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La musique n’adoucit pas toujours les mœurs avec Morrissey

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Mauvaise nouvelle : Morrissey lance un nouvel album.

Morrissey

Photo courtoisie

★★

I Am Not a Dog on a Chain

Pour celles et ceux qui suivent la carrière du fameux dandy en dilettante, disons tout simplement que l’auteur-compositeur-interprète et grande-gueule notoire n’en finit plus d’égrainer le monument qu’il s’est taillé comme leader de The Smiths en multipliant les sorties tanguant de plus en plus vers la droite à la « j’pas raciste, mais... ».

Bref, pour Morrissey, séparer l’œuvre de l’artiste n’est pas qu’un sujet épineux sur les réseaux sociaux ou lors d’un souper arrosé, mais bien un mode de vie. 

BLAGUES À PART

Qu’en est-il de l’œuvre ?

Tout d’abord, les fleurs (oui, oui) : papi Morrissey est toujours aussi en voix... et c’est tout. 

Pour le reste, I Am Not a Dog on a Chain est une production où le bonhomme se met « en danger » en empruntant une direction musicale surprenante, mais pas si intéressante au final.

Des références électro cheapette d’une autre époque de Jim Jim Falls ouvrant le LP (et qu’on retrouve quelques chansons plus tard sur Once I Saw the River Clean) aux pièces rock ringardes – telle la chanson-titre – qui ne collent malheureusement pas, Morrissey et son réalisateur Joe Chiccarelli livrent une production dont même les principaux intéressés semblent se foutre éperdument.

C’est froid, hétérogène et on en vient presque à croire, parfois, que la musique a été composée à partir d’une voix enregistrée de Morrissey sans trop de communication entre les deux camps impliqués. 

Pour revenir à la question : peut-on séparer l’œuvre de l’artiste avec I Am Not a Dog on a Chain ? Impossible. Les deux sont ampoulés, prétentieux, et pas du tout en phase ou à la hauteur de notre époque. Dommage. 

Yael Naim

Photo courtoisie

★★★★★

Nightsongs (via Believe)

Une douzaine d’années après l’utilisation de son succès New Soul pour une pub de MacBook Air, l’autrice-compositrice-interprète n’a évidemment pas chômé, s’est surtout affranchie de son fameux ver d’oreille et tout ce chemin de croix s’entend sur Nightsongs, une œuvre sombre, éthérée et ambitieuse qui plaira autant aux fans de Patrick Watson que de Woodkid, voire de Feist et Agnes Obel. Attention, il est question ici de pop brillante, audacieuse, qui invite à l’écoute attentive, quasi religieuse même. Oui. C’est si bon. 

Cindy Bédard

Photo courtoisie

★★★½

Après l’orage

Pas de doute, c’est avec son troisième LP que l’autrice-compositrice-interprète débordera de la gent country pour atteindre le fameux grand public. Bien entourée (Paul Daraîche et Daniel Bélanger collaborent à l’œuvre, notamment), l’artiste country pop vient autant rejoindre ses fans fidèles qui n’en sont pas à leur premier rodéo que celles et ceux se contentant d’un flirt occasionnel avec son style de prédilection. Pour celles et ceux dont les amours battent de l’aile : patientez avant de tendre l’oreille, car Après l’orage pourrait bien être le clou dans le proverbial cercueil de votre relation.

The Boomtown Rats

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★★★½

Citizens of Boomtown

Mieux vaut tard que jamais pour le groupe rock irlandais qui aura notamment fait connaître Bob Geldof auprès du grand public. 36 ans (!) après leur dernier LP, les rats proposent finalement un septième album depuis leur reformation annoncée en 2013 (le collectif s’était séparé en 1986). Encore mieux, Citizens of Boomtown est à la hauteur de l’aura de ses hauteurs. Bien que conservateur (l’œuvre pourrait avoir été lancée au cours des années 80, justement), c’est cliché donc, mais surtout bien fait, chaleureux et sans prétention. Un retour dans les règles de l’art. 

Coup de coeur

ROUGE POMPIER

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★★★★

Neve Campbell

Après Kevin Bacon (2012) et Chevy Chase (2016), le duo rock garage local se tourne vers Neve Campbell pour son troisième album en carrière. Un choix étonnant (on s’entend que l’actrice canadienne n’a pas le même « klout » que les deux personnalités précédentes) qui se reflète également sur les paroles (entre « les Trois Accords chanteraient bien ça » et la poésie automatique, voire les songes d’un rêve fiévreux) et les musiques toujours musclées, mais surtout plus sombres et lourdes. Dans d’autres mains, Neve Campbell serait risible, mais Jess et Alex Pompier en font une œuvre aussi amusante que surprenante. Bon travail !