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Ce que révèle le coronavirus sur l'État

Au Québec, la propagation du coronavirus nous fait redécouvrir l’importance que l’État peut avoir dans nos vies.

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Je sais, une autre chronique sur le coronavirus. Mais ne vous inquiétez pas, je ne répèterai en d’autres mots ce que les autres ont déjà dit. Je ne suis pas un expert en santé, et je ne m’y improviserai pas.

Mais, la crise que nous vivons actuellement est révélatrice à bien des égards sur le plan politique. Elle permet de mettre en contraste nos sociétés actuelles, de les comparer et d’évaluer l’efficacité de celles-ci.

Au Québec, la propagation du coronavirus nous fait redécouvrir l’importance que l’État peut avoir dans nos vies. L’État, s'il joue bien son rôle, peut sauver des vies, limiter les dégâts et améliorer le bien commun.

La crise actuelle, en d’autres mots, doit collectivement nous rendre fiers de l’État providence que nos prédécesseurs ont bâti et que nous devons continuer à bâtir.

Un État - oui, parfois aliénant par sa grosseur bureaucratique - mais surtout capable d’être suffisamment efficace et transparent pour affronter un danger comme l’est le coronavirus.

Aux États-Unis, juste au sud

Dès lors que nous mettons analyser la situation au sud de notre frontière, on ne peut que s’enorgueillir de nos institutions, notre gouvernement et notre filet social.

Ici, notre système d’assurance-maladie pour tous permet à tous les Québécois et les Québécoises de se faire diagnostiquer sans être inquiet de la fin du mois. Aux États-Unis, pays sous l’influence des compagnies d’assurance, des millions d’Américains n’ont tout simplement pas les moyens de se rendre à l’hôpital.

Récemment, une histoire rapportée dans le New York Times prouvait cette absurdité toute américaine. Elle rapportait un homme de la Floride ressentant les premiers symptômes grippaux qui au lieu de continuer sa vie normalement a décidé de se rendre à l’hôpital pour passer un diagnostic. Le résultat ? Une facture de 3 270$ et un test négatif ; il n’avait qu’une grippe classique.

Cet exemple illustre l’enjeu majeur que les Américains affrontent présentement : le nombre de tests par habitant est le plus faible parmi les pays développés et donc le nombre de cas véritables serait sous-estimé.

Le simple fait que les élus américains s’entredéchirent présentement sur la possibilité de se faire traiter gratuitement révèle un pays en perdition et un système politique complètement absurde. 

Ici, notre filet social – qu’il faut toujours perfectionner, améliorer – permet d’accompagner les citoyens en situation précaire et ceux qui seront affectés par le ralentissement économique. 

Notre système n’est pas parfait, loin de là, mais un travailleur n’est pas complètement laissé à lui-même s’il est testé positif.

Aux États-Unis, pays de l’opulence et de la richesse infinie, c’est tout le contraire :  la pauvreté a des racines si profondes que des travailleurs continueront de travailler même s’ils sont malades, car même être pauvre aux États-Unis, ça coûte cher.

Un exemple parmi tant d’autres : l’État de New York ne peut se permettre, comme au Québec, de fermer ses écoles. Pourquoi ? Car 750 000 enfants vivraient dans un état de précarité tellement élevé que l’école devient le seul refuge pour ces jeunes pour manger et avoir des soins médicaux. *

Ici, finalement, nous sentons un gouvernement bienveillant et proactif. Le premier ministre Legault en avant, faisant le point chaque jour et exerçant un leadership rassurant, à l’instar du directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, et de la ministre de la Santé, Danielle McCann.

Le nombre de cliniques de dépistages, le nombre de lits et les lignes téléphoniques devront être améliorés, mais on sent un gouvernement prévoyant et en contrôle. C’est là que se révèlent les chefs d’État et disons-le franchement : le gouvernement caquiste est à la hauteur.

Là, vous me voyez venir à 100 miles à la ronde, n’est-ce pas ? Ai-je besoin de l’écrire ? À une centaine de kilomètres d’ici seulement, il y a une odeur de folie qui – espérons-le – fera mal à Trump. L’égocentrisme de ce président ne s’arrêtera jamais même au prix de la vie de milliers d’Américains qui n’ont rien à voir avec le décadent jeu politique américain.

C’est la première fois que Trump affronte une crise qui n’est pas de nature politique et qui n’a pas créé lui-même. Son incompétence fera mal à des milliers d'innocents américains.

***

Le contraste entre les États-Unis et le Québec quant à la gestion de la pandémie du coronavirus est révélateur pour la suite des choses.

À une époque où le disait désuet et sans pouvoir d’action et où les gouvernements et les politiciens sont dévalorisés au profit d’un discours anti-étatique depuis 20 ans, il apparaît évident qu’un État fort, social-démocrate et au service du bien commun est encore la voie à suivre pour la suite des choses.

S’il est vrai que chaque crise représente une opportunité pour une société, alors la crise du coronavirus nous permet de redécouvrir que l’État demeure l'acteur essentiel dans nos destinées individuelles et collectives.

C’est très bien ainsi.