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Le coronavirus et l’inaptitude pathétique de Trump

Donald Trump visitant le siège des Centers for Disease Control and Prevention (CDC).
Photo AFP Donald Trump visitant le siège des Centers for Disease Control and Prevention (CDC).

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Trump a ignoré les rapports des agences de renseignement américaines, en janvier, qui l’alertaient au sujet de l'ampleur et de l'intensité de l'épidémie de coronavirus en Chine. 

Le Washington Post rapporte que les services secrets décrivaient la propagation mondiale du virus tout en mettant en garde que les Chinois minimisaient la gravité de la situation dans leur pays. Ces rapports évoquaient aussi la nécessité, pour l’administration Trump, de prendre des mesures pour contenir l’épidémie. 

Trump a choisi d’ignorer ou de rejeter ces rapports. Les conseillers de Trump ont tenté, en vain, de le convaincre de la gravité du virus, selon le Post. Fourbe, comme à son habitude, Trump a démenti l’information du Post, affirmant que «nous n'en savions rien jusqu'à ce que ça commence à sortir publiquement.»  

Même lorsque le virus a atteint les États-Unis, Trump s'est opposé à le caractériser comme une menace sérieuse, reprochant aux Centers for Disease Control and Prevention (CDC) d’effrayer les investisseurs en avertissant les Américains que leur vie pourrait être bouleversée par la propagation du virus. 

Un investisseur allié de Trump a su, lui, tirer profit des analyses des services de renseignement. Le président de la Commission du Sénat sur le renseignement, le républicain Richard Burr, et son épouse ont soudainement vendu, le 13 février, entre 628 000 et 1,7 million de dollars d’actions en Bourse avant qu’elle ne s’effondre, et ce, alors même que la Maison-Blanche minimisait la menace du virus.  

Burr recevait quotidiennement les mêmes informations que la Maison-Blanche des services de renseignement. Il était donc particulièrement au courant des dangers grandissants qui pesaient sur les États-Unis. 

Pourtant, sur Fox News, le 17 février, il assure aux Américains qu’ils sont bien protégés et que l’administration Trump était «mieux préparée que jamais pour faire face aux menaces sur la santé publique, comme le coronavirus...» Parallèlement, il alerte ses bailleurs de fonds de la gravité de la situation.  

La National Public Radio (NPR) a diffusé une bande sonore dans laquelle on entend le sénateur Burr confier à de riches donateurs de Caroline du Nord que le coronavirus était une menace aussi grave que la grippe espagnole de 1918. 

La fourberie du sénateur Burr scandalise l’éditeur Daniel Larison, du mensuel d'opinions The American Conservative, qui n'est pas exactement un organe de gauche: «Cela représente non seulement une atteinte grave à la confiance du public, mais aussi un exemple flagrant de corruption de la fonction publique à des fins personnelles. Le sénateur doit démissionner et si des accusations peuvent être portées contre lui, elles devraient l'être.»  

Le déni et la désinformation sur les risques du coronavirus proliféraient, depuis janvier, dans les médias pro-Trump et chez les républicains. Tout ce beau monde va maintenant devoir se dédire.  

Trump a en effet effectué un changement de cap de 180 degrés. Menteur effronté, il reconnaît maintenant la gravité de la situation et promet de multiplier rapidement les tests de dépistage en grande pénurie à travers le pays. Il venait pourtant d’affirmer le 12 mars, à Atlanta, qu’ils étaient disponibles pour tous les Américains: «Quiconque veut un test peut l’obtenir». Ce qui n’a pas empêché Trump, le 13 mars, d’affirmer: «Je n'en assume aucune responsabilité», lorsqu’un journaliste l'interrogeait sur l’incapacité des États-Unis à réaliser un nombre suffisant de tests de diagnostic du coronavirus. 

En disant tout et n’importe quoi et son contraire, Trump réussit, encore une fois, à berner les Américains. Un sondage ABC News/Ipsos, publié le 20 mars, indique que 55% des répondants approuvent maintenant sa gestion de la crise, tandis que 43% la désapprouvent.  

La stupidité sociale et politique sévit aux États-Unis au temps du coronavirus. 

Le fait est que Trump n’est absolument pas prêt mentalement et psychologiquement à affronter la pandémie du coronavirus, même s’il a connu de nombreux épisodes de crises dans sa vie.  

Peter Baker et Maggie Haberman écrivent dans le New York Times du 21 mars 2020 qu’il a passé sa vie à lutter contre des faillites, à repousser les créanciers, à échapper aux percepteurs d'impôts, à se défendre de poursuites, à déjouer des régulateurs, à tenter de duper des journalistes et à se quereller avec ses ex. 

Ils soulignent cependant que rien dans ses antécédents ne l'a préparé à la pandémie qui menace désormais la santé et la richesse de l'Amérique. Il n’est pas de taille à relever un tel défi.  

Les États-Unis vont en subir les terribles conséquences.