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Pharmaciens à la recherche de nouveaux médicaments

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Photo Agence QMI, Steve Madden Sylvie Marleau et Huy Ong.

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Des chercheurs de la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal participent à la mise au point de nouveaux médicaments pour traiter la dégénérescence maculaire, une maladie de l’œil, et prévenir les maladies cardiovasculaires.  

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La recherche se porte très bien à la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal comme le démontrent les travaux des professeurs Sylvie Marleau et Huy Ong sur l’impact de l’inflammation chronique en santé humaine. Les deux chercheurs et leurs équipes travaillent sur la même molécule pour deux indications de traitement : la dégénérescence maculaire, une maladie progressive de l’œil qui peut conduire à la cécité et la prévention cardiovasculaire.   

Diminuer l’inflammation cardiaque  

La professeure Marleau cherche à comprendre comment le « CD36 », un récepteur exprimé à la surface des macrophages (globules blancs du sang) intervient dans l’inflammation qui accompagne l’infarctus du myocarde et l’athérosclérose (durcissement des artères). Son but : déterminer s’il peut être une nouvelle cible thérapeutique. « Des effets bénéfiques sont apparus lors des études précliniques », explique la chercheuse.  

Inflammation et dégénérescence maculaire   

Les travaux du professeur Huy Ong sur la dégénérescence maculaire découlent des recherches qu’il a menées avec la professeure Marleau sur l’inflammation reliée à l’athérosclérose. C’est à ce moment qu’il a découvert que le récepteur CD36 pouvait aussi agir sur l’inflammation sous rétinienne de l’œil qui accompagne la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMA).  

Ses recherches suscitent de grands espoirs. « Jusqu’à présent, nous avons obtenu de bons résultats avec une réduction de l’inflammation qui pouvait atteindre 50 % dans nos modèles expérimentaux », rapporte le professeur Ong, qui souhaite maintenant mener ses travaux jusqu’aux essais cliniques sur les humains.   

La recherche universitaire  

Les recherches menées à la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal visent, entre autres, à mieux comprendre les mécanismes d’action des médicaments et à développer de nouvelles approches pharmacologiques. On parle de recherche fondamentale. « Contrairement à l’industrie où on travaille sur un médicament ou une classe de médicaments, à l’université on travaille plutôt à explorer le potentiel de nouvelles molécules et évaluer leur mécanisme d’action, c’est-à-dire comment cette molécule fonctionne dans le corps humain. On génère ainsi de nouvelles connaissances en recherche fondamentale qui sont nécessaires pour identifier et valider de nouveaux médicaments (recherche appliquée) », explique le professeur Ong.   

« Nous avons la liberté de concevoir et de créer des programmes de recherche sur des sujets qui nous tiennent à cœur et qui seront utiles pour la société. C’est très stimulant », poursuit la professeure Marleau.   

La recherche universitaire permet également de générer des données concluantes sur l’efficacité et la sécurité des médicaments pour qu’ils soient mieux prescrits aux patients. C’est un aspect important pour la professeure Marleau qui dit avoir toujours voulu faire de la recherche pour « améliorer les bienfaits des thérapies ».  

Pour améliorer les soins aux patients, quelques professeurs de la faculté font de la recherche clinique chez l’humain dans les hôpitaux. Un aspect de la recherche qui se développe peu à peu dans le domaine de la pharmacie.   

Encourager la relève  

Pour améliorer les médicaments, il faut des chercheurs. Et la relève se fait rare. En fait, plusieurs chercheurs à la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal proviennent d’autres horizons que la pharmacie, comme la biologie, la chimie, le génie, les mathématiques ou la pharmacologie. C’est une grande richesse puisque cela permet d’apporter de nouvelles connaissances complémentaires au domaine de la pharmacie.  

C’est que la durée des études est plutôt longue avant de faire une carrière en recherche. Après des études de premier cycle, il faut poursuivre vers une maitrise, un doctorat et avoir fait un ou deux stages post-doctoraux pour finalement obtenir un poste de professeur et de chercheur. Le parcours peut paraitre long, mais il en vaut la peine. Il permet de développer une expertise et d’explorer de nouvelles façons de faire, notamment si les études supérieures se font à l’étranger.   

« Les chercheurs arrivent avec de nouvelles idées qui sont partagées au sein de l’équipe, c’est très enrichissant », souligne la professeure Marleau qui accueille régulièrement des chercheurs étrangers au sein de son équipe. Elle est cependant consciente qu’il faut parler davantage de recherche lors des études de premier cycle en pharmacie pour encourager la relève, une préoccupation constante pour la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal qui favorise, entre autres, les visites des étudiants de premier cycle et des CÉGEPs dans les laboratoires de ses chercheurs.  

La recherche universitaire effectuée à la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal contribue à l’avancement des connaissances scientifiques qui permettent à notre société de vivre en meilleure santé et à former des gens hautement qualifiés qui participent au développement d’une économie basée sur le savoir.