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Les soldats de la bienveillance

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Nathalie Dubé, infirmière

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Les soldats d’hier ont protégé nos libertés. Les soldats du secteur de la santé d’aujourd’hui protégeront nos vies et celles de nos proches. Au lendemain de l’annonce par le premier ministre de la conversion d’usines de pièces d’auto en fabricants de matériel médical, comment ne pas comparer la crise actuelle à un temps de guerre ?

Ce qu’on s’apprête à demander à notre personnel de la santé est énorme. Il faut référer à des mots qu’on n’entend plus pour en parler : l’altruisme. Faire passer les autres avant soi-même. C’est exactement ce qu’on va demander au personnel de faire. 

Comme pour les soldats, on leur demandera d’aller se placer tous les jours en face de l’ennemi que tous les autres fuient. Avec l’équipement requis bien sûr, mais non sans un facteur de risque. Et là, je ne parle pas du stress de rapporter le virus à la maison qui ajoute à la pression.

Médecins, infirmières et autres travailleurs de la santé remettront à la mode un autre mot oublié : le sens de la vocation. L’idée que son travail ne soit pas juste un boulot, une paye, une gang au bureau. L’idée que des humains aient choisi un travail qui inclut une mission, un service aux autres. Et surtout l’idée que des femmes et des hommes soient enclins à d’importants sacrifices pour accomplir leur devoir auprès des autres.

Nos médecins

Un point sur les médecins. Des exagérations dans les ententes de rémunérations, sur lesquelles je ne reviendrai pas, ont provoqué dans l’actualité une situation déplorable. La quasi-totalité des fois où l’on a parlé des médecins, il était question d’argent. Pour la grande majorité des médecins qui ont la vocation de soigner, ces années furent accablantes et injustes.

J’avais déjà mentionné que l’entente survenue l’automne dernier devait nous permettre de tourner la page. La présente crise devra le faire en accéléré et nous redonner la véritable image du docteur. Nous rappeler pourquoi ces gens ont étudié autant. Nous rappeler leur compétence pour donner toutes les chances à la vie et leur force pour marcher sur ce fil de fer entre la vie et la mort.

La bienveillance

Les infirmières sont l’archétype de la bienveillance dans notre société. Elles sont et seront en première ligne. Des visages rassurants penchés au-dessus de patients en désarroi, des mains habiles pour poser les gestes qui font du bien, et des pattes qui se font aller vivement dans ces corridors de nervosité.

On imagine facilement le genre d’inquiétude qui habite tout le personnel de la santé en regardant les nouvelles en provenance d’Europe. Du personnel épuisé et, incapable de subvenir aux besoins, forcé de choisir à l’œil qui pourra être soigné et qui doit être abandonné à son sort. Nous faisons tout pour éviter de vivre cela ici. Mais difficile de ne pas y penser...

À l’avance, nous exprimons notre respect et notre admiration à tout le personnel de la santé.

Courage !