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Jeux olympiques: Jean-Luc Brassard salue la décision du Canada

Jean-Luc Brassard applaudit le choix de ne pas envoyer les athlètes canadiens à Tokyo.

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Jean-Luc Brassard a toujours le courage de s’exprimer librement. Il y a quelques jours, il critiquait l’immobilisme du Comité international olympique (CIO) pour repousser les Jeux olympiques de Tokyo. Aujourd’hui, il se range derrière la décision du Comité olympique canadien (COC) de refuser d’envoyer ses athlètes au Japon advenant le déroulement des JO du 24 juillet au 9 août.

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« Ça me fait plaisir comme décision, a dit Brassard en entrevue téléphonique au Journal. De constater qu’ils ont choisi de se distancer, j’étais surpris. »

« Je critique souvent les mauvais coups, mais je dois aussi saluer les bons coups. J’aimerais que la décision du Canada fasse boule de neige pour plusieurs pays. Je dis bravo pour le courage du COC. Est-ce que ça va changer quelque chose ? Je l’espère. La Pologne a suivi le Canada ce matin en refusant d’envoyer ses athlètes à Tokyo. » 

L’influence de Wickenheiser

Brassard a identifié Hayley Wickenheiser, quadruple médaillée d’or olympique en hockey féminin, comme une grande influenceuse de la décision canadienne. 

« Je crois que Hayley a eu un poids important, a-t-il mentionné. Elle est membre de la commission des athlètes du Comité international olympique. Mais elle fait aussi son internat en mesures d’urgence dans les hôpitaux canadiens. Il y a une semaine, elle a dérogé de la ligne de conduite du Comité olympique canadien en disant que c’était irresponsable de vouloir maintenir les JO de Tokyo pour le mois d’août. Elle a eu la force de dire tout haut ce que bien des gens pensaient tout bas. »

« Elle est sur la ligne de front, elle voit des patients qui souffrent du coronavirus. Son commentaire a sensibilisé beaucoup de gens. Hayley a eu plus de poids que moi. Je reste une figure contestée au sein du mouvement olympique. Je suis plus un maringouin qui dérange le monde. » 

  • Écoutez l'entrevue avec l'athlète Antoine Valois-Fortier à QUB Radio avec Jonathan Trudeau:   

  

La santé avant tout

Médaillé d’or en bosses aux Jeux olympiques de 1994 à Lillehammer en Norvège, Brassard a rappelé avec justesse le danger de tenir des JO à Tokyo dans quelques mois seulement. 

« Selon les courbes pour la progression de la maladie, les États-Unis risquent de se retrouver au sommet de la contamination environ un mois avant les JO. On parle d’un pays de 340 millions avec de grosses fédérations et des universités américaines qui entraînent des athlètes de partout sur la terre. Est-ce qu’on peut réellement se regrouper au mois d’août sans un risque pour la population mondiale ? »

 « Je comprends la déception des athlètes. Ils investissaient pour les JO de Toyko depuis beaucoup plus que quatre ans. C’est le rêve d’une vie. Mais dans leur cas, il n’y aura pas une annulation. C’est plus de savoir s’il y aura un report. Dans le pire des cas, ils repousseront probablement les Jeux d’un an. »

« Un peu partout dans le monde, on fait tous un effort collectif pour ne pas se rassembler. L’ironie, c’était de voir que dimanche, il y avait environ

50 000 personnes pour l’arrivée de la flamme olympique à Tokyo. C’est beau de voir la ferveur des Japonais pour le mouvement olympique, mais on se retrouve avec un immense rassemblement dans un contexte de propagions d’un virus. »

Une pensée pour l’Italie

Dans son éloquence habituelle, Brassard a fait un plaidoyer pour un respect du droit mondial avant celui du sport. 

« Je pense aux athlètes italiens en ce moment. Ils n’ont pas le cœur à la fête avec des milliers de morts (6077 en date du 23 mars). Ils voient leurs grands-parents mourir. Ils enterrent des proches. Mais le comité olympique dit qu’on doit attendre. Ils demandent aux athlètes de poursuivre l’entraînement. C’est complètement du délire. Dans certains pays, la situation est dramatique. Par solidarité pour plusieurs pays, on doit repousser les JO. Il y a des gens qui ont comme philosophie qu’on pourrait célébrer l’humanité cet été avec les Jeux olympiques à Tokyo. On pourrait fêter la fin de la pandémie. Oui, ce serait un beau scénario de Walt Disney. Mais on ne connaît pas la date de la fin de cette crise mondiale. La fin pourrait très bien ne pas être hollywoodienne. »

« À l’intérieur des différentes délégations olympiques, on enverrait plusieurs médecins pour les athlètes, a-t-il poursuivi. Dans un contexte de pandémie, les médecins seraient plus importants à l’intérieur des hôpitaux pour soigner les gens. »