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COVID-19: préparons-nous au pire

H1N1 influenza vaccination
Photo d'archives J’ai reçu l’injection, puis j’ai attendu. Finalement, il ne s’est pas passé grand-chose et le cataclysme sanitaire annoncé n’a jamais eu lieu. Une tempête dans un verre d’eau.

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Je n’ai tout d’abord pas trop pris toute cette histoire de coronavirus au sérieux. Mes souvenirs de la crise du H1N1 n’étaient pas bien loin. Je me disais alors que le même scénario se reproduirait : battage médiatique et peur panique.  

Je me rappelle qu’à cette époque, j’étais enceinte de ma deuxième fille. Je m’étais rendue, la peur au ventre, au stade olympique, afin de recevoir le vaccin salvateur qu’on avait promis aux femmes enceintes, aux enfants et aux personnes âgées. J’ai reçu l’injection, puis j’ai attendu. Finalement, il ne s’est pas passé grand-chose et le cataclysme sanitaire annoncé n’a jamais eu lieu. Une tempête dans un verre d’eau.   

Trop peu, trop tard  

Ça allait forcément être la même affaire avec le coronavirus. Ça se passait loin, dans une région reculée de la Chine. Un océan me séparait de cette mystérieuse affliction. J’ai chassé au fond de ma tête la possibilité que le virus puisse traverser l’Atlantique aussi rapidement. J’étais, comme bien des gens, dans le déni face à l’inéluctable.   

ÉCOUTEZ l'édito de Geneviève Pettersen (en isolement) en compagnie de Vanessa Destiné, sur QUB radio:

Sauf que là, les choses ont fait boule de neige. Les premiers cas ont, depuis déjà quelques semaines, commencé à faire leur apparition en Amérique du Nord. Les prévisions par rapport à la contamination des Québécois sont inquiétantes. On estime, selon différents scénarios envisagés, que ce sera 30 à 60 % de la population qui sera infectée.   

On apprenait mercredi soir que le gouvernement américain fermait ses frontières aux ressortissants en provenance de l’Europe. J’ai envie de dire : qu’est-ce qu’on attend pour faire la même chose ici ? Des avions en provenance de Chine, épicentre de l’épidémie, atterrissent toujours en sol québécois. Un non-sens.   

Tous aux abris  

Là, l’économie s’effondre. La LNH, la NBA et la MLH viennent tour à tour d’annuler leurs saisons. Des festivals et des spectacles sont reportés aux calendes grecques. Récemment, je me suis moquée de la pénurie de papier de toilette chez Costco. Tout à coup, je riais un peu moins. Qu’arrivera-t-il quand on commencera à manquer de tout ? Des produits essentiels, je parle, indispensables à la survie de certains. Soulignons que plusieurs des composés actifs de médicaments largement consommés par les Canadiens proviennent d’usines chinoises. On est clairement en train d’expérimenter les limites de cette mondialisation qu’on nous vante depuis toujours. On s’est placé dans un état de dépendance. Et la chute risque d’être brutale.   

Le gouvernement Legault a interdit les rassemblements de plus de 250 personnes. À l’heure où vous lisez ces lignes, les écoles devraient logiquement être fermées. Si ce n’est déjà fait, c’est une question de temps. J’ai une pensée pour mes enfants. Je le sais, la maladie s’attaque peu à eux pour le moment. Mais pour l’une des premières fois de leur courte existence, j’ai l’impression que je suis dans l’impossibilité de les protéger et d’assurer leur sécurité. J’ai l’impression que le fleuve tranquille de leur existence vient brusquement de bifurquer. Et je me rends compte que, finalement, reporter l’Halloween, c’était de la petite bière.