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Les 24 stratégies de Québec pour sauver le plus de vies

Notre Bureau d’enquête décortique le plan du ministère de la Santé pour faire face au pire

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Jusqu’à 8500 morts, 34 000 personnes hospitalisées, 2,6 millions de Québécois infectés ; les prévisions faites par le ministère de la Santé dans son plan de lutte à la pandémie font peur. Pour y faire face, 24 façons de lutter contre un dangereux virus et sauver le plus de vies possible ont été prévues.  

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Notre Bureau d’enquête a épluché les quelque 125 pages du plan du ministère de la Santé et des Services sociaux. Ce plan a été élaboré en 2006 pour faire face à une pandémie d’influenza, et constitue la base de la stratégie d’intervention face au coronavirus.         

Nous vous présentons un résumé des 24 grandes mesures qu’il contient dans les deux pages suivantes.         

Certaines sont déjà en place depuis quelques jours. D’autres mesures pourraient ne jamais être déployées ou encore être remises à plus tard, comme la vaccination de masse, faute de vaccin actuellement disponible.         

Le ministère planche actuellement sur une annexe à ce plan de base, avec des mesures spécifiques à la COVID-19, qui devraient être prêtes dans les prochains jours.         

Québec a aussi un autre plan préparé par l’Organisation de la sécurité civile. Ce document vise à coordonner le travail de plusieurs ministères et du bureau du premier ministre. Il donne des informations sur qui fait quoi en cas de pandémie et sur les stratégies de communication avec la population. Il prévoit aussi les mesures de soutien aux municipalités et autres partenaires dans les régions.         

Légende :  

MESURE DÉJÀ EN PLACE OU EN COURS DE DÉPLOIEMENT   

MESURE PAS ENCORE DÉPLOYÉE   


  

1. Surveiller en temps réel Les nouveaux cas  

Durant la pandémie, un système centralisé permet de détecter rapidement les nouveaux cas. Le ministère peut ainsi identifier les populations affectées et cibler les groupes les plus à risque. Il peut également déployer des ressources dans une région particulièrement touchée. C’est ainsi qu’au cours des derniers jours, chaque nouveau cas était rapidement rapporté dans les médias.         

2. Diffuser des mesures simples  

Se laver les mains et éviter de se toucher les yeux, le nez ou la bouche, ou encore tousser à l’intérieur de son bras. De telles mesures toutes simples permettent de limiter la transmission du virus. Les autorités vont communiquer ce message à répétition.        

3. Des médicaments... en attendant le vaccin  

Faute de vaccin, les antiviraux sont une des seules défenses contre un virus. Malgré leurs limites, ils peuvent être utilisés auprès des plus grands malades. Un des problèmes, à ce moment-ci, pourrait être le manque de traitements efficaces. Si la demande explose, les groupes prioritaires seront identifiés et soignés en priorité. C’est l’Agence de la santé publique du Canada qui déterminera qui sont les groupes prioritaires.         

4. Le vaccin... quand il sera disponible  

 Le vaccin est le meilleur moyen de protéger la population. Mais il n’existe présentement aucun vaccin contre la COVID-19. Une campagne comme celle contre l’influenza H1N1 n’est toutefois pas prévue pour le moment, mais elle figure dans les plans de Québec.         

5. Limiter les rassemblements  

Québec a commencé à limiter les rassemblements publics, comme on l’a vu dans plusieurs pays. Les rassemblements de moins de 250 personnes sont désormais interdits. Cette mesure peut permettre de ralentir la transmission en début de pandémie, tout comme certaines mesures de protection à la frontière. C’est toutefois Ottawa qui décide des actions à la frontière, incluant leur fermeture.         

6. Jusqu’à un million de consultations  

Le ministère envisage que jusqu’à un million de patients pourraient consulter un médecin de famille. Pour éviter de surcharger le réseau et traiter les personnes les plus malades, la santé publique recommande aux malades de rester chez eux et de se soigner à domicile. Les personnes seules devront faire l’objet d’un suivi plus serré avec du soutien à domicile.         

7. Des bénévoles pour aider les malades  

 Le service de soutien à domicile des centres de santé sera vite débordé. Des organismes communautaires ou à but non lucratif ainsi qu’une armée de bénévoles pourraient être mobilisés pour aider les personnes malades à domicile et évaluer si leur état se dégrade au point de nécessiter une hospitalisation.         

8. Le téléphone à la rescousse  

Le service Info-Santé sera le point de contact pour les patients malades à domicile. La demande pour ce service est déjà très forte. Un autre service téléphonique sera mis en place pour faire un premier tri et ainsi éviter de saturer le 811. C’est ce qui a été fait hier avec l’annonce d’une nouvelle ligne téléphonique, le 1-877-644-4545.         

Photo d'archives, Stevens LeBlanc

9. Des ambulances débordées  

Les ambulanciers sont appelés à jouer un rôle important. La demande risque d’exploser durant la pandémie. Des équipements de protection supplémentaire devront être utilisés par les paramédics. On envisage aussi de mettre en place une structure pour gérer les déplacements entre hôpitaux et valider si un patient doit être transféré ou non. Un plan doit également être mis en place pour faire face à une pénurie de personnel.         

10. Garder les hôpitaux ouverts  

Pour faire face à une explosion de la demande, des cliniques désignées pour la pandémie sont mises en place, tout comme un triage serré à l’entrée des hôpitaux. Les établissements devront suspendre certaines activités pour se consacrer à la pandémie. On pourrait aussi augmenter le nombre de lits aux soins intensifs et ajouter des appareils, comme des respirateurs. Des médecins et infirmières de première ligne pourraient également être appelés en renfort.         

11. Priorité aux plus malades  

Les antiviraux peuvent servir dans le cas d’une pandémie d’influenza. Dans le cas de la COVID-19, certains traitements peuvent être prescrits. Compte tenu d’une possible rareté des antiviraux, le ministère va établir un ordre de priorité, selon la vulnérabilité des malades et la gravité de la pandémie.         

12. Soigner les patients à l’extérieur des chambres d’hôpital  

Le réseau de la santé pourrait rapidement être saturé de patients. Le ministère envisage donc l’ouverture de sites non traditionnels. Il pourrait s’agir d’hôtels par exemple. Il pourrait aussi y avoir des patients hospitalisés à l’intérieur de l’hôpital, mais dans des endroits comme des gymnases, salles de réunion, etc. Les établissements devront s’assurer d’avoir le matériel disponible pour ces sites.         

Photo d'archives

13. Disposer des dépouilles  

Si la pandémie frappe de façon importante et cause beaucoup de décès, les morgues des hôpitaux risquent de ne pas suffire. Il faudra donc rapidement disposer des dépouilles et travailler de près avec le personnel des salons funéraires.         

14. Coordonner les services psychologiques  

Chaque région devra pouvoir offrir des ressources psychologiques en coordination avec le ministère.         

15. Contrer le stress, l’anxiété et la dépression  

Une pandémie augmentera le niveau d’anxiété dans la population. Elle pourrait aussi faire augmenter les cas de dépression, d’épuisement et même de stress post-traumatique. Les personnes âgées, les jeunes en difficulté ou souffrant déjà de problèmes de santé mentale seront plus vulnérables. Les travailleurs de la santé devront également faire l’objet d’un suivi psychologique serré.         

16. Rassurer la population  

Compte tenu de la demande de soins psychologiques, des séances d’information ou du suivi via la ligne téléphonique Info-Social pourraient être nécessaires. Les autorités vont aussi demander aux proches de s’impliquer pour rassurer les malades à domicile.         

17. Aider les gens à s’autoévaluer  

La population sera informée sur les façons de s’autoévaluer en matière de problèmes de santé psychologique et de trouver des façons de s’autotraiter. Il s’agit d’une des façons d’éviter la panique.         

18. Éviter les rumeurs  

L’absence d’information contribue à alimenter les rumeurs les plus folles. Les dirigeants du réseau sont donc appelés à bien communiquer l’information dont ils disposent pour conserver un sentiment de confiance au sein de leur personnel. Si un questionnement surgit, il faut y répondre le plus rapidement possible.         

19. Sites web pour la pandémie  

Québec a mis en place des sites web pour informer les gens sur l’avancement de la pandémie et les mesures à prendre. Depuis la crise du verglas de 1988, les élus et les députés sont également mieux outillés pour jouer un rôle de diffuseur d’information.         

20. Impliquer tout le monde  

Tous les ministères, hôpitaux, organisations patronales, syndicales et groupes sociaux devront être impliqués dans la lutte contre la pandémie.         

21. Informer les citoyens  

Une cellule de crise est mise en place pour s’assurer de bien informer la population. En temps de pandémie, c’est toutefois le Conseil exécutif, le ministère du premier ministre, qui prend le leadership des communications.         

22. Remplacer jusqu’à 20 000 travailleurs absents  

Les plans du ministère prévoient que jusqu’à 20 000 travailleurs du réseau de la santé pourraient être touchés en même temps. Au total, jusqu’à 81 000 personnes pourraient être affectées durant les semaines de pandémie. Chaque établissement doit donc prévoir cette pénurie. En dernier recours, on pourrait même faire appel à des ressources humaines alternatives, soit des gens provenant de l’extérieur du réseau pour assumer certaines tâches. Ces volontaires pourraient être des retraités, des étudiants, des membres de la fonction publique, par exemple. Des bénévoles pourraient aussi être appelés en renfort.         

23. Sécuriser les médicaments  

En cas de pandémie, le ministère peut acheter sans appel d’offres des médicaments, masques et autres équipements. L’entreposage des médicaments se fera dans des lieux contrôlés par le ministère. En raison de leur rareté, des mesures de sécurité devront être prises pour assurer la distribution des médicaments et des vaccins.         

24. Systèmes informatiques fiables  

Pour collecter et diffuser les données concernant la pandémie, le ministère juge essentiel d’avoir des systèmes informatiques fiables. Le réseau téléphonique sera lui aussi mis à rude épreuve.    

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