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«C’est une catastrophe»

Selon l’entraîneur Marc Ramsay, l’annulation du combat d’Artur Beterbiev fera mal à plusieurs points de vue

SPO-Entraînement publique à l'Académie de boxe Ramsay
Photo d’archives

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Artur Beterbiev et Marc Ramsay ne sont pas tombés en bas de leur chaise lorsqu’ils ont eu la confirmation de l’annulation du combat de championnat du monde contre le Chinois Fanlong Meng. 

Le champion unifié et son entraîneur étaient au gymnase plus tôt cette semaine lorsqu’ils ont reçu l’appel de l’agent de Beterbiev (15-0, 15 K.-O.), Philippe Lepage. 

« J’ai fait un signe à Artur alors qu’il faisait des pads avec Samuel [Décarie], a expliqué Marc Ramsay lors d’une entrevue téléphonique. Il a décidé de finir son entraînement comme prévu. C’est à l’image d’Artur et du champion qu’il est. 

« Il n’est pas de nature à s’apitoyer sur son sort dans les moments plus difficiles. C’est vraiment dommage parce qu’il était dans une condition physique et un état d’esprit exceptionnels. »

Toutefois, les conséquences seront lourdes sur le portefeuille du champion WBC et IBF des mi-lourds. Il ne recevra pas sa bourse qui avait été déterminée par un appel d’offres qui avait tourné à l’avantage de Top Rank. 

Marc Ramsay, Entraîneur
Photo d’archives
Marc Ramsay, Entraîneur

Plus de 50 000 $

« C’est une vraie catastrophe, a ajouté Ramsay. En plus de ne pas recevoir sa bourse, Artur devra absorber tous les coûts de son camp d’entraînement. C’est un camp qui a nécessité de grosses dépenses en termes de salaires aux six partenaires d’entraînement, d’allocation, de billets d’avion et de logement. »

Il ne veut pas divulguer de chiffres précis, mais on peut penser que les coûts du camp sont évalués entre 50 000 et 75 000 $. 

« Même pour mon gymnase, ce ne sera pas évident dans les prochaines semaines. On fait notre budget sur une base mensuelle. Par contre, pour le moment, c’est la sécurité et la santé qui priment. »

Vendredi dernier, Top Rank a annoncé qu’il souhaitait déplacer le combat Beterbiev-Meng, prévu le 28 mars au Centre Vidéotron à Québec, aux États-Unis afin de le présenter à huis clos. Celui d’Oscar Rivas était aussi dans les plans.

« Il y avait une lueur d’espoir jusqu’au moment où Justin Trudeau a décidé de fermer ses frontières aux non-résidents, a expliqué Ramsay. Oscar est au Canada avec un permis de travail qui est renouvelable. »

« S’il avait été aux États-Unis pour un duel, il n’aurait pas pu revenir au pays et il aurait été renvoyé en Colombie. Pour moi et Artur, on aurait dû se soumettre à la quarantaine à notre retour. Bref, on y serait allés à reculons. »

Gymnase fermé

Avant la fermeture complète de son gymnase, Ramsay y est allé par étapes. Il a demandé aux boxeurs amateurs de ne plus venir au gymnase, puis il a fait la même chose avec ses athlètes qui n’avaient pas de combats prévus. 

À la fin, il ne restait que lui, ses adjoints, Beterbiev et Rivas. 

« Au cours des prochains jours, je vais m’occuper à fermer mes deux derniers camps d’entraînement comme de trouver des billets d’avion aux partenaires d’Artur qui doivent retourner chez eux. Puis, je vais m’avancer dans mes projets de boxe qui sont surtout administratifs. »

Pour le moment, les promoteurs ont les mains liées et ils ne savent pas pour combien de temps. Selon les rumeurs, il n’y aurait pas de galas de boxe en Amérique du Nord avant le 1er juin. 

On parlerait alors d’un camp de six à huit semaines qui devrait commencer en avril. C’est loin d’être une certitude. Comment faire pour préparer un boxeur sans avoir accès à un gymnase ou à des partenaires d’entraînement ? 

« On peut faire le camp à l’extérieur, mais encore là, ce n’est pas optimal. On est encore loin de cela selon moi. On fera des plans lorsqu’on aura des dates précises. »