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COVID-19: Des inquiétudes pour les infirmières

Elles craignent notamment de ramener le virus à la maison avec leurs uniformes potentiellement contaminés

COVID-19: Des inquiétudes pour les infirmières
PHOTO D'ARCHIVES, AGENCE QMI

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Des infirmières vivent des inquiétudes en lien avec la COVID-19, notamment quant aux uniformes de travail qu’elles doivent ramener à la maison, potentiellement contaminés. Des appels au ministère de la Santé pour assurer la protection des travailleurs ont été lancés par leur syndicat. 

Le président de la section Chaudière-Appalaches de la FIQ, Laurier Ouellet, ne décolère pas. Pour lui, il est inadmissible que des infirmières qui pourraient être exposées au coronavirus doivent gérer elles-mêmes le nettoyage et la désinfection de leur uniforme. 

«On n’a pas de réponse et ça fait une semaine qu’on les talonne avec ça», clame le président du syndicat, qui estime que ses membres placent leur famille à risque de cette façon.  

«On nous dit de les enlever au travail, les mettre dans un sac et les ramener à la maison. Non, non et non! Ils ont des familles, ces gens-là, et, moi, je ne veux pas prendre le risque qu’un employé ramène ça chez lui», insiste M. Ouellet.  

Enjeu provincial 

La présidente de la FIQ admet que l’enjeu est provincial. Selon Nancy Bédard, le gouvernement doit prendre une décision rapidement.  

«On demande au monde de ne pas se voir et de rester à la maison parce que c’est dangereux, est-ce qu’on peut au moins donner aux gens qui seront au front, collés sur des gens contaminés, un minimum d’éléments pour protéger leur famille?», questionne Mme Bédard. 

Le syndicat propose d’évaluer la possibilité de fournir l’uniforme aux professionnels qui sont à risque d’être en contact avec des gens porteurs du virus, par exemple ceux de l’urgence. 

«Les hôpitaux fournissent déjà l’uniforme aux travailleurs des blocs opératoires et ils gèrent la désinfection de ces uniformes. [...] Comme la majorité des blocs sont fermés actuellement, on pourrait transférer ces uniformes à ceux qui s’occuperont de patients à risque», suggère Nancy Bédard, qui entend pousser ce dossier auprès des autorités. 

Dans la région de Québec, le CIUSSS Capitale-Nationale a indiqué au Journal que «les vêtements de travail n’étaient pas un vecteur de propagation connu». «Il n’y a donc pas d’enjeu particulier de ce côté-là pour nous», précise Mathieu Boivin du CIUSSS de la Capitale-Nationale. 

Le CISSS Chaudière-Appalaches n’avait toujours pas rendu l’appel du Journal au moment d’écrire ces lignes. 

«On ne le sait pas si c’est risqué, on ne sait pas tout de ce virus-là», rétorque de son côté Nancy Bédard.  

Infirmières enceintes 

Un autre point chaud pour la FIQ est le dossier des travailleuses qui sont actuellement enceintes. Le syndicat appelle encore le gouvernement à réagir rapidement pour les protéger. 

«Des infirmières enceintes dans les urgences et en première ligne qui sont encore là, ça ne passe pas. Je demande une réaffectation rapide pour les protéger, que ce soit à Info-Santé, au 811 pour le dépistage du virus, etc.», suggère Mme Bédard. 

«Mettez mes membres enceintes loin du risque, seigneur! Est-ce qu’on peut minimalement commencer par ça et on verra le reste après?», insiste-t-elle. 

Une pétition circule notamment en ligne pour demander le retrait de ces travailleuses enceintes. Vendredi, près de 35 000 personnes avaient répondu à l’appel. 

Héma-Québec  

Des inquiétudes ont également été soulevées chez les infirmières d’Héma-Québec, qui se sont retrouvées en période achalandée après l’appel au don de sang du premier ministre Legault, lundi dernier. 

Malgré le fait que des difficultés pour le personnel à obtenir de l’équipement de protection, notamment des masques, aient été rapportées au Journal, le syndicat des infirmières précise que des changements ont déjà été apportés dès mardi. 

«Des files plus longues ont été mises en place avec des poteaux et des courroies, qui se rendent parfois jusqu’à l’extérieur, pour assurer une distance d’un mètre et plus entre les donneurs. Les produits désinfectants sont toujours disponibles, et un réapprovisionnement devrait se mettre en place très bientôt», précise Thierry Larivière, de la CSN, précisant que d’autres mesures sont attendues.

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.