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COVID-19: Des camionneurs se sentent traités comme des animaux

Chaque jour, deux milliards de dollars de marchandises transitent entre la frontière des États-Unis et du Canada.

Camionneur vitesses
Photo d'archives

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Les camionneurs sont peut-être essentiels pour faire fonctionner notre société, mais il devient de plus en plus difficile pour plusieurs d'entre eux de subvenir à leurs besoins de base sur les routes du Québec, et c’est encore pire dans le reste du Canada et aux États-Unis.  

La camionneuse Cynthia Morneau traverse la frontière américaine tous les jours pour transporter, entre autres, des denrées alimentaires et des produits médicaux. «C’est vraiment rendu l’enfer, on ne peut plus aller aux toilettes nulle part! Et pour se nourrir, c’est de plus en plus compliqué», a-t-elle déploré.   

Plusieurs commerces et restaurants aux abords des routes, tant au Québec qu’ailleurs au pays, ont soit fermé leurs portes, soit interdit l’accès aux salles à manger et aux toilettes. Des haltes routières destinées à servir les camionneurs ont fermé en Ontario le long de la route 401, ainsi qu’à Forestville, sur la Côte-Nord.   

Aux États-Unis, le gouvernement de Pennsylvanie avait décrété le 17 mars la fermeture de toutes les aires de repos pour camionneurs. La grogne des associations de camionnage a été si intense que, dès le lendemain, certaines haltes ont été rouvertes.   

«On se sent traités comme des animaux, des moins que rien», a laissé tomber un camionneur qui a voulu préserver l’anonymat. Ce dernier, qui parcourt seulement les routes du Québec, se dit très préoccupé par l’état sanitaire des haltes qui demeurent ouvertes. «En général, c’est pas très salubre... Et beaucoup de camionneurs dépendent de ces endroits pour aller aux toilettes et se doucher. C’est très stressant dans un contexte de pandémie», a-t-il expliqué. Des dizaines d'autres camionneurs tenaient des propos semblables sur les réseaux sociaux, partageant des photos de haltes canadiennes où on limitait leurs accès.  

  

  

Le MTQ fait ce qu’il faut   

Le président-directeur général de l’Association du camionnage du Québec, Marc Cadieux, se dit persuadé que toutes les mesures sont prises pour assurer la salubrité des espaces utilisés par les camionneurs. En contact quotidien avec le ministère des Transports (MTQ), M. Cadieux a affirmé que l’entretien sanitaire des haltes routières publiques sera augmenté. «Même les propriétaires de "truck stops" privés, comme l’entreprise Irving, se sont engagés à mieux désinfecter les lieux», a-t-il dit.

Le MTQ n’a pas retourné nos demandes d’information, mais à Transports Canada, un porte-parole a affirmé que le gouvernement fédéral est en communication constante avec ses homologues provinciaux et américains pour le déploiement des mesures nécessaires à la lutte contre la propagation de la COVID-19 dans l’industrie du camionnage.

Il faudrait que le gouvernement fasse un appel à tous pour que les camionneurs soient traités plus humainement, a renchéri Stéphane Lacroix, directeur des communications des Teamsters Canada, un syndicat qui représente des milliers de camionneurs. «Ils font preuve de courage et ils sont essentiels pour maintenir la chaîne d’approvisionnement fonctionnelle», a-t-il souligné.   

  

  

  

  

  

Faut-il limiter le transport des marchandises non-essentielles?  

Pour mettre moins de camionneurs à risque de contracter le coronavirus, devrait-on diminuer le transport de certains biens? «Il n’y a pas de réponse facile», a dit Jacques Roy, professeur spécialisé dans la gestion du transport à HEC Montréal. Par exemple, il a expliqué que juste pour s’assurer que la chaîne d’approvisionnement alimentaire fonctionne, il y a énormément d’industries diverses impliquées et qu'elles ont besoin de matériaux de toutes sortes.

M. Roy a rappelé qu’il est important que le transport de marchandises demeure en fonction aussi longtemps que possible pour éviter que l’économie s’écroule. Tant que les transporteurs sont actifs, la chaîne logistique nécessaire au secteur manufacturier est maintenue.

Évidemment, si l’approvisionnement venant de l’international vient à manquer, «nous ne tiendrons pas longtemps sans subir de grandes perturbations», a souligné l’expert.


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