/world/europe
Navigation

Coronavirus: 475 morts en 24 heures en Italie, un nouveau record mondial

Coup d'oeil sur cet article

La planète guette « le pic » de la pandémie en Italie, où l’on enregistre actuellement le plus de morts chaque jour et où le confinement a été décreté il y a une semaine: les experts espèrent le voir atteint bientôt mais restent très prudents dans leurs prévisions.  

• À lire aussi: Ottawa débloque 82 milliards $  

• À lire aussi: Donald Trump ferme la frontière avec le Canada  

• À lire aussi: Suivez les derniers développements  

Le coronavirus a fait près de 3000 morts en Italie, presqu’autant qu’en Chine (plus de 3200) dont 475 au cours des dernières 24 heures, le bilan le plus lourd enregistré dans un seul pays en une journée, a annoncé mercredi la protection civile.    

Le pic entre le 23 et 25 mars ?   

À l’université de Gênes (Nord), une équipe d’infectiologues et d’experts informatique a mis au point un modèle qui, assurent-ils, a montré jusqu’ici sa fiabilité sur l’évolution du Covid-19, « avec une marge d’erreur acceptable ».   

AFP

Il prévoit qu’en termes de nouveaux cas quotidiens, le pic de l’épidémie en Italie se situera autour du 23-25 mars, la hauteur de ce point haut et son évolution ultérieure dépendant toutefois du comportement des Italiens.   

En décrétant le soir du 11 mars le confinement total du pays jusqu’au 25 mars, le chef du gouvernement Giuseppe Conte avait estimé à « deux semaines » le délai nécessaire pour que les mesures montrent un premier résultat.   

AFP

« Avoir atteint le pic ne signifiera pas que nous serons sortis de l’urgence, mais seulement que l’épidémie a commencé à ralentir et que, quelques jours plus tard, nous atteindrons le point de saturation des unités de soins intensifs, avec des déséquilibres régionaux importants », avertit Flavio Tonelli, professeur de simulation de systèmes complexes à l’université de Gênes, qui a participé à l’élaboration de l’algorithme.   

Entre le 25 mars et le 15 avril ?   

Le Conseil national de la recherche (CNR) prévoit une « réduction significative » du taux de croissance des cas positifs dans six ou sept jours en Lombardie, région la plus touchée en Italie avec près de 2000 morts et confinée depuis le 8 mars, deux jours avant le reste du territoire.    

Relevant qu’une augmentation des cas est en cours dans les régions du sud, où de nombreux Italiens du Nord sont partis après l’annonce des mesures de confinement, le CNR estime dans un communiqué diffusé mardi que la stabilisation du nombre des personnes infectées « aura lieu dans un intervalle compris entre le 25 mars et le 15 avril ».   

AFP

« Ces estimations sont soumises à une grande incertitude en raison de divers facteurs en jeu et doivent être recalibrées en permanence en fonction des données disponibles et des changements de comportement des individus à la suite des décrets gouvernementaux », analyse le CNR.   

Pour le physicien Giorgio Sestili, « il y a une très grande incertitude. Certaines analyses parlent d’un pic entre le 25 mars et le 15 avril, mais il y a encore beaucoup de variables à prendre en compte ».   

« Il est très important de continuer le confinement total et d’éviter l’apparition de foyers dans le centre et le sud », explique-t-il mercredi dans le quotidien Avvenire.   

Boule de cristalPour le directeur du Département des maladies infectieuses à l’Institut supérieur de la Santé, Giovanni Rezza, « parler du pic de l’épidémie au plan national n’a pas de sens ».   

« Nous devons voir de quelle partie de l’Italie nous parlons, car en Lombardie nous sommes dans une situation d’incidence maximale dans les zones de Brescia et de Bergame, alors que le pire est passé dans la région de Lodi (premier foyer de l’épidémie en Italie) », a-t-il expliqué mardi sur Radio capitale.   

AFP

« Il est impossible de faire des prévisions parce que l’épidémie progresse en taches de léopard », a-t-il ajouté, soulignant que « la fuite de dizaines de milliers de personnes vers le Sud pourrait entraîner une augmentation du nombre de cas cette semaine ».   

Tout aussi prudent, l’épidémiologiste à l’Université de Pise (Toscane), Pierluigi Lopalco, estime que « ceux qui disent que nous aurons une déviation de la courbe des cas après le 25 mars, le 6 avril ou le 15 mai disposent d’une boule de cristal ».    

« Les modèles de prévision sur le Covid-19 sont comme les prévisions météorologiques. Ils fonctionnent à 24 heures, ils sont bons à 48 heures, ils ne sont plus fiables à partir de 72 heures », a-t-il déclaré sur Twitter.   

Italie: l’âge moyen des décédés du virus est de 79,5 ans    

L’âge moyen des personnes décédées en Italie et testées positives au Covid-19 est de 79,5 ans et les hommes représentent 70% des morts, a annoncé l’Institut supérieur de la santé (ISS) qui publie régulièrement ses statistiques.  

Sur un échantillon de 2003 morts, sur les 2503 que le pays avait enregistrés mardi, 707 se trouvaient dans la tranche d’âge 70-79 ans, 852 dans la tranche d’âge 80-89 ans et 198 ont plus de 90 ans, selon un communiqué de l’ISS.    

AFP

« Dix-sept personnes positives au Covid-19 de moins de 50 ans sont mortes. En particulier, cinq de ces personnes avaient moins de 40 ans, toutes de sexe masculin, avec un âge compris entre 31 et 39 ans, avec de graves pathologies précédentes », précise l’ISS.    

Recensant une dizaine de pathologies les plus courantes relevées sur les personnes décédées, dont les plus fréquentes sont l’hypertension, le diabète ou la cardiopathie ischémique, l’ISS souligne que 48,5% des personnes décédées souffraient de 3 ou plus de ces pathologies et 25,6% de 2 pathologies.    

Seulement 0,8% des personnes, trois au total, n’avaient aucune pathologie, selon la même source.    

AFP

D’après la même étude, le délai moyen entre l’apparition des premiers symptômes et le décès est de huit jours, tandis que les symptômes les plus fréquents sont la fièvre (77% des cas) et l’essoufflement (74%), loin devant la toux (42%).    

À VOIR AUSSI