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«L’Abominable» de Dan Simmons: Terrifiante expédition dans l’Himalaya

Dan Simmons
Photo courtoisie, Cliff Grassmick Dan Simmons

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Écrivain remarquable, l’Américain Dan Simmons invite ses lecteurs à le suivre dans une terrifiante expédition vers le sommet de l’Everest dans son nouveau roman, L’Abominable. Marchant dans les pas des alpinistes Mallory et Irvine, disparus lors d’une expédition réalisée il y a presque 100 ans, il nous propose sa version de ce qui s’est passé. Une aventure historique exaltante et terrifiante.  

Dan Simmons s’est inspiré de l’histoire vraie des alpinistes George Mallory et Sandy Irvine, disparus alors qu’ils tentaient d’atteindre le sommet de l’Everest en 1924. Une expédition spéciale a permis de retrouver le corps de Mallory en 1999, mais plusieurs énigmes entourent toujours cette funeste expédition.  

Dans le roman, l’écrivain amène quatre alpinistes sur les sommets de l’Himalaya, en 1925. Lady Bromley, la mère d’un des disparus, qui finance elle-même l’expédition, refuse de croire que son fils est mort et demande aux alpinistes de le ramener à la maison. L’expédition tibétaine vire au cauchemar. À plus de 8000 mètres d’altitude, quelque chose semble les poursuivre et les catastrophes se multiplient.  

La montagne 

Dan Simmons raconte, en entrevue, avoir écrit ce récit dans les montagnes du Colorado, près de Boulder, où il habite. Il est donc familiarisé avec la vie en altitude : sa maison se trouve à 5000 pieds au-dessus du niveau de la mer. «Je fais de la randonnée, à l’occasion il faut que j’apporte un piolet, mais je n’ai pas assez de compétence pour me considérer comme un alpiniste», affirme-t-il. 

Ce livre est presque devenu «une obsession». «Je me suis intéressé à la disparition de Mallory et Irvine, mais aussi aux autres expéditions organisées pour atteindre les sommets himalayens. Plusieurs ont échoué, quelques-unes ont été couronnées de succès.» 

Il n’en revient pas des conditions rudimentaires dans lesquelles ces expéditions se faisaient, sans l’aide de toute la technologie dont disposent aujourd’hui les alpinistes chevronnés.  

«Ce que faisaient ces gens, entre les années 1920 et les années 1950, m’apparaît aussi surprenant qu’organiser une expédition sur la planète Mars. Ils étaient éloignés de tout. Aujourd’hui, au Colorado, si un randonneur a un pépin, il prend son cellulaire pour appeler les secours et un hélicoptère est envoyé sur les lieux. Mais en 1925, il n’y avait aucune façon de s’en tirer ou d’avoir du secours médical.» 

Le yéti 

Le légendaire yéti – l’abominable homme des neiges – a retenu son attention. «J’adore les créatures mythiques», dit-il. Il avait fait référence à un monstre de l’Arctique, Tuunbaq, dans son best-seller Terreur.  

«J’adore les légendes locales et les mythes. Personnellement, je ne suis pas quelqu’un de religieux, je ne suis pas superstitieux et je ne crois pas aux phénomènes surnaturels. Mais je pense que c’est un terreau extrêmement riche pour les écrivains. Ces légendes abondent dans l’Himalaya et elles ont toujours eu la cote dans les médias américains, spécialement dans les années 1930, lorsque des alpinistes américains et britanniques se rendaient dans cette région.» 

L’altitude 

Les effets de l’altitude sur l’être humain l’ont fasciné encore plus. «J’ai aimé parler des Américains, des Européens et des sherpas, et décrire leurs réactions face aux questions de vie ou de mort qui se présentaient chaque jour pendant l’ascension. Parler d’une zone mortelle – 8000 mètres – n’est pas un euphémisme : votre corps commence littéralement à mourir, votre cerveau aussi.» 

«Se placer dans cet état demande énormément de discipline, et presque un manque d’imagination pour ne pas se confronter aux choses affreuses qui se passent dans votre cerveau, vos muscles, votre cœur. Ça m’a vraiment intéressé d’écrire sur les réactions de mes personnages face à la douleur, aux difficultés, au manque d’oxygène, au froid.»  

  • Dan Simmons a écrit une vingtaine de romans publiés dans près de 30 pays. 
  • Il a publié le best-seller Flashback en 2012 et plusieurs livres de science-fiction, dont le cycle des Cantos d’Hypérion
  • Il habite dans le Colorado. 
  • Il a déjà visité Québec avec sa femme et ils ont adoré leur voyage.  

EXTRAIT 

L’Abominable<br/>
Dan Simmons<br/>
Éditions Robert Laffont, 660 pages
Photo courtoisie
L’Abominable
Dan Simmons
Éditions Robert Laffont, 660 pages

«Malgré le froid terrible, le vent et le mauvais temps, nous ne restons pas enfermés dans nos tentes. Le premier jour, en dépit du blizzard et des températures avoisinant les -30 °C, nous nous sommes aventurés dans le brouillard blanc pour déballer et trier tout le matériel. Les mulets ont été renvoyés à Chödzong avec quelques sherpas puisqu’il n’y a pas d’herbe pour eux ici, et les yaks ont été attachés dans un endroit abrité, à un peu moins d’un kilomètre vers le nord, où les pauvres bêtes pourront gratter la neige sur la berge de la rivière pour essayer de trouver un peu de fourrage.» 

– Dan Simmons, L’Abominable, Éditions Robert Laffont