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Les pharmaciens d’établissements de santé : partenaires des patients

Suzanne Gilbert
Photo Chantal Poirier Suzanne Gilbert, chef adjointe, département de pharmacie du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal

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Les pharmaciens d’établissements de santé offrent des services et des soins pharmaceutiques aux patients des hôpitaux du Québec et dans certains CHSLD, notamment. Leurs interventions contribuent à prévenir les effets indésirables des médicaments ainsi qu’à réduire les visites à l’urgence, la durée d’hospitalisation et les coûts en médicaments.  

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À la pharmacie de l’hôpital, ils valident les ordonnances et supervisent la préparation des médicaments. On les retrouve aussi dans les équipes d’unités de soins et de cliniques externes d’hôpitaux. Ils y favorisent l’usage optimal des médicaments et la réussite de la pharmacothérapie.    

Personnalisation des soins  

En CHSLD, ces pharmaciens as‐​sument un rôle important auprès des patients. Le Projet d’évaluation de la personnalisation des soins (PEPS) au CIUSSS de la Capitale-Nationale l’a bien démontré. Travaillant dans l’équipe de soins, les pharmaciens de deux CHSLD ont revu les dossiers des résidents pour évaluer l’ensemble de leur médication, y apporter des modifications au besoin et, lorsque possible, diminuer le nombre de médicaments pour réduire les effets indésirables qui y sont associés.    

  

Rachel Rouleau, chef adjointe, département de pharmacie du CIUSSS de la Capitale-Nationale
Photo Stevens LeBlanc
Rachel Rouleau, chef adjointe, département de pharmacie du CIUSSS de la Capitale-Nationale

  

« Le PEPS a permis d’améliorer le confort des patients et la qualité des soins. Il faut soupeser les risques que comportent certains médicaments pour les aînés. Parfois, leurs effets indésirables dépassent leurs bienfaits. Il s’avère alors pertinent d’en retirer un ou plusieurs de la liste. En un an, le nombre de résidents qui recevaient 10 médicaments ou plus a diminué de moitié et le nombre moyen de médicaments potentiellement inappropriés a baissé de 30 % », se réjouit la pharmacienne qui a initié et coordonné le projet, Mme Rachel Rouleau.   

« Le PEPS a optimisé l’organisation du travail de l’équipe de soins. Il mise sur le plein exercice des compétences de chaque professionnel pour répondre aux besoins des patients. Il réduit le chevauchement de tâches. C’est motivant pour tous », ajoute-t-elle.    

L’infirmière évalue les résidents. Le médecin établit le diagnostic et la cible de traitement. Le pharmacien prescrit et fait le suivi des médicaments. Il prend en charge de façon autonome l’ensemble de la pharmacothérapie.    

Étant donné son succès, cette approche a été déployée dans tous les CHSLD du CIUSSS de la Capitale-Nationale et est en voie de l’être dans d’autres CHSLD au Québec.    

Améliorer l’usage des antipsychotiques  

Les pharmaciens d’établissements sont aussi très engagés dans la démarche Optimisation des pratiques, des usages, des soins et des services-Antipsychotiques (OPUS - AP). D’abord implantée dans 24 unités de soins au Québec, celle-ci visait à identifier les résidents qui prenaient des antipsychotiques et à revoir l’ensemble de leur médication pour évaluer si certains pouvaient s’en passer. Les antipsychotiques sont des médicaments destinés au traitement de la schizophrénie, de la maladie affective bipolaire et de la dépression majeure.   

« Comme pharmacienne, ce que je veux c’est améliorer la qualité de vie de mes patients. Chez les aînés atteints, par exemple, de la maladie d’Alzheimer et qui présentent des symptômes comportementaux et psychologiques de la démence (SCPD), les antipsychotiques peuvent entraîner plus de risques que de bienfaits et ne sont pas d’emblée indiqués pour traiter les SCPD. Les pharmaciens, en collaboration avec les équipes de soins et les familles, ont ciblé les résidents chez qui le sevrage d’antipsychotiques pouvait être tenté. Au terme de la première phase de la démarche, les antipsychotiques ont été cessés chez 53 % des résidents et la dose réduite chez 33 % », explique Suzanne Gilbert, pharmacienne-conseil de la démarche OPUS-AP travaillant au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal. « Pour certains patients, ça signifie retrouver la capacité de se déplacer ou de parler. »   

Infirmières, préposés, médecins et pharmaciens se sont familiarisés avec les troubles neurocognitifs majeurs (souvent appelés démences) et leurs symptômes comportementaux, à savoir comment les reconnaitre et établir une communication avec les personnes qui en souffrent. « Chaque semaine, l’équipe discutait du cas d’un résident pour améliorer ses symptômes et diminuer la prise d’antipsychotiques. Chacun apportait son expertise », souligne Mme Gilbert, précisant que la démarche devrait être implantée bientôt à l’échelle du Québec.   

FORMATION 

La majorité des pharmaciens d’établissements de santé détiennent un diplôme universitaire de deuxième cycle aujourd’hui intitulé Maîtrise en pharmacothérapie avancée.