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La vague de l’épidémie de la COVID-19 continue à monter en Afrique subsaharienne

La vague de l’épidémie de la COVID-19 continue à monter en Afrique subsaharienne
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La crainte d’une propagation rapide de l’épidémie de coronavirus en Afrique subsaharienne s’est faite encore un peu plus vive vendredi, notamment en Afrique du Sud où le nombre d’infections a franchi la barre des 200.  

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Malgré les interdictions de rassemblements, les fermetures d’écoles ou de frontières en vigueur dans de nombreux pays au sud du Sahara, le virus Covid-19 continue sa marche en avant.   

Plus de 500 contaminations et deux morts, dont un vendredi au Gabon, ont à ce jour été rapportés, selon les autorités. L’île de Madagascar a annoncé vendredi ses trois premiers cas, toutes des personnes ayant récemment voyagé en France. Et le Zimbabwe a fait état vendredi d’un premier cas de contamination, celui d’un homme rentré récemment de Grande-Bretagne.   

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L’Afrique du Sud continue d’enregistrer le plus grand nombre de cas sur le continent. Leur nombre est passé de 150 à 202 en seulement vingt-quatre heures.   

« Les scientifiques estiment que (...) jusqu’à 60% de la population pourrait être affectée par le virus », a asséné le ministre de la Santé Zweli Mkhize, reprenant les projections mondiales des épidémiologistes.   

« Le nombre de personnes infectées ne doit pas augmenter trop rapidement, sinon il va submerger notre système de santé », a-t-il mis en garde, « nous devons infléchir la courbe ».   

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Ces derniers jours, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est inquiétée à plusieurs reprises d’une poussée de la pandémie sur le continent africain, dont les systèmes de santé manquent cruellement de moyens.    

Un mort au Gabon   

« Si des pays comme l’Afrique du Sud, qui a l’un des systèmes les plus développés de la région aussi bien dans les secteurs public que privé redoutent (...) une explosion des cas graves, ça va effectivement être difficile », a pronostiqué jeudi son patron régional, Matshidiso Moeti.   

South African Airways (SAA) a apporté vendredi sa pierre à l’effort engagé pour enrayer la maladie en suspendant jusqu’au 31 mai tous ses vols internationaux afin « d’aider le gouvernement » et de protéger « l’intérêt de nos équipages et de nos passagers ».   

La première compagnie du continent, Ethiopian Airlines, a pour sa part annoncé la suspension de ses liaisons vers 30 pays à risque qu’elle n’a pas détaillés.   

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Le gouvernement sud-africain a fermé mercredi ses frontières aux citoyens des pays les plus infectés par la pandémie, notamment l’Europe et les États-Unis.   

Vendredi, les autorités de l’aviation civile ont ainsi isolé quatorze vols en provenance de l’étranger sur le tarmac de l’aéroport international de Johannesburg. « Seuls les citoyens sud-africains sont autorisés à débarquer », a averti la direction de l’aéroport sur son compte Twitter.   

Plus au nord du continent, un patient âgé de 50 ans qui avait récemment voyagé en France est mort au Gabon des suites d’une infection au Covid-19.   

Ce décès porte à deux les morts recensées en Afrique subsaharienne, après un premier cas rapporté au Burkina Faso.   

Prières du vendredi   

Dans la foulée, le gouvernement de Libreville a annoncé l’interdiction de tous les vols passagers nationaux et internationaux, sauf en cas de force majeure.   

Au Sénégal, les mosquées de la capitale Dakar et de sa région sont restées fermées vendredi. Les autorités ont longtemps hésité avant de donner l’ordre d’y interdire la prière collective, décision controversée dans ce pays musulman à près de 95%.   

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Au Nigeria, les autorités avaient ordonné jeudi la « limitation » des événements religieux dans la mégapole tentaculaire de Lagos et ses 20 millions d’habitants. Mais les prières du vendredi y ont été quand même largement suivies.   

La mosquée Zawiyat Sofwat El-Islam, dans un quartier populaire de la ville, a ainsi accueilli un milliers de fidèles, contre 5000 habituellement.   

« Je suis là malgré le coronavirus pour offrir mes prières à Dieu », a déclaré à l’AFP un de ces fidèles, Alhaja Basirat Okeowo. « Nous devons tous prier pour lui demander de supprimer cette étrange maladie».   

De son côté, le Kenya, qui n’a pour l’heure rapporté que sept cas d’infection, a annoncé la fermeture des bars à compter de lundi soir et une stricte limitation du nombre de clients dans les supermarchés.   

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Ces décisions « détermineront si la crise se développe avec de graves conséquences humaines et économiques ou si les effets de cette maladie resteront limités », a commenté le ministre kényan de la Santé, Mutahi Kagwe.   

Même si aucun cas n’a encore été rapporté sur leur sol, le Mozambique et le Malawi ont annoncé la fermeture de leurs écoles, et l’Angola celle de ses frontières.   

En République démocratique du Congo, 18 cas ont été signalés vendredi, tous dans la capitale Kinshasa, soit une augmentation de quatre par rapport à jeudi.    

Vendredi, les stars de la musique congolaise Fally Ipupa et Koffi Olomide ont publié des vidéos sur Twitter exhortant le public à ne pas échanger de baisers et de poignées de main et à se laver les mains.   

À Paris, c’est le chanteur Aurlus Mabélé, une figure du soukouss - version moderne de la rumba congolaise - infecté par le coronavirus, qui est décédé jeudi à l’âge de 67 ans.   

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