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Chute de revenus: Six quotidiens régionaux victimes de la crise

Les éditeurs de journaux réclament une aide publique

Le journal Le Soleil
Photo d’archives Le Soleil, Le Droit, La Tribune, Le Nouvelliste, La Voix de l’Est et Le Quotidien interrompent leur publication papier, en semaine.

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La chute « brutale » des revenus publicitaires oblige la coopérative qui publie six quotidiens régionaux au Québec à suspendre ses éditions papier en semaine et à mettre à pied 40 % de ses salariés. 

« On a voulu agir rapidement pour assurer l’avenir de l’organisation », a confié mardi au Journal le PDG de la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i), Stéphane Lavallée. 

Ce sont donc 143 des quelque 350 salariés du Soleil, du Droit, de La Tribune et des autres quotidiens de CN2i qui ont été mis à pied – tous des employés administratifs.  

« On a conservé intégralement nos équipes de journalistes dans toutes nos publications parce que c’est le cœur de notre mission », a insisté M. Lavallée. 

Par contre, les éditions papier des quotidiens sont suspendues jusqu’à nouvel ordre, sauf le samedi.  

CN2i avait déjà l’intention de faire ce changement, et de façon permanente, mais d'ici 12 à 18 mois. Les abonnés ne recevront pas de remboursement pour l’instant.

Les revenus publicitaires de CN2i ont plongé de 70 à 80 %, plusieurs annonceurs ayant dû réduire ou cesser leurs activités.  

« Des clients dans le secteur privé, il en reste très peu », a noté Stéphane Lavallée. 

Des hebdos conservent le papier 

Ici Médias, qui publie 22 journaux hebdomadaires dans plusieurs régions, a mis à pied environ 50 % de ses quelque 200 salariés. Quelques journalistes sont touchés. 

« On essaie de faire des plans pour être capables de continuer à publier sur papier à long terme », a indiqué Renel Bouchard, président d’Ici Médias. 

« On pense que l’information régionale, c’est absolument nécessaire, et on veut faire notre part », a-t-il ajouté. 

Benoit Chartier, éditeur du Courrier de Saint-Hyacinthe et de trois autres hebdos, a dû mettre à pied une dizaine de ses quelque 115 employés.  

« Il faut essayer de continuer à rouler sur papier le plus longtemps possible et passer à travers la crise », a dit celui qui est également président d’Hebdos Québec. 

Le gouvernement a qualifié d’essentielles les activités des journaux ainsi que celles du Publisac de Transcontinental, principal moyen de distribution des circulaires et des hebdos au Québec. 

Les mises à pied dans les médias  

  • CN2i (quotidiens régionaux) : 143 salariés 
  • Ici Médias (22 hebdos) : 100 salariés 
  • Gravité Média (hebdos en Montérégie) : 32 salariés 
  • Lexis Média (Abitibi-Témiscamingue) : 24 salariés 
  • DBC Communications (Le Courrier de Saint-Hyacinthe et autres) : 10 salariés 
  • Voir (Montréal) : 7 salariés