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Les migrants continuent d’entrer au rang Roxham

Seul le gouvernement fédéral peut ordonner la fermeture du rang Roxham en Montérégie

Immigrants qui entre aux pays par le cchemin Roxham à Hemmingford,
Photo Ben Pelosse Une famille de demandeurs d’asile s’est présentée au rang Roxham, en Montérégie, mardi. Ils ont été pris en charge par les services frontaliers et la police.

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SAINT-BERNARD-DE-LACOLLE | Les frontières ont beau avoir en grande partie été fermées, le rang Roxham et les autres points d’entrée irréguliers restent encore ouverts et continuent d’accueillir à bras ouverts les migrants. 

« Le gouvernement fédéral demande des contraintes à ses citoyens comme de rester à la maison, tout en permettant à des gens d’entrer au pays sans contrôle, en raison de son inaction. Ce n’est pas cohérent », a commenté l’avocat spécialisé en immigration Stéphane Handfield. 

Pas plus tard que mardi, alors que le Québec est en état d’urgence sanitaire, Le Journal a pu constater l’arrivée d’une famille cherchant asile au Canada. Un couple, accompagné d’un enfant en bas âge que la femme serrait dans ses bras, s’est présenté au rang Roxham avec ses valises.  

Chaque semaine, ce chemin de terre en Montérégie accueille une centaine de migrants irréguliers qui arrivent de l’État de New York, aux États-Unis. 

Quarantaine volontaire 

Cette famille a ainsi été accueillie par des agents portant des masques de protection.  

Environ une heure plus tard, elle est partie en autobus, sans masques. L’Agence des services frontaliers du Canada assure toutefois qu’ils ont subi « un test de dépistage ». 

« Des entrevues individuelles sont faites avec les demandeurs d’asile afin d’établir leurs antécédents de voyage et d’évaluer leur état de santé, y compris l’observation de symptômes, a affirmé une porte-parole. Les Canadiens peuvent avoir confiance dans les mesures prises par nos agents pour atténuer le risque d’entrée de la COVID-19 à tous les points d’entrée du pays. » 

Selon la procédure, les migrants ont ensuite été envoyés à Montréal, où il leur sera demandé de se placer en quarantaine volontaire pour 14 jours en raison de la pandémie du coronavirus.  

« Nos centres ne sont pas pleins en ce moment, pas du tout. Mais il va peut-être venir le moment, si on ne diminue pas le nombre [de migrants], où les centres seront pleins », a expliqué la PDG du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, Francine Dupuis. 

Les tiers pays sûrs 

Le seul moyen de fermer le rang Roxham et les autres points d’entrée irréguliers serait de suspendre l’Entente sur les tiers pays sûrs entre le Canada et les États-Unis, explique Me Handfield.  

« [Les migrants] devraient alors passer par le poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle [à quelques kilomètres de là] où il y aurait des ressources sanitaires », a-t-il commenté. 

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a lui aussi réclamé mardi que les points d’entrée irréguliers soient scellés. 

« Les USA sont le foyer de contagion le plus menaçant », a-t-il écrit sur Twitter. 

Québec est en discussions avec Ottawa afin d’éviter que les migrants irréguliers se retrouvent tous à Montréal, dans des centres d’hébergement qui pourraient finir par déborder si l’afflux ne ralentit pas, d’après TVA Nouvelles, .