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La santé avant les médailles

Le Comité olympique canadien a voulu dissiper l’incertitude pour ses athlètes

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Photo d’archives, AFP Le délai de quatre semaines du Comité international olympique avant de fixer le sort des Jeux de Tokyo a poussé le Comité olympique canadien (COC) à annoncer son boycott dimanche soir.

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L’or olympique qui scintille n’aveugle pas les athlètes canadiens. C’est avant tout leur santé que le Comité olympique canadien (COC) a défendue en avisant les organisateurs de Tokyo qu’il ne les enverrait pas à leurs Jeux à moins de les reporter en 2021.

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« Le point tournant (de cette décision) est survenu lorsque le gouvernement du Canada a mis l’emphase sur l’importance d’aplanir la courbe (des cas de coronavirus recensés), notamment par la distanciation sociale », a expliqué lundi le chef de la direction du COC, David Shoemaker, lors d’une conférence téléphonique.

« Nous avons réalisé que la question n’était plus tellement de savoir si nous pouvions envoyer de façon sécuritaire une équipe d’athlètes, d’entraîneurs, de personnel de la mission et de supporteurs à Tokyo en juillet 2020. La question était plutôt de savoir s’il était équitable et approprié de demander à nos athlètes de s’entraîner pour ces Jeux au risque de mettre eux-mêmes, leurs familles et leurs communautés en danger. La réponse à cette question a été : non », a-t-il poursuivi.

L’influence de Rosie 

La série de directives de l’état imposées depuis deux semaines prive les athlètes de leurs sites d’entraînement. À quatre mois de la cérémonie d’ouverture prévue des Jeux, cette réalité a amené le COC à une vaste consultation auprès des principaux groupes d’acteurs. Les fédérations sportives canadiennes, le Comité paralympique canadien, l’organisme À nous le podium chargé de redistribuer le financement fédéral et les autorités gouvernementales ; tous ont pu exprimer leur opinion sur l’incertitude entourant le sort des Jeux de Tokyo.

Mais au sommet de ses priorités en cette période trouble, le COC dit avoir d’abord porté une attention aux doléances des athlètes. La vice-présidente de sa Commission des athlètes, Rosie MacLennan, a peut-être actionné le penchant définitif vers ce refus de voyager vers le Japon en juillet.

« Ce n’était pas approprié que de leur demander à continuer de s’entraîner pour des Jeux en juillet. Ça allait à l’encontre de tous les avis que nous donnaient les autorités au Canada. Rosie MacLennan a pris la parole et dit qu’il fallait arrêter de se concentrer sur l’objectif de gagner des médailles d’or et qu’on pourrait plutôt se comporter comme une organisation modèle pour les Canadiens afin de contribuer à aplanir la courbe », rapporte Shoemaker, au sujet de la spécialiste ontarienne du trampoline, double championne olympique à Rio et Londres.

Fierté canadienne

L’assurance par le CIO que les Jeux de Tokyo ne seront pas annulés a conforté le COC dans son annonce-choc de dimanche soir. Reporter d’une année, comme le prône l’instance nationale, accorderait ainsi un délai raisonnable pour croire à ce que « cette maladie devienne alors sous contrôle ».

Entre-temps, plusieurs comités olympiques nationaux de la planète ont applaudi l’audace canadienne.

« Pour nous, il était d’abord important de prendre cette décision de concert avec les athlètes, le gouvernement et les fédérations concernées. Nous ne priorisons pas les médailles d’or à n’importe quel prix pendant que notre premier ministre, la ministre de la Santé et la Direction de la santé publique nous demandent de demeurer chez nous et de garder une distance entre chaque individu », insiste le dirigeant du COC.

Les JO de Tokyo en chiffres

  • Nombre de billets vendus 4,48 M
  • Sites olympiques 43 dont 8 nouveaux et/ou permanents et 10 temporaires
  • Pourcentage de sites achevés 96% (Le Centre aquatique sera complété en mars)

Source : COJO Tokyo 2020

Jeux annulés

  • Été 1916 (Berlin)
  • Hiver 1940 (Sapporo)
  • Été 1940 (Tokyo)
  • Hiver 1944 (Cortina d’Ampezzo)
  • Été 1944 (Londres) 

(Durant les deux Guerres mondiales)