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L’autre crise

pandemie coronavirus
Photo Simon Clark Ici comme ailleurs, les crises seront nombreuses. Sans être fatalistes, nous devons être lucides, résilients et déterminés.

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La crise qui occupe le plus de place dans l’espace médiatique est celle qui touche la santé publique. Mais il y a l’autre crise, celle qui pourrait être encore plus profonde.

Évidemment, on ne peut pas reprocher à nos décideurs de tout mettre en œuvre pour tenter de protéger la population de cette satanée COVID-19.

Soigner les malades, s’assurer de la disponibilité des ressources, tant matérielles que physiques. Poser des gestes pour notre sécurité.

Tout cela est tout aussi compréhensible que souhaitable. Mais depuis les balbutiements de la crise, je m’en fais encore davantage pour l’aspect social de la situation actuelle. C’est elle, l’autre crise.

Multiples facettes

Ses ramifications sont telles qu’on en vient à avoir des vertiges quand on y songe sérieusement.

Au premier chef, les enjeux économiques qui se font déjà sentir. Ceux-ci risquent fort d’être le coup de canon qui déclenchera une avalanche de problèmes tout aussi nombreux que distincts.

On parle déjà beaucoup de l’effondrement des bourses et des pertes que cela représentera, par exemple, pour les fonds de pension et autres régimes d’épargne des retraités.

Et que dire de la situation de centaines de milliers de travailleurs au pays, qui voient leur quotidien être chamboulé. Qui se demandent du jour au lendemain comment ils pourront payer le loyer, l’épicerie.

Car s’il faut reconnaître qu’on a rapidement agi pour inciter les gens à risque de propager le virus à rester chez eux, tout en minimisant les pertes financières, il en est tout autre pour tant de travailleurs touchés indirectement.

Les employés de la restauration, des bars, ou encore des hôtels, qui voient leurs emplois être carrément mis sur la glace pour je-ne-sais-trop combien de temps.

Cette crise, elle aura un impact sur le taux de pauvreté. Et qui dit pauvreté, dit violence conjugale. Dit criminalité. Dit détresse psychologique. Et j’en passe.

Et ce sera là l’ultime défi des dirigeants de notre monde.

Le travail commence

Tous s’entendent pour dire que François Legault fait dans l’ensemble un travail absolument remarquable depuis une semaine.

Mais ce travail, il ne fait que commencer. S’il est absolument vrai que nos travailleurs de la santé seront surtaxés au cours des prochaines semaines et prochains mois, c’est également vrai pour celles et ceux qui doivent prendre d’importantes décisions.

D’autant plus que la belle collaboration collective risque fort de faire place à la frustration, à l’incompréhension, à la détresse.

Si un dirigeant comme François Legault doit maintenir le cap et continuer à demeurer en contrôle, la situation est différente pour son homologue fédéral.

Justin Trudeau devra se ressaisir. Encore une fois, son manque de leadership et sa faiblesse marquent les esprits.

Mais ni lui ni nous ne pouvons abdiquer. Les Canadiens auront plus que jamais besoin d’un chef d’État qui n’hésitera pas à faire ce qu’il faut.

Ici comme ailleurs, les crises seront nombreuses. Sans être fatalistes, nous devons être lucides, résilients et déterminés. Ainsi, nous passerons au travers.