement, nous allons nous adresser au gouvernement pour essayer d’avoir un fonds d’urgence. S’il faut décaisser pour des remboursements de billets rapidement, et pour certains diffuseurs, ça représente des dizaines de spectacles sur un mois, on pourrait se retrouver avec des problèmes de liquidités », explique Julie-Anne Richard, directrice générale de Rideau, une association regroupant plus de 350 salles de spectacles et festivals au Québec. 

« Ça m’inquiète énormément », ajoute-t-elle, en précisant que la grande majorité des diffuseurs ne peuvent compter sur les subventions de l’État pour garder la tête hors de l’eau. 

« Les revenus de billetterie sont très importants. Dans la plupart des cas, 75 % à 85 % de leurs revenus sont autonomes », affirme Mme Richard. 

Déjà, sur les réseaux sociaux, le mot-clic #billetsolidaire suggère à ceux qui peuvent se le permettre d’éviter de demander un remboursement. 

Ultra ralenti 

C’est sans compter tous les travailleurs qui se retrouvent sans emploi parce que les salles sont vides.  

Au Capitole de Québec, où les représentations de Révolution ont été déplacées à une date ultérieure, l’impact a été immédiat, jeudi soir. 

« Le restaurant [Il Teatro] s’est vidé parce que les gens qui avaient réservé venaient principalement voir le spectacle. Même chose pour l’hôtel, où on avait juste la production de Révolution qui prenait quarante chambres. Nous sommes entrés en mode ultra ralenti », indique la porte-parole, Dominique Thomas. 

Casse-tête de programmation 

Si l’interdiction devait se prolonger et que plus de spectacles devaient être annulés, la tâche de les replacer dans un calendrier déjà chargé serait un véritable casse-tête. À la salle Albert-Rousseau, la majorité des 32 spectacles touchés par l’interdiction ont pu être replacés à l’automne. « Mais s’il y a une deuxième vague, ce sera plus problématique. Chez nous, les calendriers sont remplis pour les deux prochaines années », soulève la directrice générale, Julie Corriveau. 

Le producteur Martin Leclerc, qui met sur la route des spectacles de Nathalie Simard et Michel Louvain, entre autres, craint pour sa part que les spectateurs aient peur de retourner dans des lieux publics une fois que la vie aura repris son cours normal.