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Le commissaire de la LHJMQ confiant pour la survie des marchés

Le commissaire de la LHJMQ ne croit pas que la crise actuelle aura raison de certaines équipes de sa ligue

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Photo d’archives, Annie T. Roussel Le commissaire de la LHJMQ, Gilles Courteau, a assuré que la décision d’annuler le reste de la saison 2019-2020 était la seule option possible.

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L’annulation du reste de la saison de la LHJMQ aura des impacts financiers majeurs sur les 18 équipes du circuit, reconnaît le commissaire Gilles Courteau qui a quand même bon espoir que tous les marchés de la ligue survivront à cette crise.  

• À lire aussi: LHJMQ: des compensations difficiles à établir  

Lundi soir, la Ligue canadienne de hockey, de concert avec ses trois circuits canadiens, la LHJMQ, la Ligue junior de l’Ontario (OHL) et celle de l’Ouest (WHL), ont annoncé que les séries éliminatoires ainsi que le tournoi de la Coupe Memorial n’auront pas lieu cette année en raison de la pandémie.  

En conférence téléphonique, mardi, M. Courteau a assuré que plusieurs scénarios avaient été sur la table jusqu’à la toute fin, mais que finalement, la décision de tout annuler était celle qui s’imposait.  

«C’est important de faire preuve de solidarité, et nos propriétaires ont très bien compris la situation dans laquelle on était. Ce ne fut pas une décision facile.»  

QUEL IMPACT ?  

Un peu comme tout le monde en ce moment, la LHJMQ nage en pleine incertitude. Personne ne sait quand les activités du circuit pourront reprendre et encore moins les impacts financiers à long terme sur les équipes de la ligue, particulièrement celles évoluant dans les plus petits marchés pour lesquels les pertes de revenus actuelles pourraient être catastrophiques.  

«On va regarder tous les programmes gouvernementaux qui seront mis en place et voir quelles pourraient être les possibilités pour les équipes afin qu’elles récupèrent certains revenus. Nous ne bénéficions pas de couverture d’assurance pour ce genre de situation qui est considérée comme un acte de Dieu (act of God).»  

Le commissaire de la LHJMQ s’est ensuite dit «très confiant» dans la perspective de compter sur les 18 équipes pour le début de la saison 2020-2021.  

«On est chanceux dans notre malchance. Lorsque le virus est arrivé chez nous, il y avait 93 % du calendrier régulier de fait. Habituellement, le 5 avril de chaque année, soit après la première ronde éliminatoire, nous comptons 10 équipes sur 18 qui ne sont plus en activité. Il y aura des impacts financiers pour la saison 2019-2020, mais il faudra regarder ceux des années à venir. On va devoir revoir le modèle d’opérations des équipes pour l’avenir.»  

Et ce, pour toutes les équipes, mentionne le copropriétaire de l’Océanic de Rimouski, Alexandre Tanguay.  

«Je ne suis pas inquiet, mais ça aura des répercussions sur nos budgets d’exploitation. On a amené notre équipe à un haut niveau dans la gestion. Va-t-on pouvoir continuer à opérer de la façon qu’on le fait ? Je l’espère beaucoup.»  

PAS DE REPORT POSSIBLE  

D’ailleurs, il aurait été impossible pour les formations de la Ligue canadienne de hockey (LCH) de repousser la fin de la saison, les séries et la Coupe Memorial à plus tard dans l’été advenant le cas peu probable où la situation prendrait un tournant positif rapidement.  

«En premier lieu, on ne sait pas quand les institutions scolaires vont reprendre. De plus, contrairement à la LNH, la majorité des équipes de notre ligue ne sont pas propriétaires de leur amphithéâtre et il nous était impossible de garantir que les équipes seraient en mesure d’avoir les mêmes alignements en juillet ou en août. Finalement, on ne pouvait pas garantir dans quel état les joueurs allaient se présenter à leur équipe et on ne pouvait pas dépasser la mi-juin pour la présentation de la Coupe Memorial», a expliqué le commissaire.  

— Avec la collaboration de Roby St-Gelais  

Une fin abrupte pour plusieurs vétérans  

L’annulation du reste de la saison de la LHJMQ a mis un terme de façon prématurée à la carrière de plusieurs vétérans de 20 ans.  

L’attaquant du Phoenix de Sherbrooke Félix Robert avoue qu’il s’y attendait, mais il continuait d’espérer que la situation s’améliore rapidement.  

«On s’en attendait, mais de se faire confirmer que c’est fini, c’est un peu le bout de la marde. On avait espoir que ça continue et ce n’est pas terrible de finir son stage junior comme ça. Par contre, on ne peut rien y faire. On doit tourner la page.»  

L’espoir du Canadien et attaquant des Saguenéens de Chicoutimi Rafaël Harvey-Pinard partageait la même peine que Robert.  

«Ma première émotion a été de la tristesse. Je ne pensais pas jouer mon dernier match junior sans vraiment savoir que c’était le dernier. Je suis vraiment déçu et je gardais espoir.»  

LA SANTÉ AVANT TOUT  

«Après la nouvelle de mardi, je réalisais qu’il y a plusieurs personnes que je n’aurai plus la chance de côtoyer régulièrement au sein de l’organisation de l’Armada. Ils resteront toujours dans mon cœur, mais je n’ai pas dit bye à personne», ajoutait quant à lui le gardien de l’Armada de Blainville-Boisbriand Émile Samson.  

Toutefois, autant Robert qu’Harvey-Pinard et Samson ont tenu le même message : malgré la déception, le plus important à l’heure actuelle est la santé de la population.  

«Quand je regarde ce qui se passe dans le monde avec la COVID-19, je peux me consoler. Il y a des personnes âgées qui meurent tous les jours de ce virus. Il faut comprendre la situation actuelle, c’est plus grand que le hockey», estime le gardien Samson qui, comme Robert, joindra les Aigles Bleus de l’Université de Moncton l’an prochain, à moins de décrocher un contrat chez les professionnels.  

— Avec la collaboration de Jean-François Chaumont