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L’indécence!

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Il y a la chanteuse multimillionnaire qui affirme que le coronavirus a des bons côtés.  

Il y a l’auteure de best-sellers qui raconte son confinement... dans sa grande maison de campagne.

Il y a la chanteuse qui raconte que son plus gros problème avec le confinement c’est que les magasins de crayons de couleur sont fermés et qu’elle ne peut pas dessiner autant qu’elle voudrait.

Non mais, quelle indécence ! À Madonna, à Leila Slimani et à Lou Doillon, j’ai envie de dire « Vos gueules ! »

Il y a quand même des limites à vous regarder le nombril pendant que le reste de la planète frémit.

Un wonderful coronavirus

Vous avez perdu votre emploi, vos REER ont fondu au soleil, vous ne pouvez plus visiter votre mère Alzheimer dans sa résidence ?

Réjouissez-vous, il y a des artistes qui trouvent qu’il y a beaucoup de bon dans la COVID-19 !

Madonna s’est filmée nue dans sa baignoire en marbre remplie de pétales de rose pour nous servir sa morale nouvel âge : « La COVID-19 ne se soucie pas de savoir à quel point tu es riche ou à quel point tu es célèbre. C’est la grande égalisatrice. C’est ça qui est wonderful, ça nous rend tous égaux. On est tous dans le même  bateau, et si le bateau coule, on va tous couler ensemble ».

Heu... non.

Chère Madone, comment peux-tu comparer ton bateau doré au radeau minable d’une femme seule sans assurance-santé ?

Dans une autre vidéo, Madonna s’était mise à chanter « On va manger du poisson pané parce qu’il ne reste plus de pasta ».

Sérieusement, la Madone ? Entourée d’employés qui peuvent t’apporter du champagne et du foie gras, tu vas nous parler de pénurie de pâtes ?

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Dans la catégorie indécence, il y a aussi la lauréate du Goncourt 2016, l’écrivaine Leïla Slimani qui écrit dans Le Monde un « journal de confinement ». On est loin d’Anne Frank ! Mme Slimani habite une grande maison de famille, à la campagne. Ses premiers mots vont vous faire brailler...

« Cette nuit, je n’ai pas trouvé le sommeil. Par la fenêtre de ma chambre, j’ai regardé l’aube se lever sur les collines. L’herbe verglacée, les tilleuls sur les branches desquels apparaissent les premiers bourgeons. »

Simonak, comme on ne dit pas à Saint-Germain-des-Prés, pour qui elle se prend, elle ?

Elle a le culot d’écrire que pour elle, quarantaine rime avec aubaine : ça lui donne du temps pour elle, « pour écrire et lire, se retrouver ».

Se retrouver ... chômeur, malade ou hyper-stressé, vous voulez dire ?

Même déconnexion du côté de la chanteuse Lou Doillon, qui a confié à France culture : « On va avoir le temps de faire, de défaire, d’imaginer. (...) Je pense que c’est une merveille et que ça peut changer les choses, pour le mieux. (...) Ça ne peut que nous amener des choses fortes d’être coincés à regarder nos enfants... »

Hé boy, avez-vous pensé ça, vous, quand vous avez appris hier que les écoles au Québec seraient fermées jusqu’au 1er mai ?

Je ne suis pas habituellement adepte de vocabulaire marxiste-léniniste mais je reproduis ici un graffiti espagnol : « La romantisation du confinement est un privilège de classe »