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La pire journée des huit dernières décennies à la Bourse de Toronto

Les investisseurs paniquent et envisagent le pire pour l’économie canadienne

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Les marchés boursiers canadiens ont connu hier leur pire journée depuis la Seconde Guerre mondiale, voyant plonger les indices torontois à des niveaux jamais vus depuis la crise financière de 2008.  

La Bourse de Toronto a perdu hier 12,3 % de sa valeur. Sur cinq jours, l’indice phare de la Bourse de Toronto, le S&P/TSX, a reculé de 5 %. Sur un mois, il a perdu près de 30 %, soit le tiers de sa valeur.   

À peu près tous les secteurs ont été affectés dans ce qui s’apparente à un sauve-qui-peut généralisé à Bay Street. Même des titres refuges d’entreprises vendant des biens de première nécessité comme Dollarama, l’épicier Metro et Alimentation Couche-Tard, qui résistaient tant bien que mal depuis un mois, ont chuté de 7 %, 7,6 % et 11,9 % hier.   

  • ÉCOUTEZ la chronique économique de Yves Daoust, directeur de la section Argent au Journal de Montréal et au Journal de Québec, à QUB Radio:

Les secteurs financiers et pétroliers, piliers de l’économie canadienne, ont été particulièrement ébranlés. Les grandes banques canadiennes ont toutes enregistré des chutes dans les deux chiffres hier, la CIBC fermant la marche avec une chute de 17,13 %.   

La pétrolière Suncor a perdu 20,5 % et le transporteur de pétrole Enbridge a dévissé de 16,5 %.   

La Bourse américaine n’était pas en reste avec une baisse de 9,5 % de l’indice du S&P 500. Les marchés new-yorkais ont connu leur pire journée depuis le krach de 1987.   

Phase de liquidation  

Pour Marc L’Écuyer, gestionnaire de portefeuille chez Cote 100, à Saint-Bruno sur la Rive-Sud de Montréal, l’ampleur de la chute actuelle signifie qu’un climat de peur extrême s’est emparé des investisseurs.   

« On est dans la phase de panique, de liquidation », dit-il. Selon lui, il y a de la rigidité sur les marchés depuis quelques jours, ce qui veut dire qu’il est de plus en plus difficile de trouver des acheteurs pour certains titres. « C’est plus émotif que rationnel en ce moment », suggère-t-il.   

Malgré tout, il se montre optimiste et dit croire qu’on se rapproche de la fin de la baisse des marchés. « Le marché n’attendra pas qu’on ait le vaccin [contre le coronavirus] pour remonter », pronostique-t-il. Il souligne qu’en Chine, épicentre de la crise, des cafés comme Starbucks ont commencé à rouvrir et la vie reprend peu à peu ses droits.   

Historiquement, les rendements sont intéressants pour ceux qui achètent dans le creux de la vague, rappelle-t-il.   

L’« indice de la peur » en hausse  

Selon Jean-René Ouellet, analyste principal chez Desjardins, la chute brutale des derniers jours vient rappeler l’importance pour les petits investisseurs d’avoir un portefeuille équilibré. « Il faut garder la tête froide parce que c’est une période charnière », conseille-t-il.   

Signe de la panique ambiante, le Vix, un indice qui mesure la volatilité du marché américain et que certains appellent l’indice de la peur, n’a jamais été aussi élevé depuis 2008.   

Quelques titres perdants      

  • BCE (Bell Canada) : 12,5 %  
  • Banque de Montréal : 16 %  
  • Air Canada : 9 %  
  • Canadian Natural Resources : 15,9 %