/opinion/blogs/columnists
Navigation

Lettre aux «non préoccupés»

Jeune femme en voyage dans la montagne
Photo Fotolia

Coup d'oeil sur cet article

Selon un dernier sondage, 41% des Québécois ne sont pas préoccupés par le coronavirus.    

Chers «non préoccupés»... Faut qu’on se parle.    

Première question: sérieux?    

Vous voyez les pertes d’emploi massives, la bourse qui dégringole, des commerces qui passent l’arme à gauche, les écoles fermées, des enfants désœuvrés, des villes fantômes, des camions militaires qui transportent les cadavres en Italie, les médecins débordés en France, le confinement en Californie...    

Pour vous, c'est «Tout va très bien, madame la marquise»?    

Vous voyez la famille de la première Québécoise décédée qui n’a même pas pu la prendre dans ses bras pour un dernier adieu, et ça ne vous «préoccupe» pas?    

Misère, qu’est-ce que ça vous prend pour être «préoccupé»?     

Votre réaction, c’est «Pas de trouble, on va prendre notre petite bière sans souci».      

Ce midi, à mon émission à QUB radio, j’ai parlé à un psy.     

On a parlé du taux de divorce en Chine à la fin du confinement, du taux de suicide, de la détresse des gens déjà atteints de troubles mentaux. À un moment, pendant l’entrevue, le psy a craqué. Avec des sanglots dans la voix, il m’a expliqué qu’il allait incessamment devenir grand-papa, mais qu’à cause de la «distanciation», il ne pourra pas prendre son petit-fils dans ses bras.    

Mais vous, le 41%, ça ne vous préoccupe pas?    

Une de mes amies s'est mariée hier avec sa blonde, dans l'État de New York.     

Dehors, avec un officiant, deux témoins qui se tenaient à deux mètres l'un de l'autre. Pas de parents, pas de réception, pas de party.    

Aujourd'hui, l'État de New York est en confinement total.     

Mais pour vous, le 41%, le coronavirus, y’a rien là?    

J’aimerais savoir c’est quoi votre «point de bascule». À partir de quel moment allez-vous vous joindre à nous, les Préoccupés?     

À partir de combien de morts? Combien de cas? Combien de chômeurs? Combien de faillites?      

On jase là, mais je me demande si votre «non-préoccupation» ne cache pas un peu d’égocentrisme. C’est ça? Vous vous dites: «Moi, j’en ai pas de problèmes, j’ai de l’argent, de la santé, les autres, je m’en tape».     

Désolé, mais je trouve votre attitude un tantinet «préoccupante».