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Des étudiants sont coincés au Maroc

Les jeunes de McGill et leur professeur exhortent le gouvernement fédéral à les rapatrier en urgence au pays

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Photo courtoisie, Robert Collar Émilie Saucier et un groupe d’étudiants de l’Université McGill sont coincés à Casablanca, au Maroc, après l’annulation de leur vol vers Montréal, dimanche.

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Un groupe d’étudiants québécois sont coincés au Maroc depuis dimanche, après l’annulation sans préavis de leur vol de retour vers Montréal.  

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« Dans l’aéroport, c’était carrément la panique. [...] Tout le monde se bousculait ! » témoigne Émilie Saucier, contactée hier.  

« On se sent loin. J’aimerais ça être avec ma famille », confie la résidente de Saint-Basile-le-Grand, en Montérégie.  

Étudiante en géologie à l’Université McGill de Montréal, la jeune femme de 20 ans et son groupe sont partis pour un voyage scolaire au Maroc, le 27 février.  

Vols suspendus   

Les cinq étudiants, accompagnés d’un professeur, devaient rentrer à Montréal, dimanche. Or, leur voyage a brusquement pris fin à Casablanca, puisque le Maroc a suspendu tous ses vols internationaux jusqu’à nouvel ordre, en raison du coronavirus.  

« On n’avait aucune information qui nous laissait croire que le Maroc allait fermer ses frontières. Le nombre de cas [de la COVID-19] était vraiment bas. On n’aurait pas pu penser qu’ils annuleraient les avions », dit Mme Saucier.   

Questionnée sur l’ambiance à l’aéroport, elle avait l’impression d’être prise au cœur d’une « manifestation ». Étant donné les risques de contagion, le groupe a décidé de sortir de là au plus vite et de se réfugier en ville.  

D’ailleurs, le professeur qui accompagne les étudiants, Anthony Williams-Jones, est âgé de 75 ans. Il est donc plus à risque de complications s’il contracte le virus.  

« Il est en pleine forme et il fait ce genre de voyages depuis 40 ans », assure son fils, Bryn Williams-Jones, qui s’inquiète malgré tout.   

Le groupe souhaite que le gouvernement fédéral du Canada rapatrie les touristes coincés à l’étranger.   

« Organisez des vols »   

« On est dans un contexte de crise, on a besoin d’agir fortement et démontrer qu’on est là au secours de la population, dit Bryn Williams-Jones, professeur en bioéthique à l’Université de Montréal. Arrêtez de niaiser, mobilisez les avions, rassemblez les citoyens dans les grandes villes et organisez des vols. »  

« C’est une question de responsabilité morale. L’État a l’obligation de protéger ses citoyens », lance-t-il.   

En attendant, le groupe de jeunes s’est loué un appartement à Casablanca pour un mois. Hier, les autorités marocaines ont annoncé la fermeture « jusqu’à nouvel ordre » des cafés, des restaurants, des salles de théâtre et de cinéma.  

Pour le moment, les Québécois se sont réfugiés dans un hôtel, pour éviter les foules et se nourrir.   

« On essaie vraiment fort de retourner à Montréal. Plus on attend, plus les cas vont s’escalader », dit Mme Saucier.   

Hier soir, le groupe a réservé des places sur un vol prévu le 23 mars, opéré par Air Canada. Il espère que le fédéral prenne les démarches pour assurer le décollage.  

– Avec l’AFP