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Tout un casse-tête !

Les avocats de la LNH et ceux de l’Association des joueurs se retrouvent en terrain inconnu

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Photo Ben Pelosse La Ligue nationale de hockey a interrompu ses activités jeudi, deux jours après la rencontre entre le Canadien et les Predators au Centre Bell. Les questions qui surgissent aujourd’hui sont bien plus complexes que celles concernant les changements de trios apportés par Claude Julien.

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La Ligue nationale de hockey a réglé un épineux dossier en confirmant que ses joueurs allaient recevoir les trois dernières paies qui leur sont dues, peu importe la suite des choses. Toutefois, un paquet de questions juridiques devront être débattues au cours des prochaines semaines. Car, pour la première fois de son histoire, ce n’est pas un conflit de travail qui compromet la saison, mais bien une pandémie.

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Plusieurs scénarios sont possibles : annulation complète, tenue d’une fin de saison et de séries éliminatoires, décision de passer directement aux séries.

Par conséquent, les joueurs, leurs agents et les dirigeants du circuit se retrouvent devant tout un casse-tête. L’équivalent de tenter d’assembler les morceaux sans l’image sur la boîte.

« C’est une situation unique pour tout le monde », a indiqué Christian Daigle, agent certifié et fondateur de la firme Momentum hockey.

« On se parle, on discute avec les joueurs. L’information sort au compte-gouttes. On se fait des scénarios, des brainstorms pour essayer de deviner de quelle façon ça va se terminer. »

Le problème, c’est que personne ne peut prévoir ce qui se produira au cours des prochaines semaines. La tangente que prendra la pandémie dictera la marche à suivre.

« L’objectif est assurément de terminer la saison et d’entreprendre des séries, quitte à ce quelles soient modifiées. Par contre, ni la LNH ni l’Association des joueurs ne sont en mesure de s’avancer sur ce qui se passera dans cinq semaines. Tout peut changer rapidement », a soutenu Daigle, dont la firme compte une douzaine de clients, dont Antoine Roussel, Cédric Paquette et la jeune sensation Alexis Lafrenière.

Exceptions à la règle

Évidemment, enrayer cette pandémie et assurer la santé des populations demeurent, à ce moment-ci, les priorités absolues. Sauf que tant les avocats du circuit Bettman que ceux qui représentent les joueurs sont déjà à pied d’œuvre, étudiant chaque recoin de la convention collective pour minimiser les pertes de leur partie respective.

« Même dans leurs griefs les plus simples, ils sont très minutieux, a souligné un autre agent, préférant garder l’anonymat. Imaginez pour une situation comme celle-ci. Ce sera l’enfer. Ils vont faire le tour et étudier les moindres détails. »

Comme dans n’importe quelle sphère de la société, le nerf de la guerre demeure l’argent. Les deux parties ne devraient pas avoir de difficulté à s’entendre pour que les séries éliminatoires se poursuivent au-delà du 15 juin, date limite, selon la convention collective, à laquelle la coupe Stanley doit être gagnée.

« La convention collective, c’est la règle. À toutes les règles, il y a des exceptions. Alors, là-dessus, je ne suis pas inquiet. Économiquement, tout le monde a intérêt à ce que ça reparte, alors tout le monde sera prêt à faire une exception sur cette clause », a estimé notre intervenant.

Sur ce plan, il y a des précédents. En raison des conflits de travail ayant perturbé le début de la saison, les coupes Stanley de 1995 et de 2013 ont été soulevées le 24 juin.

Qui paiera la note ?

Là où ça risque de ruer dans les brancards, c’est en ce qui a trait au pourcentage des salaires que les joueurs doivent placer en fiducie. Un pourcentage qui assure un partage équitable des revenus (50/50) avec les propriétaires.

Puisque 15 % de la saison pourrait être annulé ou que des matchs pourraient être disputés à huis clos, il y aura assurément une perte de revenus. 

« Tout ça sera à négocier. Mais, considérant que c’est un cas de force majeure, je ne vois pas pourquoi ce serait plus aux joueurs qu’au propriétaire d’absorber la perte », a estimé l’agent. 

Un pareil point litigieux risque d’envenimer les relations de travail et, par conséquent, de créer un climat de tension en vue des négociations du prochain contrat de travail.

« On n’est pas rendu là. Le hockey, c’est une business de day-to-day. Cependant, tu as peut-être raison. Ça pourrait arriver, a-t-il reconnu. Mais je peux assurer que, pour l’instant, personne ne pense à ça. »

Plafond à la baisse

D’ailleurs, les pertes financières qu’engendrera cette suspension des activités risquent d’avoir une incidence sur le plafond salarial de la prochaine saison. Récemment, Bill Daly, l’adjoint au commissaire, a estimé que le plafond salarial, actuellement établi à 81,5 millions $, pourrait se situer, la saison prochaine, entre 84 millions $ et 88,2  millions $.

Or, cette pandémie de COVID-19 forcera assurément le circuit à revoir ses prévisions. Il ne serait pas surprenant d’assister à un recul. Cela mettrait quelques équipes, flirtant actuellement avec la limite, dans le pétrin.

Verra-t-on une recrudescence de rachats de contrat ? La LNH permettra-t-elle des rachats particuliers comme elle l’avait fait au retour du lock-out de l’automne 2012 ?

Encore une fois, ce sont des problèmes qui, pour l’instant, sont loin d’être prioritaires.