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Chute de deux roquettes près de la Zone verte à Bagdad

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BAGDAD | Deux roquettes se sont abattues mardi près de la Zone verte de Bagdad où siège l’ambassade des États-Unis, a indiqué à l’AFP un responsable de la sécurité, deuxième attaque de la journée en Irak.  

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Les deux roquettes sont tombées en soirée dans le quartier résidentiel d’al-Jadriya, qui borde la Zone verte, endommageant un immeuble d’habitation et faisant trois blessés, a-t-il précisé. Le matin, une base militaire au sud de la capitale abritant des soldats de la coalition antidjihadiste emmenée par Washington a été visée par plusieurs roquettes.  

Un ex-gouverneur chargé de former un gouvernement dans un Irak sous tension 

Un ancien gouverneur de la ville sainte chiite de Najaf, Adnane Zorfi, a été chargé mardi de former un gouvernement en Irak, où de nouvelles attaques à la roquette ont visé des troupes étrangères et la Zone verte de Bagdad.

En soirée, alors que M. Zorfi annonçait son programme pour sortir le pays du marasme politique, économique et social, deux roquettes se sont abattues dans un quartier résidentiel de Bagdad bordant l’ultra-sécurisée Zone verte où siège l’ambassade des États-Unis. Cinq personnes ont été blessées.

C’est la quatrième attaque du genre en moins d’une semaine dans le pays, deuxième producteur de l’OPEP, touché de plein fouet par la chute des cours du pétrole et les tensions entre Américains et Iraniens, ses deux grands alliés.

Après la démission en décembre du gouvernement d’Adel Abdel Mahdi sous la pression d’un mouvement de contestation populaire déclenché en octobre, un candidat, Mohammed Allawi, avait été désigné pour former un nouveau gouvernement, mais avait jeté l’éponge face aux divisions au Parlement.

C’est désormais M. Zorfi, 54 ans, qui a 30 jours pour former un cabinet et le faire accepter par le Parlement, puis organiser des élections anticipées et faire voter un budget qui s’annonce largement déficitaire.

Signe que la confiance du Parlement est loin d’être acquise, le deuxième bloc à l’assemblée, celui des paramilitaires pro-iraniens du Hachd al-Chaabi, a dénoncé sa nomination comme « anticonstitutionnelle », promettant de « tout faire pour empêcher cet acte illégal ».

Ex-membre du parti Daawa, opposé au dictateur Saddam Hussein, M. Zorfi a présenté son programme, promettant des élections sous un an et « l’interdiction de toute arme hors du contrôle de l’Etat ».

25 attaques

Selon un haut responsable gouvernemental, la marge de manœuvre de M. Zorfi sera limitée.

Les politiciens qui se sont mis d’accord sur son nom veulent « une personnalité qui n’est pas dans la confrontation » et ne bouleverserait pas l’ordre établi dans le seizième pays le plus corrompu au monde, a-t-il dit à l’AFP sous couvert de l’anonymat.

Parmi les dossiers qui l’attendent, figure celui de la présence des troupes américaines en Irak.

Après la mort du puissant général Qassem Soleimani, émissaire de Téhéran en Irak, tué dans une frappe américaine en janvier à Bagdad, la majorité -chiite- du Parlement a appelé l’exécutif à expulser les troupes étrangères menées par Washington présentes depuis 2014 pour combattre le groupe jihadiste État islamique (EI).

Depuis, les tirs de roquettes sur des bases abritant des troupes de la coalition, notamment américaines, ont repris de plus belle.

Mardi avant l’aube, des projectiles se sont abattus sur la base de Basmaya au sud de Bagdad, où sont postées des troupes de la coalition et de l’OTAN.

Depuis fin octobre, 25 attaques ont visé les intérêts américains ou de la coalition en Irak.

Aucune n’a été revendiquée. Washington a accusé les brigades du Hezbollah, l’une des factions chiites pro-Iran les plus radicales du pays, d’être derrière les tirs, et Bagdad de ne rien faire pour les arrêter.

Les autorités irakiennes assurent ne pas parvenir à en découvrir les auteurs.

Le 11 mars, des tirs de roquettes ont tué deux soldats américains et une soldate britannique. Des frappes américaines de représailles visant, selon Washington, les brigades du Hezbollah, ont tué cinq soldats et policiers et un civil.

Vols interrompus

Mardi, des responsables de la coalition ont indiqué à l’AFP que des centaines de soldats postés sur trois bases en Irak seraient redéployés ailleurs dans le pays ou au-delà de ses frontières.

Si la révolte populaire a été éclipsée par les tensions irano-américaines et le nouveau coronavirus, un manifestant a été tué lundi à Bagdad selon des sources médicales, portant à plus de 550 le nombre de morts depuis le début de la contestation en octobre.

Ce mouvement, qui dénonce la corruption et l’indigence des services publics, se poursuit, mais avec moins de manifestants.

Jusqu’ici, officiellement, l’Irak a recensé 12 morts et 154 contaminations, des chiffres mis en doute par de nombreux Irakiens. Des couvre-feux sont imposés dans la moitié des provinces.

Le grand ayatollah Ali Sistani a interdit les prières collectives et déclaré que les soignants qui mouraient du nouveau coronavirus seraient des « martyrs ».

Bagdad est entrée mardi soir en état de couvre-feu pour six jours et les liaisons aériennes ont été interrompues pour une semaine.