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Maudite bidoune...

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La bidoune, ce n’est pas une gougoune, ni une moumoune, une toutoune ou une baboune, une minoune ou une nounoune. Ce n’est surtout pas une foufoune. 

C’est un mot hébreu qu’on croirait inventé pour le Québec, comme un petit rayon de soleil pour percer les nuages de cette tempête. 

Nos parents sont en bidoune. Les voyageurs sont en bidoune. Ceux en attente de tests sont en bidoune

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Vous l’aurez compris, la bidoune, c’est le mot qu’on utilise en Israël pour désigner l’isolement volontaire dont le spectre se propage trop rapidement pour qu’on ait le temps de le digérer. 

La bidoune, ce sont des milliers de grands-parents au cœur brisé de ne pas pouvoir contribuer à cet effort collectif en gardant leurs petits-enfants. Des milliers de parents confrontés à un choix déchirant entre s’occuper de leurs petits ou perdre leur emploi. C’est aussi le sort angoissant qui attend inévitablement des médecins, infirmières, et autres membres du réseau de la santé qui sont aux premières lignes de cette mobilisation contre cet ennemi encore trop méconnu qu’est la COVID-19. 

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Un casse-tête collectif 

La bidoune, c’est aussi notre devoir les uns envers les autres. Le devoir de la discipline absolue quant au respect des consignes de santé publique. 

Et c’est loin d’être simple. Après tout, nous passons notre vie à faire des petits compromis. Vitesse sur l’autoroute, lavage des mains, mensonges blancs, « caller malade » un vendredi. Tourner les coins ronds, par moments, fait partie de nos réflexes. Un brin de flexibilité qu’on s’accorde pour gérer nos vies effrénées. 

C’est fini. Pas le choix. Oui, c’est cruel. 

Pour mes deux sœurs et ma mamie barricadées chez elles, et pour vous tous, je l’espère, évoquer la bidoune au lieu de l’isolement volontaire me semble une petite astuce rigolote pour nous faire sourire quand on en aura ras le bol et qu’il faudra maintenir le cap.