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Namibie: au pays des Himbas

ÉVA 0321 Dossier Namibie
Photo collaboration spéciale, Mathieu Dupuis Le mode de vie des Himbas aux environs du Lodge Serra Cafema est rudimentaire. Leurs habitats traditionnels sont composés d’une armature en bois recouverte de terre argileuse, ce qui procure un degré de protection contre la chaleur du désert.

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S’il y a un pays qui peut se vanter d’être une terre de grands espaces sauvages, c’est bien la Namibie. Situé en Afrique australe, ce territoire fait partie des pays enregistrant la plus faible densité de population par kilomètre carré. Survoler ces paysages offre un spectacle de tous les instants. On entre en contact avec un milieu étonnant, celui du plus ancien désert du monde, le Namib, vieux de 55 millions d’années ! 

Durant une escale rapide à Dorro Nawas, je patiente à l’ombre d’une tente en bord de piste. Tout simplement envoûté, j’essaie d’assimiler autant que possible les beautés que nous avons survolées. Mon cerveau est complètement subjugué par ce décor inhabituel. De nouveau à bord du Cessna Caravan, le dernier tronçon de vol me laisse sans mot. J’en oublie presque les fortes turbulences qui secouent violemment l’avion. Les yeux rivés au hublot, j’admire la mer de sable doré d’où émergent des montagnes dentelées de couleur sombre.  

Environ 10 000 Himbas se partagent un territoire de 30 000 km<sup>2</sup>. Ce groupe ethnique se distingue par diverses traditions. Notamment, ils s’enduisent la peau d’une pommade faite de graisse animale et d’ocre rouge. Cette technique protège contre le soleil, la sécheresse, les insectes et les autres rigueurs du désert.
Photo collaboration spéciale, Mathieu Dupuis
Environ 10 000 Himbas se partagent un territoire de 30 000 km2. Ce groupe ethnique se distingue par diverses traditions. Notamment, ils s’enduisent la peau d’une pommade faite de graisse animale et d’ocre rouge. Cette technique protège contre le soleil, la sécheresse, les insectes et les autres rigueurs du désert.

La région de Kunene sera mon terrain d’exploration des prochains jours. Situé à l’extrême nord-ouest de la Namibie, le territoire compte parmi les plus désertiques et les moins développés de cette partie de l’Afrique. 

Le camp Serra Cafema se situe hors des sentiers battus et dans une région des plus isolées. Complètement autonome, le niveau de raffinement de ce camp est proportionnel aux efforts mis en place afin de protéger les ressources naturelles et culturelles qui l’entourent.
Photo collaboration spéciale, Mathieu Dupuis
Le camp Serra Cafema se situe hors des sentiers battus et dans une région des plus isolées. Complètement autonome, le niveau de raffinement de ce camp est proportionnel aux efforts mis en place afin de protéger les ressources naturelles et culturelles qui l’entourent.

Malgré le caractère austère des lieux, le camp Serra Cafema accueille ses visiteurs avec style et assure un confort des plus surprenants. L’approche est assurément intime et chaleureuse. De plus, le camp luxueux de Wilderness Safaris est alimenté par l’énergie solaire. Il est construit sur pilotis au cœur d’une oasis en bordure de la rivière Kunene, l’un des seuls points d’eau de la région, la préservation de la ressource est donc une priorité. Cette rivière bordée de montagnes magnifiques sert de frontière naturelle avec le pays voisin, l’Angola. Comme la chaleur est torride, il serait tout indiqué d’y plonger pour se rafraîchir. Mais ici, pas de baignade. Il y a des voisins avec qui l’on souhaite conserver une certaine distance... Le crocodile du Nil abonde dans la région ! 

Le temps passé en compagnie de Staintly, mon guide, m’a permis de voir et comprendre le territoire différemment. Que ce soit à pied ou en Land Cruiser, j’ai été absolument séduit par le charme de ces paysages désertiques.
Photo collaboration spéciale, Mathieu Dupuis
Le temps passé en compagnie de Staintly, mon guide, m’a permis de voir et comprendre le territoire différemment. Que ce soit à pied ou en Land Cruiser, j’ai été absolument séduit par le charme de ces paysages désertiques.

Staintly, guide et chauffeur, négocie habilement les dunes au volant du Toyota Land Cruiser. Dans ces vastes étendues, pas de route. Que des pistes à même les dunes et le paysage rocailleux. Les traces laissées la veille sont balayées par le vent et donnent l’impression que nous sommes les premiers à passer par là. Le désert sait se régénérer au gré du vent. Staintly est un jeune homme du groupe ethnique des Himbas. Parcourir le désert en sa compagnie est un pur bonheur et un apprentissage exceptionnel. Ses connaissances de la région m’ébahissent et stimulent mon intérêt envers le Namib !  

La barrière de la langue est parfois un grand défi pour réaliser certaines photographies. Ici, le langage universel a suffi. Cette jeune mère pose fièrement avec son enfant. Pendant ce temps, un groupe de jeunes fait des glissades sur les dunes dans une mélodie de rires à vous décrocher le plus grand des sourires. C’est le bonheur dans sa plus simple expression.
Photo collaboration spéciale, Mathieu Dupuis
La barrière de la langue est parfois un grand défi pour réaliser certaines photographies. Ici, le langage universel a suffi. Cette jeune mère pose fièrement avec son enfant. Pendant ce temps, un groupe de jeunes fait des glissades sur les dunes dans une mélodie de rires à vous décrocher le plus grand des sourires. C’est le bonheur dans sa plus simple expression.
Ces jeunes possèdent peu de divertissements modernes et trouvent le bonheur avec peu. Alors que les non-initiés peinent à monter sur les dunes, eux le font à la vitesse de l’éclair.
Photo collaboration spéciale, Mathieu Dupuis
Ces jeunes possèdent peu de divertissements modernes et trouvent le bonheur avec peu. Alors que les non-initiés peinent à monter sur les dunes, eux le font à la vitesse de l’éclair.

 

Incursion culturelle 

Au loin, à la limite de l’horizon, des silhouettes humaines se dessinent dans un effet de mirage. Nous approchons d’un petit village himba. Quelques huttes, des enfants qui courent. Des femmes, près d’un feu, qui cuisinent. Saintly a fait un bon choix de m’amener à cet endroit. Isolé sur ce territoire sauvage, le village semble figé dans le temps. L’expérience se révèle différemment de ce que j’ai lu sur ces communautés vivant en bordure de routes namibiennes.  

Une vipère dissimulée dans le sable représente une menace pour l’œil non averti. Staintly sait reconnaître les signes subtils qui trahissent la présence de ce serpent venimeux.
Photo collaboration spéciale, Mathieu Dupuis
Une vipère dissimulée dans le sable représente une menace pour l’œil non averti. Staintly sait reconnaître les signes subtils qui trahissent la présence de ce serpent venimeux.

Bien que notre visite soit une incursion dans le quotidien des Himbas, la rencontre de ce peuple semi-nomade devient rapidement chaleureuse. Après un moment au village, on se dirige vers les dunes qui dominent l’endroit. Chemin faisant, une vipère terrée dans le sable attire notre attention. Ensuite, je fais quelques portraits des femmes du village. Les enfants attendent leur tour pour se faire photographier. Ils affichent un non-verbal des plus révélateurs. Soudainement, ils disparaissent derrière la dune et réapparaissent quasi planant dans des tourbillons de sable. Enfin, je n’oublierai probablement jamais leurs rires de pure joie...