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COVID-19: un possible cas en prison sème la confusion

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Photo d'archives, Agence QMI Centre de détention Rivière-des-Prairies

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Un possible cas de COVID-19 en prison a causé toute une confusion jeudi, le tribunal ayant été informé qu’un détenu avait obtenu un résultat positif au test de dépistage, alors qu’il semblerait plutôt avoir été placé en isolement.  

«Monsieur a été testé positif à la COVID-19», a sobrement expliqué une avocate, jeudi, à la cour municipale de Montréal.  

L’accusé de 26 ans avait été arrêté lundi dans une affaire de violence conjugale. Il devait revenir devant le tribunal jeudi, mais son déplacement a été annulé afin de limiter au maximum les risques de propagation.  

«Il a été placé [en isolement] dans le secteur santé de la prison», a-t-il été dit en cour comme l'on demandait de reporter le dossier, ce qui a été fait.  

Fausse alerte 

Or, selon le Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec, le détenu n’a pas été déclaré positif, contrairement à ce qui a été dit devant le tribunal. Le détenu serait plutôt en isolement préventif, affirme le président Mathieu Lavoie. 

Selon lui, cette fausse alerte démontre à nouveau l’importance de faire passer un test aux détenus présentant des symptômes liés à la COVID-19. 

«Ce qu’on demande depuis vendredi, c’est que nos infirmières puissent procéder à des tests, dit-il en déplorant l’inaction gouvernementale sur ce point. Il est temps qu’on procède, c’est essentiel. C’est le temps d’agir.» 

Inquiétudes 

La situation inquiète plusieurs avocats, qui croient que la population carcérale est à risque. La situation cause également des tensions dans les prisons, où peu de tests sont effectués.  

«Le virus pourrait se propager comme un feu de forêt en raison de la surpopulation, de l’exiguïté et de la configuration architecturale des lieux, a soutenu par voie de communiqué la Ligue des droits et libertés. Le nombre de personnes infectées sera possiblement très élevé et les équipes de soins de santé de ces établissements ne sont pas outillées pour y faire face.»  

Pour cet organisme qui défend les droits de l'homme, la seule solution «pour éviter une catastrophe» serait de réduire la population carcérale. La ligue des droits et libertés propose entre autres de libérer les détenues enceintes, les aînés et ceux qui purgent une peine de fin de semaine.  

«Ces personnes peuvent être libérées sans que la sécurité de la population soit mise en danger», affirme l’organisme.  

L’Association des avocats et avocates en droit carcéral du Québec abonde dans le même sens.  

«Inutile d’expliquer longuement comment les conditions de proximité et d’hygiène d’un centre de détention favoriseraient une propagation fulgurante d’un virus dont le niveau de contagion est déjà très élevé», observe ce regroupement d’avocats.  

Car tout détenu finit éventuellement de purger sa peine et, une fois sorti, il pourrait contaminer d’autres personnes.  

«Certaines prisons provinciales assurent le service de buanderie de nos CHSLD», ajoute par ailleurs l’association.  

Elle propose entre autres que les détenus libérés afin de réduire la surpopulation soient assignés à résidence, 24 heures sur 24.