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Un virus qui cause des millions $ en pertes

Chasse et pêche
Photo courtoisie Plusieurs intervenants du monde de la chasse et de la pêche n’ont pas eu tellement de temps pour offrir leurs produits aux amateurs puisque le salon Plein air, Chasse, Pêche et Camping, n’a duré que six heures au lieu des quatre jours prévus.

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Les mesures prises par le gouvernement touchant la vague de contamination au coronavirus qui touche le monde entier pourraient entraîner des pertes de plusieurs millions de dollars dans le monde de la chasse et de la pêche au Québec.

Tout cela a débuté jeudi dernier alors que le Salon plein air chasse, pêche et camping de Québec a été annulé.

« Nous sommes parfaitement conscients que les mesures prises par le gouvernement visent d’abord et avant tout à protéger la santé publique et nous sommes d’accord, sauf que cela a des impacts financiers très importants, affirme le responsable du Salon pour les Salons nationaux des Sportmans, monsieur Roger Saint-Laurent. On parle de centaines de milliers de dollars en termes d’installations, de transport de matériel, de personnel, de location du Centre de Foires, de pertes à la billetterie, de campagne publicitaire, autant d’éléments qui font partie intégrante de la tenue d’un tel évènement. Je n’aurais jamais cru vivre une telle chose. »

Mentionnons qu’en plus du salon de Québec, les Sportmans du Canada ont vu les salons d’Edmonton et Toronto annulés eux aussi.

PERTES EN POURVOIRIES

Si la tendance se maintient en termes d’annulation, les responsables de la Fédération des pourvoiries du Québec estiment que les pertes pour la saison 2020 dépasseraient les 2 M$.

« Nous sommes extrêmement inquiets parce que si la situation ne se résorbe pas rapidement, certaines pourvoiries seront en situation financière très précaire, lance le président directeur général de la Fédération, monsieur Marc Plourde. Nous sommes parfaitement en accord avec le gouvernement qui place d’abord et avant tout la santé publique au premier plan en imposant des mesures strictes sauf que cela a une incidence directe sur l’avenir pour plusieurs joueurs de l’industrie. »

Voulant connaître exactement l’impact qu’avait la COVID-19 sur les pourvoiries, la Fédération a procédé à un sondage.

On y apprend que depuis que la bataille est commencée, les pourvoiries sondées indiquent qu’elles ont enregistré 20 % d’annulations en rapport direct avec le virus et les mesures mises en place. Ces annulations proviennent de gens du Québec à 28 % et de l’étranger dans une proportion de 52 %.

« Il faut espérer maintenant que les choses vont se tasser assez rapidement pour que les Québécois reviennent sur leurs décisions et choisissent de vivre des séjours en nature où les regroupements de grosses foules sont à peu près inexistants. » Les annulations touchent principalement les séjours de pêche et de villégiature. Il restait deux vitrines principales pour les pourvoyeurs leur permettant de rencontrer les amateurs soit les salons de Sherbrooke et de Trois-Rivières. Ils ont tous deux été annulés.

Toutes les campagnes de promotion hors Québec ont été annulées par l’Alliance touristique du Québec. Gageons que les efforts seront plutôt investis pour vendre le Québec aux Québécois (es).

SÉPAQ

Joueur important dans le monde de la chasse et de la pêche, la Société des établissements de plein air (Sépaq), doit elle aussi se débattre avec cette situation difficile.

« La Sépaq comprend tout à fait que le sérieux de la situation actuelle justifie amplement la fermeture des salons. Il va de soi que les impératifs de santé publique doivent primer dans les circonstances », pouvait-on lire dans la missive que le Journal a reçue concernant les conséquences de la COVID-19 pour l’organisation.

On y souligne que bien que les salons soient des occasions privilégiées pour les amateurs de rencontrer les experts de la Sépaq afin de connaître les offres et les disponibilités, les gens peuvent toujours communiquer avec eux via Internet ou le téléphone. Les promotions prévues au Salon seront honorées jusqu’au 22 mars pour toutes les réservations faites par téléphone.

LES MARCHANDS

Lors du Salon chasse et pêche, de nombreux marchands et vendeurs de produits de toutes sortes sont sur place pour offrir leurs produits aux amateurs

« Pour nous, c’est le plus gros évènement de l’année, mentionne monsieur François Latulippe. Seulement en frais pour l’exposition, cela représente plus de 70 000 $, excluant la main-d’œuvre. Nous sommes là pour rencontrer les consommateurs et présenter nos produits. Les ventes faites au salon nous permettent habituellement de couvrir les frais, sauf que là, c’est une perte nette pour nous. Nous avons tenté de reproduire le salon en magasin durant la fin de semaine, mais l’impact ne sera pas le même. Heureusement pour nous, notre site internet explose littéralement. »

Il reconnaît toutefois que les mesures prises sont nécessaires si on veut véritablement éviter le pire.

« Nous appuyons les décisions du gouvernement. De notre côté, nous suivons à la lettre les recommandations de l’Agence de santé du Canada en ce qui a trait aux mesures d’hygiène autant pour la clientèle que pour les travailleurs dans nos magasins. »

Le même son de cloche nous a été donné par le guide Bruno Morency, qui était sur place pour vendre sa gamme de produits et les gens de la boutique Écotone de Beaupré. Ce qui n’a pas été acheté au salon par les consommateurs, risque de faire mal à tout le monde.

Au cours des prochains jours, il ne faudrait pas se surprendre de voir apparaître différentes promotions ou rendez-vous proposés aux amateurs de chasse et de pêche pour essayer de rattraper le tout. Par exemple, afin de respecter la norme d’interdiction des rassemblements de 250 personnes et plus, Michel Langlois de Grand Safari Canada Africa, a décidé d’offrir des rencontres privées avec projection de films. Il ne sera certainement pas le seul à chercher une nouvelle voie.

Au final, seul le temps pourra donner la réponse véritable sur l’ampleur des dégâts. Tous les intervenants se croisent les doigts et espèrent.