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La bataille du nouveau coronavirus à Cuba

Un motocycliste photographié à La Havane, le 12 mars.
AFP Un motocycliste photographié à La Havane, le 12 mars.

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Cuba étant une île, les portes d’entrée sont nécessairement plus facile à contrôler. On y vient surtout par avion et un peu par bateau. Aucun réseau terrestre, aucun pont donc, qui relient Cuba au continent.  

Malgré cette protection naturelle, le gouvernement cubain a pris la chose très au sérieux, contrairement à l’attitude attentiste du gouvernement Trump, qui croit qu’en fermant ses frontières à l’Europe, la population pourra se soigner.  

Ainsi, lorsque je suis arrivé à La Havane, la semaine dernière, à bord d’un avion de la compagnie Air China, en provenance de Bejing, avec une escale de deux heures environ à Montréal où la compagnie a fait le plein de passagers, toutes les personnes à bord de ce vol ont été contrôlées à deux reprises pour voir s’il y avait des gens fiévreux. À la sortie, on devait remplir un formulaire où il fallait indiquer, outre les informations d’usage, l’adresse où nous allions loger pendant notre séjour dans l’île. Il serait ainsi plus facile de retracer rapidement tous ceux qui auraient pu être en contact avec un passager possiblement infecté mais sans symptôme à son arrivée. Il s’agit d’une déclaration solennelle sur notre état de santé.  

Comme mesure préventive, les autorités sanitaires cubaines exigent de recevoir, à l’avance, toutes les informations pertinentes sur les passagers des vols provenant de pays à risque ou lourdement affectés par ce nouveau virus COVID-19.  

Malheureusement, il y a à peine 48 heures, trois touristes italiens, arrivés ce lundi à l‘aéroport international José Marti de La Havane, ont été diagnostiqués comme étant porteur de ce nouveau virus. Ils ont aussitôt été pris en charge par les autorités médicales et placés en isolement dans un hôpital désigné à cet effet. Les personnes qui ont été en contact avec ces trois Italiens ont aussi été retracées et examinées, sans qu’on leur diagnostique fort heureusement une infection quelconque.  

S’il y a bien une chose en laquelle j’ai totalement confiance à Cuba, c’est le système de santé public et les mesures préventives appliquées à l’année longue partout à travers le pays. Malgré les pénuries de toutes sortes occasionnées par le blocus multi facettes imposé par Washington. Cuba a connu de nombreuses épidémies par le passé, contre sa population et aussi contre sa production animale, dont la majorité a été provoquée par la CIA. Les dommages ont été considérables mais toujours Cuba a su répondre fermement à ces attaques vicieuses et criminelles.  

Cuba s’est aussi distinguée par sa solidarité internationale, en aidant d’autres nations affectées par de graves épidémies, comme le virus de l’ébola en Afrique. Toujours ses médecins et son personnel soignant se sont retrouvés en première ligne, sans rien demander en retour. Leur expérience est indéniable.  

Maintenir l’île hors de portée de ce nouveau virus, sans fermer pour autant les frontières, tel est le nouveau défi que doivent relever le gouvernement et sa population. L’industrie touristique est une des principales ressources financières du pays. Elle ne doit pas souffrir de cette panique qui s’installe un peu partout à travers la planète. Ce serait catastrophique pour l’économie. Cuba a toujours été, est et sera une destination touristique des plus sécuritaire. Il faut continuer à y venir, pour ses plages et son climat, pour ses installations hôtelières modernes, pour sa culture exceptionnelle.