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Écrire, jouer et mettre en scène

La comédienne Noemie O'Farrell
Photo courtoisie, Samuel Fournier

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La comédienne Noémie O’Farrell n’a pas peur de relever des défis. Pour preuve, elle vient de cofonder une nouvelle compagnie de théâtre avec deux de ses amis, ce qui lui permettra de produire ses propres créations, comme Tout passera, une pièce qui pose des questions existentielles. Une belle façon de parvenir à écrire, à jouer, en plus de mettre en scène.

Outre les enjeux de création qui animaient les trois amis, Frédéric Lemay, Alice Moreault et Noémie O’Farrell, qui ont ensemble fondé leur compagnie, Le jaune écarlate, ceux-ci se posaient également de grandes questions existentielles. Puis Noémie O’Farrell est tombée sur des écrits de Romain Rolland et Carl-Gustav Jung sur un phénomène mystique qu’on appelle le sentiment océanique ou encore l’éveil et sentiment d’éternité. « C’est un état bref et rare et fulgurant où l’on forme un tout avec l’univers et où les paramètres du temps éclatent », explique la comédienne Noémie O’ Farrell, qui a ensuite visité des œuvres scientifiques, philosophiques et poétiques avec ses amis créateurs. « On a vite trouvé qu’il y avait là un moteur à création », précise-t-elle.  

Plusieurs recherches

Pour écrire Tout passera, le jeune trio a réalisé un travail de recherche et d’écriture qui s’est étendu sur 18 mois. Ensemble, ils se sont tournés vers les écrits de grands penseurs philosophiques, tels que Martin Heiddegger, Henri Bergson, André Comte-Sponville et Simone de Beauvoir.

« On se questionnait sur ce qui fait que l’on persévère dans nos rêves et qu’on accepte la mort inévitable », confie Noémie O’ Farrell, consciente que ce sont des questions universelles présentes depuis la nuit des temps. 

Ainsi, le trio exposera des idées sans toutefois prendre position. « On n’a pas voulu aller dans une espèce de religiosité, même si une sorte de spiri-tualité peut s’en dégager, fait-elle remarquer. En plus, on a des positions et des croyances différentes sur le sujet, ça donne donc un spectacle qui ouvre toutes sortes de portes. »

Le point de départ est le décès soudain du père d’Annie, personnage central de la pièce. Les trois créateurs se sont projetés comme si leur père mourait pour s’imaginer comment on se sort de ça.

« On a créé ce personnage pour sublimer nos peurs et calmer nos esprits », souligne-t-elle. Ainsi comme le titre le propose, tout passera... le deuil également.

Une part de réalité

Si le personnage d’Annie est de la fiction, les spectateurs assistent à une partie plus authentique, soit du théâtre dans le théâtre « On nous voit composer le spectacle sur scène », révèle la comédienne.

De surcroît, ils ont archivé leur travail de création afin d’en faire des projections.

« Tous les jours, pendant un an, on s’est filmés dans notre processus, indique-t-elle. On a appelé cela les mille petits vidéos. » Les spectateurs pourront donc les voir sur écran. 

Noémie O’Farell, qui était la tête d’affiche de la pièce Les louves, pré-senté la saison dernière à l’Espace Go, se transportera cet automne au Centre National des Arts à Ottawa. Outre le théâtre, on peut suivre Noémie O’Farell dans la série L’Heure Bleue à TVA. Elle reprendra les tournages d’une nouvelle saison ce printemps.

Tout passera

  • Auteurs, mise en scène et interprétation : Frédéric Lemay, Alice Moreault et Noémie O’Farrell
  • Jusqu’au 21 mars au Théâtre Prospero (salle intime)