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La discipline de la patience

hôpital Pierre-Boucher
Photo d'archives Les travailleurs de la santé, nos anges gardiens collectifs.

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Il est tellement tentant de se donner des tapes dans le dos au Québec. Se dire : « Ici, on fait mieux que partout ailleurs ».

Après tout, notre gouvernement a été le premier à interdire les grands rassemblements, le premier à exiger l’isolement volontaire pour les voyageurs, à instaurer l’état d’urgence, à demander aux aînés de rester chez eux.

Il est tellement tentant de baisser la garde. 

Si bons que ça ?

Avant de bomber le torse sur notre supériorité collective, quelques comparaisons s’imposent.

Le gouvernement Legault offre habilement chaque jour le nombre de cas de la veille au soir. Une jolie manière de dresser un bilan le plus reluisant possible. Or, il est toujours en retard sur la réalité.

C’est ainsi que le Québec semble faire mieux que l’Ontario, proportionnellement à sa population. Mais impossible de vraiment le savoir, les données québécoises ont un décalage d’au moins 13 heures par rapport à celles de l’Ontario, quand ce n’est pas 20 heures !  

Aussi, même si le bilan ici a de quoi être positif, nous demeurons une province qui teste moins que les autres fortement touchées. En effet, bien qu’il comprenne 23 % de la population du pays, le Québec n’a réalisé que 13 % de l’ensemble des tests au Canada.

Je ne cherche surtout pas à jeter un doute sur l’efficacité du gouvernement Legault face à cette crise sans précédent. Sa stratégie a réussi à mobiliser l’ensemble de la société. Tant mieux.

Mais il ne faut pas se mettre la tête dans le sable. Ça va être long et pénible.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Soyons tous des anges gardiens

Soudainement, nos besoins et désirs individuels sont au service du bien collectif. Le choc a de quoi être brutal !

Confinement de plus en plus restrictif, mises à pied en cascade, le sacrifice est immédiat. Le bénéfice, lui, semble bien lointain. 

Si le personnel de la santé et les autres travailleurs essentiels sont nos anges gardiens collectifs, notre capacité de passer à travers cette crise repose aussi sur nos anges gardiens individuels. 

Je pense ici aux grands frères qui donnent un cours de gym dans le salon pour occuper les plus jeunes, à ces grands-parents confinés qui nous font la popote, aux « ex » qui se montrent plus flexibles sur les horaires de garde partagée, à l’ami qui appelle religieusement tous les jours, et j’en passe.

La dernière semaine nous a révélé à quel point nous avons besoin les uns des autres. 

Essayons tous d’être l’ange gardien de quelqu’un.