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L’épicerie durant la pandémie: il fait les courses pour son père en isolement

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Faire l’épicerie en temps de pandémie est un vrai casse-tête. Pour mon père de 88 ans qui est en isolement, c’est encore plus compliqué. En temps normal, mon père sort de sa résidence chaque jeudi afin de faire son épicerie en compagnie de son amie Sylvie.  

À l’épicerie et à la pharmacie, il connaît tous les gens par leur nom. Il prend des nouvelles de leurs proches. Il fait des blagues.    

Au-delà du service essentiel, c’est un divertissement important, un moment de plaisir qui lui permet de côtoyer des gens à l’extérieur de sa résidence.    

Âgé et cardiaque, mon père est l’une des personnes très vulnérables en ces temps de pandémie. Le virus pourrait lui être fatal.    

Les mesures sanitaires prises par le gouvernement du Québec pourraient lui sauver la vie.    

S’isoler avec le sourire  

Il prend donc très au sérieux les recommandations et accepte de s’isoler en restant chez lui, et ce, avec le sourire.    

Il a décidé d’écouter le message du premier ministre qu’il a vu à la télévision, d’arrêter de dîner au restaurant avec ses amies et de se rendre à l’épicerie.    

Autonome, il doit toutefois continuer à se faire à manger pour se nourrir. En famille, on s’est fait un plan pour le protéger ainsi que les autres résidents qu’il côtoie. Cette semaine, c’était à moi de prendre le relais.    

Moments à l’écart  

Durant quelques semaines, je devrai mettre les moments «père et fils» à l’écart.    

Il devra mettre de côté ses sorties avec ses amies. S’abstenir des accolades qu’il aime tant.    

On pourra se voir brièvement, à distance, lorsque j’irai lui porter sa «commande». On se parle aussi au téléphone.    

C’est pour son bien et celui des personnes âgées près de lui. Il y aura toujours des doutes pour sa santé, mais nous aurons réduit au minimum les risques que notre père tombe au combat.    


1. Noter la liste d’épicerie  

19 h la veille : Au téléphone, mon père a décrit chaque produit dont il a besoin. Bananes biologiques, du jus, des cretons (au porc, c’est important), une gigantesque brique de fromage OKA. Ma sœur partage la liste avec moi dans un courriel.    

2. Mesures d’hygiène à l’épicerie  

Photo Stevens LeBlanc

12 h 30 : Je me désinfecte les mains avec le produit disponible à l’entrée. Il y a aussi un lavabo avec du savon. Un commis désinfecte tous les paniers d’épicerie. «Celui-là est propre», m’indique-t-il. J’aperçois que l’endroit est presque désert et je remarque qu’il y a pratiquement plus d’employés que de clients. Je m’étais rendu à l’épicerie au début de la crise. C’était la folie et les étagères étaient vides. Cette fois, les tablettes sont bien garnies.    

3. Choisir les produits  

Photo Stevens LeBlanc

12 h 35 : J’achète des produits emballés. À 88 ans, mon père préfère les produits biologiques et québécois. Sans lui, c’est plus difficile de trouver dans les allées ce qu’il aime. Où sont les fameuses fèves au lard qu’il veut? «Celles qui sont dans le plat en plastique», a-t-il bien précisé. J’ai dû l’appeler au téléphone pour qu’il puisse me diriger au bon endroit. Le comptoir à charcuterie est fermé, comme tous les autres qui demandent de la manipulation humaine. Il faut s’adapter.    

4. Précautions sanitaires à la caisse  

12 h 45 : Chaque caisse a du produit désinfectant bien en vue. Il sert à laver le comptoir de service. J’emballe moi-même l’épicerie dans mes sacs et j’utilise Paypass pour ne pas que la caissière touche ma carte. Les gens aux caisses sont prudents. Au loin, j’aperçois une dame qui utilise son propre Purell pour désinfecter le manche de son panier. À la sortie, je me lave les mains à nouveau, au lavabo de l’épicerie.    

5. Me rendre à la résidence  

Photo Stevens LeBlanc

13 h : À l’entrée de la résidence, les règles sont strictes et bien collées en évidence sur la porte. «Québec a annoncé la suppression des visites dans les résidences pour aînés». À l’accueil, la porte est barrée et une personne surveille toutes les personnes qui entrent. Derrière la vitre, mon père sourit. Il est heureux de me voir.    

6. Changer nos habitudes  

Photo Stevens LeBlanc

13 h 05 : Habituellement, je rentre défaire sa commande dans son appartement. On aurait parlé des récentes nouvelles à LCN et de la saison de misère du Canadien. Cette fois, mon père est coincé derrière la porte vitrée, muni de son petit chariot. Les sacs sont lourds et il doit pouvoir les transporter lui-même jusque dans son appartement. On reste à une distance d’un mètre et je mets les articles dans son panier. «Ça fait du bien de te voir», dit-il.    

7. Le départ  

13 h 15 : Je lui rappelle l’importance de se laver les mains rapidement et de laver ses fruits et légumes. «Je suis vieux, mais je sais quoi faire. Je vais même laver mes sacs», ricane-t-il. Je suis rapidement de retour au travail. Un petit 45 minutes de mon temps afin de m’assurer de la santé de mon père.    

Ai-je suivi les consignes de la Santé publique?   

  • Livrer de l’épicerie à une personne âgée ou une personne en situation d’immunodéficience uniquement si vous ne présentez aucun symptôme et ne revenez pas de voyage depuis moins de 14 jours    
  • Conserver une distance avec les personnes, éviter les contacts directs et respecter les règles d’hygiène habituelles    
  • Partir immédiatement après avoir remis la nourriture ou les biens à un membre du personnel à l’accueil*        

* J’ai donné les sacs à mon père sans contact. Si possible, il faut donner la commande à la personne qui est à l’accueil.   

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.