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De lourdes conséquences

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Photo d'archives, AFP Chaque année, les séries éliminatoires nous font découvrir de nouveaux héros, comme Jordan Binnington, l’an dernier. Mais y aura-t-il des séries, cette année ?

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Ouf ! Nous vivons une période d’inquiétude et malgré notre passion pour le hockey, on voit qu’il y a des choses bien plus importantes que le sport. 

Il faut d’abord protéger notre santé ainsi que celle des autres et rester positifs. D’ailleurs, je commence par saluer les efforts de plusieurs joueurs de hockey, comme Sergei Bobrovsky et ses coéquipiers des Panthers de la Floride, qui ont offert de payer les employés du BB&T Center pour le manque à gagner à la suite de la suspension de la saison. 

On a vu plusieurs beaux gestes du genre à travers la ligue. C’est également très bien que les joueurs prennent le temps de s’adresser aux partisans via les médias sociaux. C’est important de maintenir un lien. 

Les athlètes ont un certain magnétisme et il ne faut pas se le cacher, plusieurs de leurs admirateurs vivent, ou vivront bientôt, des moments difficiles sur le plan personnel. Leur donner de l’espoir en pleine crise économique et sanitaire est important. 

Ceci dit, mes espoirs de revoir du hockey dans les deux prochains mois sont pratiquement nuls. La LNH a pris une bonne décision en permettant aux joueurs de retourner chez eux. C’est le temps d’être avec ses proches. 

Le scénario optimiste de la LNH est de reprendre les activités dans 45 jours. Honnêtement, j’ai de la misère à y croire puisqu’on n’a pas encore atteint le pic de la crise du coronavirus. Est-ce que dans 45 jours, cette crise sera déjà derrière nous ? J’en doute. 

Plusieurs joueurs devront se mettre en quarantaine après un séjour à domicile. De plus, il faudra tenir des camps d’entraînement d’au moins une semaine, comme au retour des Jeux olympiques. On ne peut pas imaginer retourner à la compétition comme ça, surtout si on redémarre les activités avec les séries éliminatoires ou encore avec un tournoi spécial pour déterminer les équipes repêchées. 

Les joueurs en danger 

Avec une reprise hâtive, les risques de blessures seraient très grands à mon avis et il me semble impensable de remplir les arénas dans un avenir rapproché. Jouer devant des gradins vides me semble également improbable, d’autant plus qu’il faudrait quand même voyager. 

J’ai le réflexe de dire qu’on pourrait faire payer à la carte pour regarder des matchs éliminatoires à la télé. Ça pourrait aider à compenser les pertes de revenus, mais le hockey est un sport de contacts. Les joueurs suent à grosses gouttes dans un match et, sans être un expert, j’ai bien l’impression que dans 45 jours, les risques de transmission du virus seront encore bien réels. Les joueurs seraient à risque. 

On ne peut toujours pas remettre la coupe Stanley au mois d’août, et d’après moi la date ultime serait le 4 juillet, mais à mon avis, il n’y aura pas de coupe, comme en 1919. 

Fortes répercussions 

Si les séries éliminatoires étaient annulées, les propriétaires encaisseraient des pertes de revenus majeures, mais ce n’est que la pointe de l’iceberg. L’augmentation prévue au plafond salarial serait révisée à la baisse. 

Il y aurait aussi augmentation de la part du salaire retenue en fiducie (escrow) pour la prochaine saison. Les joueurs perdraient beaucoup d’argent. Quant aux équipes accotées au plafond salarial, elles auraient de gros casse-têtes. 

Les héros du printemps 

Année après année, les séries éliminatoires nous font découvrir de nouveaux héros, des joueurs qui créent des attentes et qu’on a hâte de revoir la saison prochaine. Tous les yeux étaient rivés sur les Blues de St. Louis, cette saison, et, notamment, sur leur nouveau gardien vedette, Jordan Binnington. 

Selon toute vraisemblance, il n’y aura pas de nouveaux héros cette année, ni dans la LNH, ni dans le junior, ni dans la Ligue américaine. Les héros seront les gens œuvrant dans le domaine de la santé. 

Prenez soin de vous ! 

Entrefilets 

Situation frustrante

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Photo d'archives, AFP

Je sympathise avec tous les joueurs de hockey et surtout ceux qui se dirigeaient vers une saison exceptionnelle. Arrêter de jouer doit vraiment être frustrant pour des gars au sommet comme Alex Ovechkin ou Leon Draisaitl, par exemple. Ovechkin se dirigeait vers une 9e saison de 50 buts (il en avait 48). Draisaitl connaissait la saison de sa vie (43 buts et 67 aides pour 110 points). Ça doit également être très frustrant pour les équipes qui avaient le vent dans les voiles. Si le hockey recommence dans quelques semaines, est-ce qu’on va réussir à recréer la chimie ? La situation est également décevante pour certains joueurs qui connaissaient une saison ordinaire et qui espéraient se racheter en séries. Pour les plus âgés, c’est également déplorable. Est-ce que la carrière de Henrik Lundqvist est terminée ? 

Le développement 

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Photo d'archives, Martin Chevalier

Je ne peux m’empêcher de penser aux joueurs des ligues mineures qui n’ont pas les salaires des joueurs de la LNH et qui vont subir des pertes de revenus, mais si les activités ne reprennent pas, ça va faire mal à des joueurs en développement comme Ryan Poehling et Cayden Primeau, par exemple. Ils auraient pu profiter des séries éliminatoires de la Ligue américaine pour se hisser à un autre niveau. Ces jeunes sont privés d’une opportunité de développement extraordinaire. 

Le repêchage 

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Photo d'archives, Agence QMI

Pour les joueurs en année de repêchage, l’annulation des séries éliminatoires serait une opportunité ratée. Certains profitent des séries éliminatoires pour gagner des rangs et même des rondes en ce qui concerne leur sélection. De plus, il y a lieu de se demander si le repêchage aura bel et bien lieu au Centre Bell ou si on ne procédera pas par conférence téléphonique. Je rêvais d’un scénario dans lequel le Canadien repêchait Alexis Lafrenière à Montréal. Disons que même par téléphone, je le prendrais pareil. 

— Propos recueillis par Gilles Moffet