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Coronavirus en France: déplacements non essentiels interdits dès mardi midi

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PARIS | Le président français Emmanuel Macron a annoncé lundi dans une allocution télévisée que les déplacements non essentiels seraient interdits dès mardi midi pour freiner la propagation de l’épidémie de coronavirus dans le pays.  

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« Nous sommes en guerre », a martelé pas moins de cinq fois le chef de l’État qui s’adressait aux Français pour la deuxième fois en une semaine à propos de la pandémie de coronavirus qui se propage à grande vitesse dans le pays.    

  

  

« Dès demain midi et pour 15 jours au moins nos déplacements seront très fortement réduits », a déclaré le chef de l’État, et « toute infraction à ces règles sera sanctionnée », a-t-il ajouté, alors que les images de Parisiens se prélassant dimanche au soleil illustraient une certaine légèreté de la population face à la crise.    

« Faisons preuve d’esprit solidaire et de sens des responsabilités », a demandé le chef de l’État, qui a également fustigé les rumeurs qui circulent sur les réseaux sociaux et a appelé les Français à ne pas céder à la panique.    

« Nous gagnerons » la guerre, a-t-il assuré, annonçant diverses mesures pour préserver la vie économique. Les entreprises peuvent continuer à fonctionner, à part celles qui ont déjà été mises à l’arrêt, comme les bars ou les restaurants par exemple.    

Confinement qui ne dit pas son nom   

« Seuls doivent demeurer les trajets nécessaires [...] pour aller faire ses courses, se soigner, pour aller travailler quand le travail à distance n’est pas possible et pour faire un peu d’activité physique », a prévenu le président sans pour autant prononcer une seule fois le mot « confinement ».    

Il a ajouté que les « les entreprises devront adapter leur organisation pour faire respecter les gestes barrières ».    

« Aucune entreprise ne sera livrée au risque de faillite », a-t-il promis, annonçant des reports de charge, des loyers et factures suspendues pour les petites entreprises et une garantie bancaire de 300 milliards d’euros pour les prêts aux entreprises.    

Pour mener le combat, il a aussi fait appel aux armées, qui installeront un hôpital de campagne dans l’Est, une région particulièrement touchée, et le recours aux militaires pour transporter les malades et désengorger les hôpitaux.    

Toujours dans la même veine martiale, en écho aux « Taxis de la Marne » qui transportaient les soldats pendant la Première Guerre mondiale, il a annoncé que les taxis et les hôtels seraient mis à disposition des personnels soignants.    

« L’État paiera », a-t-il dit, ajoutant que les équipements de protection leur seraient alloués en priorité.    

Par ailleurs, il a annoncé le gel de toutes les réformes en cours, dont celle controversée des retraites, le report du deuxième tour des élections municipales qui était prévu dimanche et a assuré que l’Union européenne allait fermer pour 30 jours toutes ses frontières avec le monde extérieur. Une décision qui doit être approuvée mardi par les 27.    

Les contaminations en France progressent de manière inexorable, avec 1 210 cas et 21 décès en 24 heures, portant le total respectivement à 148 décès et 6 633 cas depuis le début de l’épidémie en France, a annoncé lundi le site officiel Santé publique France.    

Lundi soir, des bouchons se formaient à la sortie de Paris, preuve que de nombreux habitants de la capitale cherchaient à rejoindre la campagne, anticipant des mesures plus drastiques.    

« Rester dans 40 min 2 s à deux à Paris, ce n’est pas possible. Si j’ai la possibilité de bouger, je le fais », expliquait Hélène, une audioprothésiste de 28 ans qui part avec son conjoint vers Montpellier (Sud).    

Le couple a loué une voiture, « pour éviter le train et ne pas prendre de risques ».    

De nombreuses scènes de files d’attente dans des supermarchés aux rayons vidés ont également été constatées aux quatre coins du pays.    

  

L’UE ferme toutes ses frontières avec l’extérieur pendant 30 jours        

Le président français Emmanuel Macron a annoncé lundi la fermeture des frontières de l’Union européenne dès mardi midi ainsi que l’interdiction des déplacements non essentiels en France pour freiner la propagation de la pandémie de coronavirus.     

« Tous les voyages entre les pays non européens et l’Union européenne seront suspendus pendant 30 jours », a dit dans une allocution télévisée le chef de l’État, précisant que cette mesure entrait en vigueur dès « mardi midi » (7h locales, 11h GMT).     

En France, Emmanuel Macron a renforcé les restrictions des déplacements, en mettant en place un confinement qui ne dit pas son nom.     

Dès mardi midi, « pour 15 jours au moins, nos déplacements seront très fortement réduits », a-t-il déclaré dans cette intervention d’une vingtaine de minutes au ton très martial, pendant laquelle il a martelé à plusieurs reprises : « nous sommes en guerre ».     

« Les regroupements extérieurs, réunions familiales ou amicales, ne seront plus permis. Retrouver ses amis dans le parc dans la rue ne sera plus possible », a-t-il expliqué.     

 

 

« Toute infraction sera sanctionnée », a-t-il déclaré, sans donner davantage de détails sur les moyens qui seront employés pour faire respecter ces règles.     

Emmanuel Macron a par ailleurs annoncé le report du deuxième tour des élections municipales, à l’origine prévu pour le 22 mars, sans fournir de date.     

Le premier tour qui s’est déroulé dimanche a été marqué par une très forte abstention.     

Plus tôt dans la journée, son premier ministre Édouard Philippe avait fait savoir qu’il proposerait que le deuxième tour soit organisé le 21 juin.     

La France est un des foyers de l’épidémie provoquée par le coronavirus en Europe avec, selon un dernier bilan rendu public lundi soir, plus de 6 600 cas et 148 morts.