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[VIDÉOS] COVID-19: des snowbirds se sauvent du Sud

Les Québécois qui passent la saison froide en Floride ont plié bagage un mois avant la date de retour habituelle

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L’invitation de Québec et d’Ottawa de revenir au pays a visiblement convaincu plusieurs snowbirds de rentrer à la maison un mois plus tôt qu’à l’habitude, si on en croit l’achaladange aux douanes, mercredi.  

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Tant du côté de l’aéroport Montréal-Trudeau que du poste frontalier de Lacolle, en Montérégie, il y avait une grande affluence de vacanciers québécois.    

C’est inhabituel à cette période-ci de l’année, car les snowbirds passent jusqu’à 180 jours par année aux États-Unis sans devoir y payer des impôts ou sans perdre leurs privièges québécois, dont l’assurance maladie. Plusieurs d’entre eux quittent donc la province en novembre pour rentrer en avril.   

Hélène Gauthier a atterri mercredi à Montréal après deux mois au soleil.
Photo Cédérick Caron
Hélène Gauthier a atterri mercredi à Montréal après deux mois au soleil.

« Je voulais même revenir plus tôt, mais en trois jours, je n’ai jamais réussi à parler à quelqu’un chez Air Canada pour faire modifier mon billet de retour. Finalement, je me suis tannée et j’en ai acheté un nouveau », a raconté Hélène Gauthier, rencontrée à sa sortie de l’avion à Montréal.   

« C’est paniquant de voir la situation dégénérer. Les enfants avaient hâte que je rentre », a poursuivi la femme de 70 ans, qui a passé les deux derniers mois à Sunny Isles Beach, près de Miami.   

« On avait peur de ne pas avoir de vol. C’était plus épeurant que d’attraper le virus », a témoigné Géraldine Poirier, qui revenait de Fort Lauderdale avec son frère et sa nièce.   

Du monde sur la 95  

Jean Lehoux est également revenu de Floride, en voiture.
Photo Francis Halin
Jean Lehoux est également revenu de Floride, en voiture.

Rencontré à Saint-Bernard-de-Lacolle où il n’y avait malgré tout pas d’attente pour rentrer au Québec, Jean Lehoux a expliqué que son voyage prévu pour deux mois n’a finalement duré que 15 jours.   

« Ça ne me tentait pas d’être pris là-bas pour faire la quarantaine », a dit celui qui demeurait près du Centre spatial Kennedy à Cap Canaveral.    

Richard Bérubé revenait de Marco Island, en Floride, lorsque <i>Le Journal</i> l’a croisé au poste frontalier de Lacolle.
Photo Francis Halin
Richard Bérubé revenait de Marco Island, en Floride, lorsque Le Journal l’a croisé au poste frontalier de Lacolle.

« Je suis malade. Je n’ai aucun système immunitaire, c’est pour ça que je suis revenu », a pour sa part expliqué Richard Bérubé.   

« Tout le monde remonte vers le nord ! », ont lancé Micheline Côté et René Mercier.   

Ils sont partis de la Floride mercredi matin et étaient rendus en Géorgie quand Le Journal leur a parlé mercredi.   

Ils devaient rentrer seulement le 20 avril, mais le coronavirus a bousculé leurs plans. Dès qu’ils ont eu la consigne du gouvernement de revenir au pays, ils ont mis les bouchées doubles pour fermer leur condo et faire leurs valises.   

« Il y a des Québécois sur la route ! » s’est exclamée Mme Côté.    

Plusieurs voitures, VUS, camions, véhicules récréatifs, voyagent vers le nord. Elle a même vu un poids lourd qui transportait des voitures avec des plaques d’immatriculation du Québec.   

Le long de l’autoroute 95, qui est la route la plus empruntée pour revenir de la Floride vers le Québec, les files d’attente étaient très longues pour accéder à certaines haltes routières.   

Triste atmosphère  

Plusieurs ont rapporté que l’ambiance n’était plus vraiment à la fête.   

Norbert et Géraldine Poirier, en compagnie de leur nièce Louise Nadeau, à leur sortie de l’avion, à l’aéroport Montréal-Trudeau.
Photo Cédérick Caron
Norbert et Géraldine Poirier, en compagnie de leur nièce Louise Nadeau, à leur sortie de l’avion, à l’aéroport Montréal-Trudeau.

« Honnêtement, il était temps qu’on revienne. L’atmosphère était plate. Tout commençait à fermer et le monde ne parlait que du coronavirus », a dit Norbert Poirier.   

« Les bars, les restaurants. Il n’y avait plus rien d’ouvert. On n’avait plus grand-chose à faire », a ajouté Hélène Gauthier.   

Prêt pour l’isolement  

Ils devront maintenant s’isoler pendant 14 jours. Une consigne que tous ceux rencontrés à l’aéroport s’apprêtaient à respecter.   

« C’est parfait comme ça ! Je n’aurai pas de visite. Je vais avoir la paix », a lancé Mme Gauthier sur un ton blagueur.   

« Je vais pouvoir reprendre mes émissions que j’ai manquées. Je vais faire du lavage et probablement parler pas mal au téléphone », a ajouté la dame de Montebello, en Outaouais.   

Comme M. et Mme Poirier, Mme Gauthier avait déjà demandé à un proche de faire ses commissions avant même son retour. « L’épicerie est déjà dans la maison », a conclu Mme Gauthier en riant.   

– Avec Stéphanie Martin et Pierre-Paul Biron, Le Journal de Québec, et Francis Halin  

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