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Joey Savoie garde le cap en Arizona

Le Québécois évolue sur un rare circuit toujours en activités

Joey Savoie
Photo d'archives, François-David Rouleau

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Pendant que les circuits majeurs annulent des tournois en Amérique, en Europe et en Asie, quelques circuits mineurs continuent leurs activités malgré la pandémie de COVID-19. C’est notamment le cas du circuit Outlaw, au sein duquel le Québécois Joey Savoie poursuit sa saison.

À ses premiers pas chez les pros, Savoie en voit de toutes les couleurs en Arizona. Contrairement à la majorité des athlètes, il ne fait pas de pause. Il n’aurait jamais cru que ce circuit hivernal proposant d’alléchantes bourses soit pris d’assaut par les golfeurs des circuits de la PGA. 

En cette période d’incertitude tandis que les tournois sont annulés jusqu’à la mi-mai sur les six circuits de la PGA, les meilleurs golfeurs cherchent à garder la forme. 

L’athlète de 25 ans, fort d’une seconde place à sa première sortie officielle en tant que professionnel, ne pouvait espérer meilleur défi. La semaine prochaine à Lietchfield Park, en banlieue de Phoenix, il se frottera à des joueurs ayant joué sur le circuit Monahan. Le Canadien Nick Taylor, vainqueur du Pro-Am AT&T à Pebble Beach en février, devrait y participer. 

Un effet secondaire de la pandémie paralysant le sport professionnel. 

« Pour l’instant, le Outlaw Tour continue d’opérer, à moins d’une indication contraire des autorités locales ou du président. On voit de plus en plus de gars du PGA Tour nous rejoindre. Les dirigeants du circuit sont morts de rire », explique Savoie au cours d’une entrevue téléphonique avec Le
Journal depuis l’Arizona. 

« C’est bénéfique pour mon développement de jouer face aux meilleurs », ajoute le représentant du club Pinegrove. 

Dans un autre monde

Joint dans une petite communauté au sud de Phoenix tandis qu’il venait de compléter sa ronde de la Classique Western Skies, le Québécois avait l’impression de vivre dans une cloche de verre. Il demandait des nouvelles des mesures sanitaires dans la Belle Province. 

« Sérieusement, la vie n’a pas changé ici. C’est comme si on vivait dans un autre monde. Je sens une atmosphère normale dans les clubs de golf. Les gens sont relax. C’est alarmant, car je vois la panique à l’extérieur, raconte Savoie, bouche bée par la tournure drastique des événements dans son univers. 

« Je fais attention quand je sors de chez moi et quand je visite les endroits publics, poursuit-il. Je ne ferai pas le crétin. »

Comme la situation évolue à grande vitesse, moins de 12 heures après l’entrevue de Savoie, l’Arizona annonçait mercredi avant-midi un 27e cas d’infection. Le Grand Canyon State passait ainsi de 2 à 27 cas. 

Pas de retour

Devant les mesures gouvernementales annoncées par les autorités américaines et canadiennes, Savoie ne prévoyait pas rentrer au Québec. Prenant les précautions nécessaires, il préfère poursuivre sa saison sous le soleil tandis qu’il reste encore quatre tournois au calendrier du circuit Outlaw.  

L’annulation des activités de la PGA le contraint aussi à rester en Arizona, endroit où il devait participer aux qualifications du circuit Mackenzie à la fin de mars. Celles-ci auront plutôt lieu à la fin de mai. 

Si la saison des six circuits de la PGA devait être annulée, Savoie rentrera à la maison. D’ici quelques semaines, il sera fixé sur son avenir à court terme, espérant que cette première saison professionnelle ne tombe pas complètement à l’eau.

Chez les femmes, le circuit Cactus poursuit ses opérations dans l’Ouest américain. Des tournois supplémentaires sont même ajoutés.

Toutes voiles versle Québec

Au moment où Justin Trudeau et Donald Trump annonçaient la fermeture de la frontière canado-américaine en matinée, mercredi, des athlètes québécois avaient paqueté leur voiture pour mettre le cap vers le Québec.

C’est notamment le cas du golfeur Étienne Brault, qui a traversé la frontière tout juste à temps, dans la nuit de mardi à mercredi, en provenance d’Orlando. Une trotte de 2300 kilomètres réalisée en 23 heures. 

Le golfeur, ayant récemment fait ses débuts chez les pros, avait accompli sa mission primaire en se qualifiant provisoirement sur le circuit canadien de golf.

Il était inutile de rester à Champions Gate.

« Aux États-Unis, ils n’ont pas la notion de ce qui se passe. C’était le calme avant la tempête, a relaté Brault, en début d’isolement depuis le sous-sol de la maison familiale. C’est bien que le Québec ait pris la pandémie avec sérieux. C’est mieux être ici que là-bas. » 

Branle-bas de combat

Valérie Tanguay espère aussi rentrer d’ici quelques jours, apprenant la fermeture de la frontière canadienne lors d’une discussion avec Le Journal

« Rester ici était une option, mais si les terrains de golf devaient fermer, je ne serais pas plus avancée », a mentionné la golfeuse de Saint-Hyacinthe, qui a vu sa saison sur le circuit Women’s All Pro Tour (WAPT) être suspendue le week-end dernier. 

« Je ne veux pas prendre de chance et revenir chez moi, a expliqué celle qui prévoyait faire le trajet en train jusqu’en Virginie et ensuite conduire jusqu’à la maison. Jusqu’à présent, on nous dit qu’on reprendrait l’action en mai. C’est donc deux mois sans revenus. » 

Parmi les athlètes universitaires, Étienne Papineau est rentré de la Virginie le week-end dernier après avoir vu une promettante fin de saison partir en fumée.

Rappelons que la NCAA a annulé tous ses championnats. 

Céleste et Malik Dao étaient encore en Floride hier. Malik préparait un tournoi amateur dans la région d’Orlando tandis que Céleste était à l’entraînement à West Palm Beach.

Dans le chaos, leur père prévoyait un retour au Québec prématuré.