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Est-ce que la SAQ est un commerce essentiel?

L'alcool, opium du peuple?

Bloc SAQ
Photo d'archives, Stevens LeBlanc

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Je suis comme vous. Depuis le début de la crise du coronavirus, je bois. Oh, pas énormément. Mais plus que d’habitude. Je ne sais pas si c’est pour oublier l’angoisse ou juste pour faire semblant que la vie continue, mais je bois.  

Je suis comme vous. Depuis le début de cette crise, je me suis rendue dans la succursale de la SAQ la plus près de chez moi et j’ai fait des provisions. Juste au cas.          

Je suis comme vous. Quand j’ai entendu François Legault, un peu plus tôt cet après-midi, dire qu’il avait pris la difficile décision de fermer toutes les entreprises et les commerces non essentiels jusqu’au 13 avril, j’ai un peu paniqué.          

Fermer la SAQ ne serait pas sans conséquence. Non, ce n’est pas un service essentiel en ce sens qu’on n’a pas besoin d’alcool pour vivre. Mais ce sont peut-être des taxes essentielles pour notre gouvernement? On jase, là.       

Aussi, si on fermait les SAQ, est-ce qu’on va voir un marché noir de l’alcool voir le jour? C’est à n’en point douter. Ce serait le retour de la prohibition.    

En réaction au point de presse du gouvernement legault, la SAQ a indiqué sur sa page Facebook que ses succurcales demeureraient ouvertes jusqu'à nouvel ordre. Ils précisent par contre qu'il est préférable de faire ses achats en ligne.  

Mais on devra inventer quelque chose de mieux que Postes Canada, qui refuse de livrer des produits qui nécessitent la validation de l’âge des clients à la maison. On doit aller chercher son colis dans les bureaux de poste, qui sont souvent situés dans des pharmacies.    

Sauf que bon, la SAQ n’est pas un commerce essentiel. Et les employés de la SAQ sont, avec raison, inquiets. Plusieurs personnes vont faire leurs emplettes avant de se placer en quarantaine, exposant les employés et les autres clients à un risque de contamination.  

Et pensez-vous vraiment qu’on peut laver toutes les bouteilles manipulées par les clients? On laisse les SAQ ouvertes en ce moment, mais à quel prix? Est-ce qu'on fera le nécessaire pour protéger les employés et les clients?      

Au Québec, on a la réputation d’être de bons vivants. On lève le coude comme on dit. Et c’est particulièrement vrai en temps de crise. Marx a dit un jour que la religion était l’opium du peuple. Maintenant qu’on s’est débarrassé de l’Église, est-ce que l’alcool a pris sa place pour enfumer nos esprits? Faudrait se poser la question.         

Je suis comme vous, je n’ai pas vraiment envie que ça ferme. Mais je pense qu’il le faut.